Bauhaus-Universität Weimar

CERVEAU. 
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pas voulu lire lui-même son rapport, n’est ni plus ni moins que de la phrénologie. » 
En quoi Lélut commettait l’erreur la plus grave qui se puisse imaginer. Ni Marc Dax 
de Sommières (Gard), ni G. Dax, n’étaient des phrénologistes, encore que l’influence de 
Gall n’ait pas été étrangère aux premières recherches de Dax père, recherches qui 
dataient de 1800, quoique le mémoire dans lequel elles avaient été consignées n’ait 
été lu (mais il n’est pas même probable qu’il l’ait été) qu’en 1836, dans une session du 
Congrès méridional tenu à Montpellier (du 1er au 10 juillet), sous ce titre : Lésions de la 
moitié gauche de l’encéphale coïncidant avec l’oubli des signes de la pensée. « Dans le mois 
de septembre 180Ö, disait Marc Dax, je fis connaissance avec un ancien capitaine de 
cavalerie qui, blessé à la tête par un coup de sabre dans une bataille, avait plus tard 
éprouvé une grande altération dans la mémoire des mots, tandis que la mémoire des 
choses conservait toute son intégrité. Une distinction aussi tranchée entre les deux 
mémoires me faisait vivement désirer d’en connaître la cause. Après deux ou trois ans 
d’inutiles recherches, j’espérais trouver enfin le mot de l’énigme dans le système 
du docteur Gall qui commençait à se répandre en France... Je m’informai donc auprès 
des parents du militaire, qui était mort depuis peu de temps, de la partie du crûne qui 
avait été blessée. Ils me répondirent que c’était le centre du pariétal gauche..» En l’an 
1806, le célèbre naturaliste Broussonnet perdit la mémoire des mots à la suite dhine 
attaque d’apoplexie, à laquelle il survécut pendant plus d’un an... Je recueillis en 1809 
une troisième observation de l’oubli des mots, chez un homme atteint d’un cancer à la 
face... Ces trois exemples étaient pour moi sans liaison et ne m’apprenaient rien, 
lorsqu’en 1811 j’eus l’occasion de lire l’Éloge de Broussonnet par Cuvier; j’y remarquai 
entre autres choses que l’on avait trouvé un large ulcère à la surface du cerveau du 
côté gauche. Aussitôt ma pensée se reporta sur le sujet de ma première observation, 
qui avait été blessé du côté gauche, et, quant au troisième, je me rappelai fort bien que 
la tumeur cancéreuse était placée sur la moitié gauche du visage. » Marc Dax avait, dit-il, 
recueilli quarante observations pareilles; il en avait découvert autant dans les auteurs1. 
Mais il ne paraît pas avoir pratiqué d’autopsie. « De tout ce qui précède, je crois, 
'écrivait-il, pouvoir conclure, non que toutes les maladies de l’hémisphère gauche 
doivent altérer la mémoire verbale, mais que, lorsque cette mémoire est altérée par 
une maladie du cerveau, il faut chercher la cause du désordre dans l’hémisphère gauche, 
et l’y chercher encore si les deux hémisphères sont malades ensemble... Gall et son 
École attribuent cet oubli des mots à une lésion des lobes antérieurs du cerveau ; mais 
on a vu, dans plusieurs cas, les lobes antérieurs détruits par une maladie sans que cette 
mémoire fût altérée. » Marc Dax adoptait de préférence l’explication de Lordat, qui attri¬ 
buait ce phénomène à « une aberration dans les synergies des muscles qui concourent 
à l’exécution de la parole, synergies formées par l’habitude des mouvements muscu¬ 
laires simultanés qui s’enchaînent mutuellement, et qui finissent par s’appeler 1 un 
l’autre sans l’intervention de la volonté » (1820). Enfin, dans son mémoire, publié avec 
celui de son père, dans la Gazette hebdomadaire (1865, 28 mai, 259), G. Dax écrivait 
ceci : « Un point de l’hémisphère gauche lésé, la parole ne s’articule plus régulière¬ 
ment; tous les autres points du même hémisphère et le point correspondant de l’hémi¬ 
sphère droit non plus qu’aucune autre partie de ce dernier n’amènent par leur lésion l’alté¬ 
ration fonctionnelle en question. » Lordat (1842)et Alquié (1841) avaient, à Montpellier, écrit 
et fait des cours, le premier sur divers cas d’alalie et de paralalie (1843), le second sur la 
détermination clinique et anatomo-pathologique de l’organe particulier à chacun des principaux 
phénomènes de l’encéphale (Mémoire présenté à l’Institut, août 1841. Cf. Clinique chirur¬ 
gicale de VHôtel-Dieu de Montpellier, 1852-1858, ii, 278 sq.): « La parole est gênée ou perdue 
par la désorganisation d’un point d’un lobe antérieur ou des deux lobes antérieurs 
du cerveau, disait Alquié : la parole peut être troublée par la désorganisation du centre 
des hémisphères, » etc. (383). 
Boijillaud ignorait tous ces travaux. Quoique Marc Dax n’ait pas su lui rendre jus¬ 
tice, et ne l’ait même pas compris, Bouillaud prit sa défense contre Lélut. Cette locali¬ 
sation, disait-il, en parlant du siège constant et exclusif des lésions dans l’hémisphère 
gauche, n’est pas aussi extraordinaire que semble le croire M. Lélut. Eu effet, parmi nos 
organes doubles, il est un certain nombre d’actes que nous n’exécutons qu’avec le mem¬ 
bre droit : tels sont l’écriture, le dessin, la peinture, l’escrime, tous mouvements assa-
        

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