Bauhaus-Universität Weimar

CERVEAU. 819 
qui, sans aucune menace, rien qu’en lui adressant la parole, faisait exécuter à cet anthro¬ 
poïde toutes les actions possibles (Ibid., xxiv, 231). 
Quanta la compréhension des mots, c’est-à-dire des sons articulés, indépendamment 
de l’intonation avec laquelle ils sont prononcés, Romanes s’exprime ainsi sur un chim¬ 
panzé du Jardin zoologique, que beaucoup de naturalistes anglais, dit-il, peuvent avoir 
observé : « Ce singe a appris de son gardien la signification de tant de mots et de phrases 
que, sous ce rapport, il rappelle l’enfant peu de temps avant qu’il ait commencé à 
parler. Au surplus, ce ne sont pas seulement des mots et des phrases particulières qu’il 
a ainsi appris à comprendre : il comprend aussi, dans une grande mesure, la combinaison 
de ces mots et de ces expressions en phrases, de manière que le gardien peut expliquer à 
l'animal ce qu’il réclame de lui. Par exemple, il lui fera pousser une paille à travers une 
maille queloonque du treillis de sa cage qu’il lui plaira d’indiquer, par des phrases comme 
celles-ci : « La plus proche de votre pied » ; « maintenant celle qui est voisine du trou 
de la serrure» ; «maintenant celle qui est au-dessus de la barre», etc. 11 va de soi que 
les points désignés verbalement ne sont pas autrement indiqués, et qu’aucune succession 
particulière n’est observée dans les ordres donnés. L’animal comprend ce que veulent 
dire les mots seuls... La faculté de comprendre les mots à un si haut degré nous amène 
aux limites mêmes de la faculté d’employer les mots avec une appreciation intelligente 
de leur sens, » (l'Evolution mentale chez l'homme, 125 sq.) Le rhésus de Fischer connais¬ 
sait les noms de tous les animaux en captivité dont les cages se trouvaient avec la sienne 
dans la même salle (il y en avait 60 à 70). Il suffisait au maître de la ménagerie de 
prononcer le nom d’un de ces animaux, sans élever la voix ni regarder l’animal 
désigné : le rhésus passait aussitôt la tête par le trou de sa cage, son attention portée 
dans la direction de l’animal en question (Ibid., xxiv, 229). Si, devant le rhésus, mais 
sans paraître prendre garde à lui, Fischer parlait avec quelqu’un de lait, de pommes, 
de pommes de terre ou de riz, mets favoris de ce singe, il poussait des grognements 
de satisfaction à l’audition de ces mots et faisait entendre le cri par lequel il exprime 
ses désirs à ce sujet : o-oh, les lèvres allongées. 
«L’animal, a dit J æger (Der zool. Gart., in, 268), parle au m'oyen de l'expression des 
traits de sa face, par ses gestes, et par les sons qu’il émet, d’une manière très nette et 
distincte : on arrive toujours à apprendre cette langue pour peu qu’on s’y applique 
avec une attention soutenue... Les sons émis par les animaux sont loin de n’avoir tou¬ 
jours que la signification d’interjections : ils sont plus que cela. L'animal peut exprimer 
plusieurs sensations en modifiant sa voix et par la modulation du son. C’est pour cette 
raison que, pendant la nuit, où ils ne peuvent plus apercevoir leur mimique, les 
animaux peuvent se communiquer leurs sensations et les états correspondants. » Ces 
paroles de Jæger sont la meilleure définition qu’on puisse donner, suivant Joh.von Fischer, 
de la nature du langage des animaux. Il estime, lui aussi, qu’on peut apprendre et com¬ 
prendre la langue de ces êtres en très peu de temps : « Je comprends le langage 
phonétique de chacun de mes singes et connais toujours très exactement l'état de ses 
sentiments. » (Ibid., xxiv, 294, 325.) Les expressions tonales du rhésus étaient très simples; 
elles se composaient de voyelles ; elles présentaient la plus grande analogie avec les inter¬ 
jections du langage humain. Mais ces sons variaient beaucoup en hauteur, en intensité et 
en couleur suivant les sentiments et les émotions qu’ils exprimaient, de sorte que le singe 
dispose en réalité d’une assez grande richesse de modes d’expressions pour ses différents 
états d’âme. Avec la voix, mimique sonore, el l’expression de la mimique muette de la 
face et des gestes, le rhésus était donc parfaitement capable de communiquer et de faire 
comprendre ceux-ci. Ainsi, le désir de ce que réclame la faim ou la soif, par exemple, 
s’exprimait, chez ce singe, nous le répétons, par un oh ou un o-oh plus ou moins long, 
variant beaucoup, quant à la hauteur, à l’intensité et au timbre du son, avec la force 
et l’acuité de ce désir ; dans le dernier cas, la seconde syllabe était plus élevée que la 
première. En outre, le singe rapproche en même temps les oreilles de la tête, rétracte 
les sourcils, allonge les lèvres. L’expression tonale du même besoin différera plus ou 
moins avec les différentes espèces de singes, sans parler des différences individuelles et 
des modifications qu’apportent à cet égard le sexe et l’âge chez les singes comme chez 
l’homme. La joie, la satisfaction, l’impatience, le dépit, la colère, l’indignation, la 
douleur* la crainte, la terreur, l’angoisse, etc., varient également dans leurs divers
        

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