Bauhaus-Universität Weimar

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CERVEAU. 
adulte. » C’est donc dans l’enfance, dans le premier âge surtout, que les singes anthro¬ 
poïdes et l’homme refléteraient avec le plus de fidélité les caractères de quelque com¬ 
mun ancêtre, de quelque Dryopithecus encore inconnu. Car on peut dire de ces singes 
ce qu’on a établi à propos des caractères larvaires qui ont fait longtemps considérer les 
ascidies comme les ancêtres de vertébrés; le développement des ascidies indique bien 
plutôt qu’ils descendent eux-mêmes des vertébrés; ce sont des vertébrés dégénérés par 
adaptation à un nouveau genre de vie ; l’adaptation à l’ancien mode de vivre pélagique 
des ascidies explique l’organisation des thaliacés et leur descendance des ascidies (B. Ra- 
witz). Déprimé en son milieu chez les vieux gorilles, l’os frontal est, chez les jeunes 
gorilles des deux sexes, haut, large et bombé. L’arrondissement de l’occipital atteint 
fréquemment le même degré de développement chez les jeunes anthropoïdes et chez 
certains hommes. L’écaille occipitale d’un Nigrilien, d’un Papou, d’un Malais jeune, peut, 
même se montrer plus aplatie que celle d’un jeune gorille ou d’un jeune chimpanzé. Les 
points d’ossification du crâne sont d’ailleurs les mêmes chez l’homme et chez les singes 
anlhropoïdes : en général la région frontale s’ossifie plus rapidement, tandis que les régions 
occipitale, mastoïdienne et pétreuse s’ossifient plus tardivement que chez l’homme. Les 
sutures se ferment à un âge plus jeune; la brachycéphalie des jeunes anthropoïdes 
diminue avec l’âge (Deniker). L’encéphale des gorilles, qui a d’abord une forme ovoïde 
allongée, non arrondie comme celle du chimpanzé et de l’orang, se distingue de l’encé¬ 
phale du chimpanzé, mais non de celui de l’orang,Jpar la complexité des circonvolutions. 
L’ordre d’apparition des scissures et sillons, chez le gorille et le gibbon, est à peu près le 
même que chez l’homme : le lobe frontal se développe chez eux avant le lobe occipital-, 
cependant son développement est moins rapide et s’arrête beaucoup plus tôt que chez 
l’homme (Deniker), Vinsula de Reil est, dans la scissure de Sylvius, en général débordée 
par l’opercule; la scissure de Sylvius se rapproche davantage de l’horizontale chez le 
gorille que chez les autres singes anthropoïdes; le sillon de Rolando est surtout très 
accusé chez le chimpanzé, ainsi que le sillon du singe. R. Hartmann a noté avec toute 
raison que, loin d’être très faiblement développée chez le chimpanzé, l’orang et le gibbon 
ou même de faire absolument défaut chez la plupart des autres singes, comme le vou¬ 
lait Bischoff, la F3 ou circonvolution de Broca, dont le grand développement chez, 
l’homme constituerait une des principales différences entre son encéphale et celui du 
singe, estau contraire bien développée chez les singes, y compris naturellementles anthro¬ 
poïdes (Pansch) : « Ce qui frappe tout d’abord dans la structure interne du cerveau de 
ces animaux, c’est la brièveté du corps calleux;on signale aussi l’épaisseur et la mollesse 
de la commissure antérieure, ainsi que la minceur de la commissure postérieure du troi¬ 
sième ventricule. Dans les ventricules latéraux on retrouve toutes les parties décrites 
dans le cerveau humain. Les tubercules quadrijumeaux sont très semblables à ceux de 
l’homme. Le quatrième ventricule ne renferme aucune formation remarquable. La base 
de l’encéphale enfin ne diffère guère non plus du type humain. » Quant aux hommes 
microcéphales, R. Hartmann reproduit, contre C. Vogt, les conclusions de Virchow : « 1° Il 
n’existe aucune espèce simienne qui présente exactement la configuration particulière 
de l’encéphale des microcéphales; 2° la psychologie fournit précisément les plus puis¬ 
sants arguments contre les hommes-singes ; 3° le côté instinctif de l’activité psychique, 
qui fait presque entièrement défaut aux microcéphales, occupe le premier rang ches les 
anthropoïdes, comme chez les autres animaux. » 
Et pourtant les microcéphales n’ont pas eu de plus grand peintre que Carl Vogt1 *. 
« J’ai vu, dit-il, dans une petite résidence d’Allemagne, un monument que Frédéric le 
Grand, si je ne me trompe pas, a fait élever à une princesse de ses amies : Corpore femina, 
inlellectu vir est la simple légende de la pierre tumulaire. On pourrait dire de chaque 
microcéphale : Corpore homo,intellectu simia. » Il a fallu renoncer absolument à ces idées. 
Par microcéphalie vraie ou pure, c’est-à-dire primitive, on entend aujourd hui un trouble 
ou arrêt de développement s’étendant à tout le système nerveux central, survenu au cours 
de l’évolution ontogénique de la vie de l’embryon, mais sans processus tératologiques ni 
pathologiques proprement dits. Il s’agit d’une espèce d’atrophie congénitale, à laquelle 
1. Mémoire sur les microcéphales ou hommes-singes. Genève, 186a (Mémoires de l’Institut 
national genevois, x, 198).
        

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