Bauhaus-Universität Weimar

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CERVEAU. 
paralysie de la sensibilité tactile. Pour Munk, la prétendue zone motrice se décompose 
en sphères sensitives, sièges des images ou représentations nées des sensations cutanées, 
musculaires, etc., des régions correspondantes du corps, si bien que l’excitation de ces 
centres ne détermine des mouvements ni directement ni d’une façon réflexe, mais par 
réveil de ces résidus mentaux des sensations de nature diverse qui accompagnent 
l’exécution des mouvements. Aussi, sans parler de Nothnagel, Schiff et Münk « ont fait, 
dit Hitzig, d’une sphère motrice une sphère de sensibilité ». Si l’on considère les faits 
qui suivent immédiatement la destruction d’un centre moteur de l’écorce, Hitzig avait 
noté les troubles du mouvement, Schiff ceux de la sensibilité. Les chiens auxquels 
Fritsch et Hitzig avaient lésé un point des gyrus sigmoïdes ne présentaient pas, on 
l’a vu, de paralysie motrice proprement dite, si l’on entend par là un défaut absolu de 
motilité. Aucun trouble de sensibilité n’avait non plus été remarqué. Mais Hitzig 
découvrit bientôt qu’un chien dont une des extrémités a été paralysée par un trauma¬ 
tisme opératoire correspondant tombe d’une table, par exemple, dans le vide, si on ne 
l’en empêche, dès qu’il s’approche du bord. Avant de connaître l’existence des troubles 
de la sensibilité qui accompagnent ceux de la motilité dans ces lésions circonscrites et 
limitées des centres moteurs, Hitzig les avait discernés. Ce n’est pas que l’état présenté 
par l’animal eût jamais, été pour Hitzig, celui d’une paralysie proprement dite. Dès la 
première heure, en quelque sorte (1870), il parle de la « conscience imparfaite » qu’a 
l’animal de la position de ses membres et en particulier de la perte de ses « représen¬ 
tations » ou images mentales à cet égard. Ces troubles des mouvements volontaires, 
consécutifs à la destruction des différents centres de l’écorce, Hitzig les avait considérés, 
dans deux travaux de 1873 et de 1876, comme « l’expression de troubles de l’activité 
représentative » (Vorstellungshütigkeit), c’est-à-dire comme l’effet de la destruction des 
images motrices de telles ou telles catégories de mouvements volontaires. Si donc 
l’animal opéré n’exécute plus certains mouvements, ou ne le fait que d’une façon défec¬ 
tueuse, ce n’est point parce que ses muscles sont paralysés : c’est parce qu’il ne peut 
plus se représenter idéalement ces mouvements, c’est parce qu’il a perdu la conscience 
musculaire d’une partie de son corps. Hitzig ne trouvait donc aucun progrès dans la 
manière de penser de Schiff et de Mijnk : « Ils ne disent rien de plus que ceci ; les idées, 
images ou représentations de la partie du corps considéré ont été altérées par la lésion 
expérimentale et cette altération devient sensible extérieurement par les troubles et 
désordres du mouvement. » 
Y a-t-il des centres moteurs dans l’écorce? La question, on le voit, est complexe et 
appelle plus d’une réponse. La réaction électrique des centres délimités sur l’écorce 
par Fritsch et Hitzig, et de ces centres seulement, ou d’autres qui seraient semblables, 
démontre bien l’existence des points ou centres moteurs dans la substance grise du 
cerveau. Les expériences d’ablation avaient confirmé les résultats des expériences 
d’excitation : les mouvements ainsi provoqués étaient bien dus à l’excitabilité propre 
de l’écorce du cerveau. En effet, éclairé par les expériences de Bubnoff et de Heidenhain, 
de François FRANCK-etde Pitres, Hitzig n’hésite plus, en 1886, comme il l’avait fait 
en 1870, avec une critique d’ailleurs si judicieuse et si pénétrante. Mais ces expériences 
ont démontré que le retard des actions diffère selon que l’excitation est appliquée à 
la surface libre de l’écorce ou à le substance blanche sous-jacente, sur une coupe du 
centre ovale, et que le retard de la secousse musculaire subit une réduction très notable à 
la suite de l’ablation de l’écorce : « On peut interroger tout d’abord la surface d’un terri¬ 
toire limité de la zone motrice correspondant au membre antérieur, par exemple, dit 
François Franck; puis, cette portion d’écorce étant soigneusement enlevée avec une 
curette tranchante, l’hémorragie étant arrêtée, répéter l’expérience sur la coupe des 
faisceaux blancs : la mesure des retards, dans les deux cas, indique une réduction de un 
quart ou un tiers pour la réaction de la substance blanche. » [Leçons sur les fonctions motrices 
du cerveau, 36.) Bref, loin de se laisser simplement traverser par les excitations, la 
substance grise leur fait subir certaines transformations. La comparaison des effets 
produits par les excitations tétanisantes, appliquées à la substance grise et à la subs¬ 
tance blanche, celle de l’action des réfrigérents, de certains anesthésiques, etc., forcent 
également d’admettre cette excitabilité propre de l’écorce du cerveau. En outre, pour 
la transmission des processus moteurs4aux muscles striés, « l’excitation organique doit
        

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