Bauhaus-Universität Weimar

CERVEAU. 
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d’instituer une méthode d’expérience qui, en détruisant isolément les différentes parties 
de l’encéphale, devait permettre d’en déceler les fonctions spéciales. Avant Flourens, 
on n’isolait point les unes des autres les parties soumises à l’expérience ; on n’avait donc 
que des expériences confuses, et, par ces expériences confuses, que des phénomènes, 
complexes ; et, par ces phénomènes complexes, que des conclusions vagues et incer¬ 
taines. Tout, dans les recherches expérimentales, dépend de la méthode; car c’est la 
méthode qui donne les résultats. Deux points principaux constituent la méthode expé¬ 
rimentale nouvelle, la méthode isolatrice : 1“ mettre d’abord à nu l’encéphale par 
l’ablation de ses enveloppes; 2* n’intéresser que l’une après l’autre, et toujours l’une à 
l’exclusion de l’autre, chaque partie ainsi mise à nu. Le but étant de parvenir à déter¬ 
miner la fonction de chaque partie, le moyen c’est l’isolement des parties pour isoler 
les fonctions. Outre l’isolement, il faut, dans certains cas, enlever les parties en entier, 
non les mutiler, et toujours prévenir les épanchements. Rolando confondait tous les 
phénomènes comme il confondait tous les organes d’où ces phénomènes dérivent, 
disait Flourens, parce que la méthode de Rolando n’isolait rien. Voici maintenant, dans 
ses grandes lignes, et dans les termes mêmes dont il s’est servi, la doctrine de Flourens 
sur les fonctions du cerveau et du système nerveux. U y a, dans le système nerveux, 
trois propriétés essentiellement distinctes : l’une, de percevoir et de vouloir, c’est l’intel¬ 
ligence ; l’autre de recevoir et de transmettre des impressions, c’est la sensibilité; la troi¬ 
sième d'exciter immédiatement la contraction musculaire. Flourens proposait de l’appeler 
excitabilité au sens d’excitation immédiate des contractions musculaires. L’irritabilité ou 
contractilité est la propriété exclussive au muscle de se contracter ou raccourcir avec 
effort quand une excitation quelconque l’y détermine. Enfin, dans le cervelet réside une 
propriété « dont rien ne donnait encore l’idée en physiologie » et qui consiste, suivant 
Flourens, à coordonner les mouvements voulus par certaines parties du système nerveux, 
excités par d’autres. 
Les facultés intellectuelles et perceptives résident dans les lobes cérébraux, Yexcitation 
immédiate des contractions musculaires dans la moelle épinière et ses nerfs, la coordination 
3es mouvements de locomotion, marche,.course, vol, ceux de la station, etc., dans le 
cervelet. De la moelle allongée dérivent tous les mouvements coordonnés de conservation 
(respiration, etc.) ; du cervelet tous les mouvements coordonnés de locomotion. Quoique 
unique, le système nerveux n’est point homogène. Les lobes cérébraux n’agissent point 
comme le cervelet, ni le cervelet comme la moelle épinière, ni la moelle épinière abso¬ 
lument comme le nerf. Toutes ces parties concourent, conspirent, consentent; elles sont 
distinctes, quoique l’énergie de chacune influe sur l’énergie de toutes les autres. 
L'ablation des lobes cérébraux se borne à affaiblir les mouvements; celle du cervelet à 
les affaiblir plus encore; tandis que celle de la moelle épinière, de la moelle allongée 
ou des nerfs les abolit radicalement. C’est que les lobes cérébraux se bornent à vouloir 
le mouvement, le cervelet à le coordonner, tandis que la moelle épinière et les nerfs le 
produisent. Appliqué à la destruction des lobes cérébraux ou du cervelet, le mot paralysie 
ne peut signifier, quant aux facultés locomotrices, qvY affaiblisse ment ; appliqué à la des¬ 
truction des moelles épinière ou allongée, il signifie abolition radicale de ces facultés. 
Mais on ne peut abolir la volition des mouvements en laissant subsister la coordination et 
la contraction ou abolir à la fois la volonté et la coordination en ne respectant que la 
contraction, ces trois grands phénomènes, essentiellement distincts, résidant dans trois 
organes essentiellement distincts, le cerveau, le cervelet, la moelle épinière et ses nerfs. 
Ce qui montre l’indépendance de ces fonctions spéciales du système nerveux, c’est que 
l’organe par lequel l’animal perçoit et veut ne coordonne ni n’excite : nul mouvement ne 
dérive directement de la volonté; la volonté n’est que la cause provocatrice de certains 
mouvements ; « elle n’est jamais la cause effective d’aucun ». L’organe qui coordonne 
n’excite pas; celui qui excite ne coordonne pas. De l’indépendance des organes découle 
l’indépendance des fonctions. Ainsi, « les irritations des lobes cérébaux ou du cervelet 
n'excitent jamais de contractions musculaires » (Recherches expérimentales sur les pro¬ 
priétés et les fonctions du système nerveux dans les animaux vertébrés. Paris, 1842,2e édit., 
xiv). « Les lobes cérébraux ne sont le siège ni du principe immédiat des mouvements 
musculaires, ni du principe qui coordonne les mouvements en marche, saut, vol, 
station » : ils sont le siège exclusif de la volition et des perceptions {Ibid., 35). La moelle
        

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