Bauhaus-Universität Weimar

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CERVEAU. 
que son poids encéphalique pourrait se réduire à une fraction de milligramme sans 
diminution intellectuelle. 
La quantité i que nous calculons dépend donc elle-même, certainement, de la taille; 
c’est pourquoi j’ai admis (1882 et 1883) la nécessité de comparer laquantitéi elle-même 
î 
à la taille en calculant, pour chaque espèce, le rapport —. 
On n’en est pas moins obligé d’admettre une limite au poids absolu de i, et de croire 
que si un homme pouvait être réduit aux dimensions d’une fourmi, toutes choses égales 
d’ailleurs, il serait incapable de supporter le poids des neurones nécessaires à la réa¬ 
lisation d’une intelligence humaine. 
Nous sommes ici sur le terrain de la théorie pure. En fait, il y a des obstacles à la 
réduction indéfinie du poids cérébral, de sorte que ce poids présente, dans chaque 
espèce, des variations limitées, quelle que soit la réduction de la taille, et nous ne devons 
pas, sous prétexte de faire de la théorie pure, traiter comme un problème de géomé¬ 
trie analytique une question biologique aussi complexe. L’un des obstacles en ques¬ 
tion, c’est la précocité du développement cérébral, d’où il résulte que, chez un nain 
dont la croissance générale s’arrête, par exemple, à l’âge de quatre ou cinq ans, le 
cerveau peut avoir atteint déjà des dimensions presque noi’males pour l’âge adulte et 
une taille ordinaire. 
Je viens d’observer un cas de ce genre dans lequel l’intelligence paraît être abso¬ 
lument moyenne. En pareil cas, il est plus que probable que l’économie histologique 
du cerveau est loin d’être aussi parfaite qu’elle peut l’être lorsque les corrélations 
de volumes existantes et nécessaires entre les divers éléments cérébraux, d’.une part, 
entre ceux-ci et les diverses parties du corps, d’autre part, sont déterminées, au point 
de vue quantitatif, par la lente et longue évolution d’une espèce ou par les lois du 
développement suivant les causes normales de variation telles que la taille et le travail 
intellectuel entre les limites de l’écart régulier. C’est entre ces limites que la nature 
opère avec la plus grande économie possible en ce qui concerne la morphologie, mais 
il est vrai que ces limites ne peuvent guère être précisées. Les nains sont en dehors 
ainsi que les géants, certains hommes intellectuellement supérieurs sont, sans doute, 
dans le même cas, d’après l’élévation extrême de leur poids cérébral. Nous ne savons 
pas jusqu’à quel poids ou volume pourrait descendre le cerveau d’un nain dont la taille 
serait réduite à 0m,50 par exemple et dont l’intelligence serait ordinaire ; il est certain 
que la réduction cérébrale ne serait pas proportionnelle à celle de la taille, mais tout 
porte à croire que, si l’économie histologique atteignait son taux normal,le poids total 
du cerveau de ce nain descendrait fort au-dessous de 957 grammes, chiffre de la seule 
quantité i telle que nous l’avons déduite de la comparaison des moyennes sexuelles. 
L’examen histologique de cerveaux de nains révélera, sans doute, dans ces cerveaux 
surabondamment volumineux, comme dans ceux de certains hommes distingués, un 
défaut d’économie anatomique. 
J’insiste sur ce fait que les quantités i et m représentent simplement les deux termes 
d’un rapport abstrait entre les deux grandes influences qui gouvernent les variations 
régulières du poids de l’encéphale. Aucune de ces deux quantités n’est isolable anatomi¬ 
quement; dans chacune des deux entre nécessairement une partie du poids des éléments 
cérébraux de toutes sortes et, a fortiori, de régions cérébrales quelconques, mais dans 
des proportions variables, probablement, pour chaque portion de l’encéphale et pour 
chaque sorte d’éléments. 
C’est pourquoi les quantités m et i sont à comparer l’une et l’autre à la masse orga- 
i, Tïi 
nique M. Les rapports — ^ expriment tous deux le perfectionnement cérébral en 
Tïï 
relation avec le perfectionnement intellectuel. Le rapport — doit suivre dans la série 
i 
zoologique les grandes variations du rapport —* puisque la fonction motrice du cerveau 
ïïl 
prend une part croissante à la direction de tout l’organisme, à mesure que celui-ci se 
complique davantage, et puisque cette complication est elle-même l’une des causes du 
perfectionnement intellectuel.
        

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