Bauhaus-Universität Weimar

CERVEAU. 
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dans le rachis; 2° l’opinion de A. Mosso qui pense que ce sont les veines cérébrales 
qui, comprimées par l’augmentation de volume du cerveau, laissent à ce moment passer 
hors du crâne une quantité plus grande de sang veineux. 
Il nous sera permis d’adopter une théorie mixte ; car de^, expériences positives éta¬ 
blissent la réalité formelle des deux faits établis par A. Richet et par A. Mosso. 
Nous n’invoquerons pas pour cette double démonstration le schéma ingénieux 
construit par Salathé; car ce schéma, excellént quand il s’agit de donner a des élèves 
l’explication du phénomène, ne prouve rien quant à la réalité du phénomène lui-même; 
il donne ce qu’on veut lui faire donner; il est construit d’après une théorie, et les 
résultats qu’il fournit dépendent de sa construction même. 
Les expériences de Salathé, faites par la méthode graphique, établissent bien que 
les oscillations de la pression du cerveau coïncident avec les oscillations de la pression 
du rachis. Les unes et les autres sont synchrones. Tout se passe donc comme si le gon¬ 
flement du cerveau refoulait du liquide dans le canal vertébral pour aller distendre les 
parois de ce canal, parois tout autrement extensibles, comme le dit si bien A. Richet, 
que le crâne, enveloppe osseuse absolument rigide. 
L’observation même de Bochefontaine qui voit la pression du liquide céphalo-rachi¬ 
dien monter de 0 à 1 millimètre de mercure (?) au moment de la systole, de 0 à 5,5 mil¬ 
limètres de mercure au moment de l’expiration, conduit à cette conclusion nécessaire 
que dans le crâne intact le liquide céphalo-rachidien est comprimé. Étant comprimé, il 
passe dans les régions où il y a moins de résistance, c’est-à-dire dans le canal vertébral. 
Adamkiewicz (1883) a fait à cette circulation du liquide céphalo-rachidien une objection 
absolument théorique; en supposant qu’une pression forte ne peut pas se maintenir 
pendant longtemps dans la cavité crânienne (par suite de l’absorption du liquide). Il 
admet, sans en donner de preuves bien rigoureuses, que le liquide céphalo-rachidien 
n’exerce aucune influence sur le cours du sang dans le cerveau. C’est là une opinion 
bien paradoxale. Comment est-il possible que ces 60' grammes de liquide accumulés 
entre l’encéphale et la dure-mère, ou dans les ventricules cérébraux, soient sans action 
sur la circulation cérébrale? On s’explique d’ailleurs facilement la confusion dans 
laquelle il est tombé en voyant son expérience. L’ouverture de l’arachnoïde n’a pas 
modifié la circulation cérébrale; mais ce résultat était évident a "priori; 1 ouverture de 
la cavité cranio-rachidienne ne devant pas avoir d’autre effet que de rendre quelque 
peu plus faciles les expansions et retraits du cerveau, sans en modifier le sens, ni la 
forme, ni l’intensité. 
D’ailleiys une expérience directe, très élégante, a permis à Fr. Franck de constater 
ce mouvement de va-et-vient du liquide céphalo-rachidien entre le cerveau et la moelle. 
En plaçant une aiguille avec palette hémodromométrique dans l’espace occipito-atloï- 
dien, Fr. Franck a noté une série de petites inclinations du levier, rythmées avec le 
cœur, et allant de l’encéphale au rachis (p. 328). « Il semblait donc que les déplace¬ 
ments du liquide s’opéraient du crâne vers le rachis sous l’influence des expansions 
artérielles intra-craniennes, et qu’entre deux poussées une rétrogradation s’opérait. »> 
En comprimant les veines, ce qui empêchait la déplétion crânienne (systolique et 
expiratoire) de se faire par les veines, et ce qui la forçait à se faire par le liquide 
céphalo-rachidien, on a rendu beaucoup plus évidentes les oscillations de l’aiguille 
hémodromométrique. 
C’est là l’expérience que Mosso déclarait en 1880 nécessaire pour faire admettre le 
transport du liquide céphalo-rachidien du crâne dans le canal vertébral. 
L’observation d’ALBERT (cité par Lewy, 1880) que l’on voit à travers la membrane 
atloïdo-occipitale, non ouverte, passer le liquide céphalo-rachidien dans un mouvement 
de va-et-vient entre le rachis et le crâne, est aussi une constatation bien importante. 
Il est donc établi, à la fois théoriquement et expérimentalement, qu’il se fait des 
déplacements du liquide céphalo-rachidien qui correspondent aux changements de 
volume du cerveau. Mais certainement le système veineux joue aussi un rôle important, 
comme l’expérience directe le prouve. 
D’ailleurs, il est impossible qu’il en soit autrement. Étant donné, je suppose, que, 
par le fait d’une systole, la quantité de sang augmente, par exemple de 10 centimètres 
cubes, il faut que 10 centimètres cubes soient déplacés par cet abord de sang artériel;
        

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