Bauhaus-Universität Weimar

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CERVEAU. 
De même que les Polynésiens, en raison de leur énorme taille, arrivent à dépasser 
un peu le poids de l’encéphale des Parisiens, les Polynésiennes dépassent aussi les 
Françaises.Elles dépassent même les Bengalis masculins de l’Hindoustan,dont la moyenne, 
d’après les cinquante crânes que j’ai cubés, serait seulement de 1 184 grammes. 
On sait que ces Bengalis sont de très chétive stature, et il est intéressant de voir la 
différence sexuelle du poids de l’encéphale renversée lorsque la différence de la taille et 
de la carrure est en faveur du sexe féminin. Il s’agit ici de deux races différentes, mais 
tout concourt à nous faire admettre l’identité des causes de variation du poids cérébral 
dans toutes les races humaines. 
La différence sexuelle de masse du corps suffit-elle à expliquer la différence de poids 
encéphalique sans faire intervenir une différence intellectuelle? C’est là une question 
assez compliquée pour le détail de laquelle je suis obligé de renvoyer le lecteur à mon 
mémoire de 1883. 
On a vu plus haut qu’à intelligence égale les espèces, races et groupes d’individus 
ont un poids encéphalique relatif d’autant plus élevé qu’ils sont de plus petite taille. 
D’après cette loi générale, dont l’explication sera donnée plus loin, l’hypothèse de 
l’égalité intellectuelle des sexes implique, chez la femme, un poids cérébral relatif non 
seulement égal, mais encore supérieur à celui de l’homme. Telle est la première 
nécessité à laquelle me conduisit l’étude de la question (1183). 
A cette époque le sexe féminin était considéré comme inférieur par le poids relatif 
aussi bien que par le poids absolu du cerveau, soit que ce poids fût comparé à la taille, 
soit qu’on le comparât au poids du corps. 
D’après les diverses statistiques européennes, la femme était à l’homme par la taille 
ou le poids du corps : 92 à 94 : 100, tandis que, par le poids de l’encéphale, elle était 
seulement : : 87 à 91 : 100. 
Il ne pouvait être douteux que cette différence était due, au moins en partie, à la 
différence de masse du corps, aussi bien que l’infériorité des hommes de petite taille par 
rapport aux hommes de grande taille. Mais on ne pouvait baser aucune évaluation sur la 
longueur du corps, cette dimension étant loin de représenter la masse active totale de l’or¬ 
ganisme, surtout lorsqu’il s’agit d’êtres aussi différents sous le rapport de la carrure et 
du développement musculaire que le sont l’homme et la femme. Une évaluation de ce 
genre eût évidemment constitué une erreur géométrique, anatomique et physiologique. 
Cette triple erreur n’en fut pas moins commise par Topinard (1885, 561) dans son empres¬ 
sement à appliquer à l’étude du poids de l’encéphale un procédé d’analyse que j’avais 
indiqué en janvier 1882 et qu’il semble n’avoir pas compris. Croyant qu’il s’agissait 
simplement d’une « question de règle de trois », cet auteur évalua à 56 grammes le 
déficit du cerveau féminin, pour tenir compte de la taille. Ce chiffre ne représente abso¬ 
lument rien, sinon l’erreur qui devait être relevée ici à cause de sa diffusion par un livre 
d’enseignement. 
Pour obtenir des chiffres représentant plus correctement que la longueur et le poids 
total du corps, la masse active de l’organisme dans les deux sexes, et représentant cette 
masse plus spécialement au point de vue de la fonction motrice du cerveau, j’entrepris 
de longues recherches sur le poids du squelette à l’état sec et de ses diverses parties, 
notamment sur le poids du crâne, du fémur et de la mandibule, parce que ces trois 
parties représentent indirectement le développement, d’appareils divers méritant chacun 
une considération spéciale dans la question étudiée. Parmi les résultats exposés dans mon 
mémoire (1882),les suivants doivent trouver place ici, parce qu’ils m’ont révélé la supé¬ 
riorité du poids relatif de l’encéphale dans le sexe féminin. 
Le poids du crâne est influencé par le volume de l’encéphale et par la masse générale 
du squelette, de sorte que si on le compare au poids des fémurs (indice cranio-fémoral), 
il représente le développement de l’encéphale; — et, si on le compare au volume 
de l’encéphale (indice cranio-cérébral), il représente le développement squelet¬ 
tique. 
Or j’ai trouvé que le poids du crâne est beaucoup plus élevé dans le sexe féminin 
relativement au poids fémoral. Sous ce rapport, la femme est comme un homme de très 
petite taille; elle se rapproche de l’enfant dont le poids cérébral relatif est le plus élevé. 
J’ai trouvé, en outre, que le poids de l’encéphale est plus élevé dans le sexe féminin
        

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