Bauhaus-Universität Weimar

CERVEAU. 
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pas si elles n’atteignaient pas un certain volume absolument ou relativement supérieur. 
A l’exemple de Gratiolet, quelques auteurs affectent un certain mépris pour la con¬ 
naissance du volume du cerveau alors qu’ils semblent reconnaître l’importanee du déve¬ 
loppement remarquable atteint par telle ou telle circonvolution dans une certaine espèce 
ou race, ou bien chez certains individus. Or il se peut que ce développement, qui est 
bien quantitatif, n’ajoute que dix ou vingt grammes au poids total du cerveau ; mais si 
un certain nombre de circonvolutions possèdent une supériorité analogue (et le cas est 
loin d’être rare), n’en pourra-t-il pas résulter une supériorité pondérale de 50, 100, 
200 grammes ou plus ? 
On peut répéter à propos de la qualité ce qui a été dit plus haut à propos de la forme : 
l’analyse des qualités de texture et de composition chimique aboutit nécessairement à 
des rapports quantitatifs. 
Le mépris souvent affecté à l’égard de la quantité n’est pas toujours un vestige de doc¬ 
trines métaphysiques. Il semble résulter parfois d’une répugnance à admettre que la 
supériorité du poids cérébral puisse avoir quelque importance psychologique lorsqu’on 
est privé soi-même de cette qualité. Mieux vaudrait se contenter, en pareil cas, de suppo¬ 
ser que l’on possède, à un très haut degré, tous les genres de supériorité psychologique 
indépendants de la supériorité pondérale, genres qui seront indiqués plus loin. 
Mais le principal obstacle à l’accord des auteurs en cette matière a été la complexité 
de celle-ci. L’attention accordée à l’une des conditions anatomiques du perfectionnement 
intellectuel a fait perdre de vue les autres conditions. 
De là des oublis et des exagérations qui en ont provoqué d’autres en sens contraire, 
jusqu’à ce qu’une attention suffisamment soutenue etune étude suffisamment laborieuse 
permissent de dénouer la question et de mettre chaque chose à sa plàce. 
L’importance de la quantité dans l’encéphale est apparue de plus en plus clairement 
à mesure que l’analyse anatomique et l’analyse psychologique ont progressé davantage, 
si bien qu’aujourd’hui cette importance pourrait être théoriquement déduite de ces deux 
analyses dont les résultats se superposent en quelque sorte. Plaçons-nous d’abord au 
point de vue anatomique. 
Le cerveau est essentiellement composé d’éléments cellulaires plus ou moins nom¬ 
breux, unis entre eux par des prolongements plus ou moins nombreux eux-mêmes et plus 
ou moins abondamment ramifiés. Ces organes élémentaires constituent, dans les diffé¬ 
rentes espèces animales, des systèmes plus ou moins variés et complexes unis entre eux 
par des communications dont le nombre et l’étendue dépendent de la variété et de la 
complexité des systèmes à réunir. Cette variété et cette complexité sont liées d’ailleurs, 
d’une part au nombre et à la complexité des parties sensibles du corps, d’autre part au 
nombre et à la complexité des parties à mouvoir, des mouvements exécutés, enfin à la 
variété et à la complexité des associations et des opérations intra-cérébrales qui repré¬ 
sentent l’intelligence.Sans doute lacomplexité de cet ensemble apparaît apriori comme plus 
importante que le nombre et la grandeur des éléments actifs, au point de vue du perfec¬ 
tionnement intellectuel; mais la complexité d’un appareil ne se conçoit guère indépen¬ 
damment du nombre des parties composantes et unissantes ; et l’accroissement numé¬ 
rique des cellules, de leurs prolongements, de leurs ramifications semble a priori devoir 
se traduire, au moins probablement et cœteris paribus, par un accroissement en poids et 
en volume de l’ensemble de l’appareil. 
Passons au point de vue psychologique. 
D’après les résultats derniers de l’analyse purement psychologique, l’intelligence, 
considérée in abstracto, peut être considérée comme un perfectionnement de la vie elle- 
même, comme une correspondance entre des relations internes et des relations externes, 
correspondance croissant en espace, temps, variété, généralité, complexité. Telle est la 
définition donnée et admirablement développée par Herbert Spencer (1870). Physiolo¬ 
giquement cette multiple correspondance se résout en relations plus ou moins variées 
et complexes, et comporte, par conséquent, le jeu d’un appareil corrélativement plus ou 
moins complexe et composé d’éléments plus ou moins nombreux. 
En se plaçant, donc, soit au point de vue psychologique, soit au point de vue anato¬ 
mique, on arrive à considérer le développement quantitatif du cerveau comme pouvant 
et même devant être en relation intime avec le développement intellectuel. On reviendra 
DICT. DE PHYSIOLOGIE. — TOME II. 
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