Bauhaus-Universität Weimar

CERVEAU. 
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L’anémie totale par décapitation, si bien étudiée par Loye (1888) (V. Anémie et 
Décapitation), entraîne presque aussitôt la cessation de toute fonction pyschique; et 
il semble qu’il ne pourrait guère en être autrement, puisque, même dans le cas d’ané¬ 
mie incomplète, comme dans les compressions des carotides, ou dans le cas encore de 
syncope cardiaque, il y a soudain anéantissement de la conscience : 
En définitive nous pouvons déduire de là trois conclusions importantes : 
A. Une anémie légère produit une augmentation de l’excitabilité corticale. 
B. Une anémie forte produit une diminution de l’excitabilité corticale, coïncidant 
avec une excitation énorme des centres bulbo-protubérantiels, laquelle se traduit par des 
convulsions. 
C. Une anémie totale produit la mort presque soudaine de la conscience. 
Il résulte de cette dernière proposition un fait d’importance fondamentale qui 
domine toute la physiologie générale du cerveau, c’est que le métabolisme cérébral est 
d’une activité supérieure à celle de tout autre tissu, et que nulle cellule de l’organisme 
n’est aussi susceptible que la cellule nerveuse centrale psychique à la privation d oxy¬ 
gène (Voir plus loin le chapitre relatif à l’excitabilité cérébrale). 
Compression du cerveau. — Dans ses premières expériences, Magendie, ayant 
soustrait une certaine quantité de liquide céphalo-rachidien, a vu les animaux opérés 
présenter certains phénomènes de déséquilibration, de vertige, de titubation et d’im- 
puissance, qu’il a attribués à la privation du liquide céphalo-rachidien. D’après lui 
cette masse liquide accumulée à la base de l’encéphale, protégerait les gros troncs arté¬ 
riels contre la compression que le poids du cerveau exercerait sur leurs parois; et en 
effet, ajoute-t-il, quand le liquide céphalo-rachidien s’est régénéré, l’animal revient 
à l’état normal et retrouve son équilibre. Mais Longet (1873) a montré dès 1843 que 
ces troubles de l’équilibre étaient dus à une tout autre cause qu’à l’absence de liquide 
céphalo-rachidien; et il a pu prouver : 1° que la soustraction du liquide céphalo-rachi¬ 
dien n’a aucune influence sur l’exercice régulier des organes locomoteurs, alors que 
Ja section des parties molles de la nuque (muscles de la nuque) entraîne la perte im¬ 
médiate de la station et de la locomotion régulière; 2° que la cause de ce trouble est 
probablement la compression et le tiraillement (par la tête qui ne peut plus se relever 
de certaines portions de l’axe cérébro-spinal représentées surtout par les pédoncules 
cérébelleux; 3° que, par l’effet de l’habitude (?), ces parties peuvent ensuite être com¬ 
primées et tiraillées sans qu’il s’ensuive trop de désordres locomoteurs. Ajoutons que, 
d’après M. Schiff, la cause de ces phénomènes serait la flexion angulaire de la tête sur 
l’atlas qui comprimerait l’extrémité céphalique de l’artère vertébrale. 
Quant à l’influence qu’une pression plus forte que la pression normale exerce sur le 
cerveau, depuis Magendie, bien des physiologistes ont fait cette étude, Leyden (1863), 
Pagenstecher, (1869), François-Franck (1877), Adamkiewicz, (1884), Bonnot (1882), Falken¬ 
heim et Naunyn (1886), Schulten (1884) et ils sont arrivés à des résultats très concor¬ 
dants. 
Les méthodes techniques employées pour augmenter la pression intra-cranienne 
sont très simples et reposent toutes sur le même principe : un tube est vissé à la paroi 
crânienne, et on introduit dans ce tube, soit de l’eau comme Magendie et la plupart des 
expérimentateurs, soit de l’air comme François-Franck, soit de la cire comme Pagen- 
stecher, soit des tiges de laminaire comme Adamkiewicz, soit du sang comme Bonnot 
Le phénomène fondamental qu’on constate alors, c’est un ralentissement extrême du 
cœur et de la respiration qui survient quand la pression intra-cranienne atteint 5 à 
8 centimètres de Hg. 
Pour Leyden, la mort survient quand la pression est égale à 19 centimètres de Hg. 
Chaque élévation de pression, allant de 5 à 19 centimètres, amène aussitôt un phénomène 
pathologique correspondant; successivement on voit apparaître, à mesure qu’augmente la 
compression, du nystagmus, le ralentissement du cœur et de la respiration, les vomisse¬ 
ments, les convulsions et le coma; finalement l’arrêt respiratoire et la mort. Mais, 
d’après Naunyn et Schreiber, tous les chiffres de Leyden sont trop faibles de moitié. 
Adamkiewicz (1884), qui a constaté ces mêmes faits, s’élève contre l’opinion que le cer¬ 
veau est incompressible. Mais personne n’a prétendu que le cerveau est incompressible. 
On a dit, et on a eu absolument raison, qu’aucune compression, si forte qu’elle soit, ne
        

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