Bauhaus-Universität Weimar

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CERVEAU. 
Ja fois à chaque manifestation. En tant qu’organe de la pensée, le cerveau est un comme 
la pensée elle-même : les différentes parties qui le composent n’ont donc point des attribu¬ 
tions diverses correspondant aux diverses facultés de l’esprit. Mais si l’intelligence a pour 
organe unique l’ensemble du cerveau, « elle n’est pas sollicitée dans tous les points du 
cerveau de la même manière ». Gratiolet faisait expressément cette concession, dont on 
aperçoit toutes les conséquences. Comme il ne divisait pas le cerveau en plusieurs organes 
distincts, il déclarait ne vouloir essayer de déterminer le siège de la faculté du langage, 
par exemple; mais « les rapports du cerveau avec le corps sont multiples, disait-il, et, sui¬ 
vant la nature de ces rapports, il y a probablement dans les hémisphères des régions de 
dignité différente ». 
XXXV. Vulpian. —Le jugement que Vulpian porta sur le principe et sur la théorie des 
localisations cérébrales, même lorsque cette théorie eut été vérifiée par des faits éclatants, 
fut sévère. Loin d’être spiritualiste à la façon de Gratiolet ou de Jean Müller, Vulpian 
réduisait, on le sait, la plupart des phénomènes de l’entendement et de la volonté à un pur 
mécanisme d’actioins réflexes cérébrales. Mais rechercher si les différents modes d’activité 
du cerveau appartenaient à des régions déterminées et distinctes, à des îlots circonscrits 
de la couche corticale, lui paraissait une tentative vaine et condamnée d’avance. « Les 
résultats expérimentaux, disait-il avec Longet, et un bon nombre d’observations patho¬ 
logiques parlent contre cette dislocation des différentes facultés » instinctives, intellec¬ 
tuelles et affectives. De pareilles entreprises doivent donc être « bannies de la biologie- 
positive, c’est-à-dire de celle qui ne s’appuie que sur des faits d’observation et d’expé¬ 
rimentation ». Pour Vulpian, on ne découvrait dans les divers points de la substance 
grise du cerveau, susceptibles d’ailleurs de se suppléer réciproquement, que les mêmes 
modes variés d’activité. Même esprit de négation en face non seulement des essais de 
localication des fonctions de l’intelligence dans les lobes antérieurs, mais des faits- 
cliniques et anatomo-pathologiques les plus certains relatifs à la localisation fonction¬ 
nelle de l’articulation verbale dans le pied de la F3 gauche : « On ne saurait placer le 
siège de l’intelligence dans les lobes antérieurs », comme l’ont fait Gall et ses successeurs, 
enseignait Vulpian, dans ses leçons au Muséum d’histoire naturelle : « Si l’on a vu, dans 
quelques cas, des lésions de ces lobes déterminer une altération plus ou moins grande 
des facultés intellectuelles, il serait facile de citer d’autres cas dans lesquels on a 
observé des troubles tout aussi grands de ces facultés coïncidant avec des lésions soit 
des lobes postérieurs, soit des lobes moyens. » (Leçons sur la physiologie du système nerveux, 
Paris, 1866, 710, sq.) Comme on peut observer un affaiblissement plus ou moins consi¬ 
dérable de toutes les facultés intellectuelles par suite de lésions limitées du cerveau, 
occupant les sièges les plus variés, l’observation clinique, complétée par l’examen 
nécroscopique, n’aurait, suivant Vulpian, que « peu de renseignements nets » à nous 
livrer. Avant de citer un autre passage de Vulpian, non moins important à méditer, il 
nous faut rappeler ce que Broca écrivait encore en 1861 : « Nul n’ignore que les circon¬ 
volutions cérébrales ne sont pas des organes moteurs; » c’est à la lésion du corps strié 
uniquement qu’il rapportait la cause de la paralysie des deux extrémités du côté droit 
de Leborgne (Mém. d'anthrop. de P. Broca, v, 30). Au sujet de la paralysie incomplète 
des muscles de la joue, qu’il croyait avoir observée à gauche, c’est-à-dire du côté opposé 
à celui où existait la paralysie des membres, Broca ajoutait : « Il est inutile de rappeler 
que les paralysies de cause cérébrale sont croisées pour le tronc et les membres, et 
directes pour la face. » (Cf. encore ibid., v, 93.) Pour Broca, les lobes cérébraux étaient 
seuls affectés à la pensée ; le cervelet et les organes compris entre le bulbe et le corps 
strié étaient en rapport soit avec la sensibilité, soit avec la motilité : « Les fonctions par¬ 
ticulières de plusieurs de ces organes ne sont pas encore précisées, mais il ne vient à 
l’idée de personne de supposer que le corps strié, la couche optique, les tubercules qua¬ 
drijumeaux, le cervelet, la protubérance, l’olive, etc., aient les mêmes attributions... 
La mutiplicité des centres nerveux, considérés comme organes de la sensibilité et 
comme organes de la motilité est un fait à la fois anatomique et physiologique.» 
Demandera-t-on pourquoi tant d’organes différents ont été affectés à deux fonctions seule¬ 
ment? C’est, répond Broca, que la motilité et la sensibilité ne sont pas des fonctions 
simples; en énumérant les diverses espèces de mouvement et de sensibilité, il trouvait, 
que la multiplicité de ces organes était sans doute en rapport avec la multiplicité de ces
        

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