Bauhaus-Universität Weimar

CERVEAU. 
591 
cellulaire, et lui attribuer la découverte des cellules nerveuses de l’écorce. Comparé 
à Willis, dont la grande imagination, l’éclat du style et la profondeur des pensées font 
songer à Shakespeare, Malpighi, d’un esprit philosophique médiocre, est déjà précis 
exact et clair comme un histologiste contemporain : il possède à un degré éminent 
la finesse et la forme du génie italien. Dans sa Réponse à Fracassatus, Malpighi 
estime déjà que la substance corticale du cerveau est un parenchyme particulier formé 
de petits pores qui servent comme de crible pour séparer d’avec le sang le sérum coa¬ 
gulable. Mais au cours de nouvelles dissections, il acquit, dit-il, une connaissance plus 
precise de cette substance, et quoiqu’il ignorât toujours la structure extraordinairement 
fine et délicate de cette matière, « par laquelle la nature réalise les plus grandes choses » 
voici ce qu’il vit à l’aide du microscope {De viscerum structura. Exercitatio anatomica 
Amstelod., 1669). L’écorce du cerveau et du cervelet est un amas de petites glandes • ces 
glandes, entassées dans les circonvolutions, constituent la surface extérieure du cerveau 
Dans ces circonvolutions, en forme d’anses intestinales, se terminent les racines blanches 
des nerfs, ou, si l’on aime mieux, ces racines en sortent (47). Sur ce point, Malpighi 
qui se décidera pour la dernière hypothèse au point de vue physiologique, ne rejette 
pas entièrement la première au point de vue anatomique. On a longtemps disputé, dit-il 
de la véritable origine de la moelle épinière et des nerfs. Après Platon, Malpighi avait 
répété que le cerveau est un appendice de la moelle épinière dont les faisceaux remontent 
en rayonnant jusqu’à l’écorce du cerveau. Les petits cerveaux et les larges cordes dor¬ 
sales des poissons l’avaient affermi dans cette doctrine. « Le corps calleux, écrivait-il 
en 1567 {Transactionsphilosophiques dans Collection académique, ii, 1735), n’est’qu’un tissu 
de petites fibres qui sortent de la moelle épinière et viennent se terminer dans la partie 
extérieure du cerveau », c’est-à-dire dans l’écorce, que Malpighi avait trouvée « plus 
molle » que la partie interne. Mais Varole (1543-75) avait prouvé, au moyen d’un arti¬ 
fice de dissection, que la moelle épinière procédait du cerveau et du cervelet. Malpighi 
écrit pourtant encore: «La moelle épinière est un faisceau de nerfs, qui, en formant le 
cerveau, se divise en deux parties par l’enroulement desquelles sont produits les côtés 
des ventricules, et elle se termine dans l’écorce {tandem in corticem definit), où les extré¬ 
mités des racines des nerfs s’implantent {in quo extremæ nervorum radices implantantur) 
dans les grappes minuscules de ces glandules », c’est-à-dire dans l’écorce cérébrale (59). 
Toutefois, il sort aussi des nerfs de ces glandules : « c’est pourquoi, encore que les 
fibres des nerfs optiques semblent se diriger en avant dans le cerveau et le cervelet, 
pourtant, comme elles adhèrent fortement aux éminences corticales des ventricules, il 
y a apparence qu’elles y ont en quelque manière leurs racines. » 
Les glandules corticales constituant les circonvolutions du cerveau sont de forme 
ovale; aplaties par les autres glandules qui les pressent de tous côtés, elles présentent 
des angles obtus; les espaces interglandulaires sont à peu près égaux. La face externe 
de l’écorce est recouverte par la pie-mère, dont les vaisseaux sanguins pénètrent pro¬ 
fondément dans les circonvolutions. La partie interne ou inférieure de chaque glandule 
émet une fibre blanche, nerveuse (fibram albam, nerveam), qui en est comme le vaisseau 
propre {velutiproprium vas); la claire transparence de ces corpuscules permet de s’en 
assurer. De toutes ces fibres assemblées en fascicules, résulte la substance blanche 
médullaire du cerveau {alba medullaris cerebri substantia). La structure de l’écorce 
cérébrale, Malpighi la compare à celle d’une grenade : les glandes du cerveau sont 
unies et pressées entre elles comme les grains d’une grenade, et les fibres qui sortent 
de chacun de ces grains présentent l’image de celles qui forment la substance blanche 
du cerveau. De même, les dattes représenteraient assez bien cette architecture élémen¬ 
taire de l’écorce. L’écorce du cerveau des poissons et des oiseaux offre la même structure 
de sorte que celle-ci est « la même chez tous les animaux ». La technique microscopique 
de Malpighi pour l’étude de ces glandules était de les examiner, non pas sur un cerveau 
frais, mais cuit (in cocto cerebro, 48, 55). Toute section transversale d’une circonvolu¬ 
tion du cerveau ou du cervelet permet alors de voir les fibres médullaires, ou vaisseaux 
propres des glandules, sortir de ces éléments. La substance corticale des ventricules est 
de même nature que celle de la surface du cerveau. Il en est ainsi pour la moelle allongée 
et la moelle épinière. Dans tout le cerveau et le cervelet, si l’on en excepte les fibrilles 
nerveuses de la substance blanche, il n’y a que des glandules : elles constituent la masse
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.