Bauhaus-Universität Weimar

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CERVEAU. 
des fonctions psychiques, la foi complète en la localisation de ces fonctions dans de 
régions distinctes et déterminées du cerveau, bref, le principe et la doctrine des local- 
sations fonctionnelles du cerveau, étaient donc admis et discutés comme des faits par 
les biologistes, en particulier par les médecins et les chirurgiens, depuis la renaissance, 
dans l’Occident, des études anatomiques et cliniques. 
Les travaux et les découvertes des grands anatomistes du xvie siècle, Sylvius, Charles 
Estienne, Yesale, Fallope, Varole, Servet, présentent un caractère original. Mais la 
physiologie du système nerveux central n’était encore que celle d’HÉROPHiLE et de Galiens. 
Harvey lui-même n’a pas d’autres idées sur les fonctions du système nerveux que celles 
du médecin de Pergame. Jean Fernel (1483-1588), dont la pensée et l’expression sont 
d’une clarté et d’une simplicité vraiment classiques, est un disciple de Platon et d’ERA- 
sistrate égaré à la cour de Henri II. Les trois âmes habitent toujours le foie, le cœur et 
le cerveau; celui-ci est le principe commun des sensations : Sentientis animai propria 
sedes propriumque instrumentum est cerebrum {Da naturali parte medicinæ, libri septem, 
Lugd., 1551, 1. v, c. ix). La moelle dérive de la partie postérieure du cerveau, comme un 
tronc sort d’une racine, et descend par le canal vertébral. Des nerfs partent, ainsi que 
des branches, de la moelle spinale, qui vont dans les membres déterminer le mouvement. 
La faculté suprême du mouvement a son siège dans le cerveau, surtout dans cette 
région postérieure de l’organe que les Grecs ont appelée «apeyxe^aXis ou le cervelet : de 
cette partie proviennent tant la moelle épinière que les nerfs moteurs moventes nervi, 
nerfs durs, à l’exception de quelques-uns qu’émet la partie antérieure du cerveau. Celle-ci 
est, en effet, « le domicile » de l’âme sentante et de toutes ses facultés : c’est de là que 
partent les nerfs du sentiment, sentientes nervi, nerfs mous, qui vont aux organes des 
sens. Les nerfs du toucher sont un peu plus durs que les nerfs des sens spéciaux. Le 
chapitre îx du livre V porte ce titre singnificatif qui indique bien une préoccupation 
constante de tous les anatomiste^, physiologistes et clinicieHs de tous les temps, celle 
de localiser dans l’encéphale les diverses fonctions de l’innervation supérieure : Quam 
unaquæque sentientis animæ facultas sedem habeat, etc. 
La substance molle aussi bien que la substance dure du cerveau est, selon Fernel, le 
siège de la mémoire et sert d’instrument (instrumentum) ou d’organe à la réception ou 
perception des spectres des choses. En parlant des nerfs moteurs, je note que Fernel- 
estime très nettement que ces nerfs, en dépit de leur nom, ne produisent pas le mouve¬ 
ment volontaire; ils ne font que transmettre aux muscles la force efficace, réelle, du 
mouvement : les muscles méritent donc seuls, comme nous l’enseignons aujourd’hui, 
après Meynert, d’êtres appelés les organes propres du mouvement volontaire (musculos... 
propria sunt movendi instrumenta... Motus voluntarii proprium organum est musculus).' 
Des nerfs issus du cerveau, pourquoi les uns servent-ils au mouvement, les autres à la 
sensibilité? Ils ont même origine, et le même esprit animal circule en eux. On répète, 
avec Galien, que les nerfs du mouvement sont durs et mous avec du sentiment; mais 
les nerfs de la « sixième paire », les nerfs vagues, sont beaucoup plus durs que les nerfs 
moteurs des yeux, ou de la « deuxième paire », remarque Fernel. Aussi, pour ces rai¬ 
sons et d’autres encore, s’est-il persuadé que la diversité fonctionnelle des nerfs doit 
être rapportée, non à leur plus ou moins grande dureté ou mollesse, mais à ce qu’il 
appelle leur composition. Voici comment il s’exprime à ce sujet : « Le cerveau est agité 
d’un mouvement incessant, mais il n’est doué d’aucune-sensibilité tactile. Au contraire, 
les méninges qui l’enveloppent sont immobiles par elles-mêmes, surtout la dure-mère, 
mais elles jouisssent de la sensibilité tactile la plus exquise tactu autem eaedem valent 
exquisitissimo » Et ce n’est pas seulement Galien qui le dit : Fernel a pu le constater 
au cours de sa pratique sur des cerveaux dont un traumatisme avait ouvert le crâne. 
D'ailleurs, dans les maladies du cerveau, telles que le délire, il n’existe pas de douleur 
de cet organe; mais la moindre lésion des méninges, causée par une vapeur ou une 
humeur un peu âcre, excite une violente douleur. Voilà qui démontre la nature diffé¬ 
rente du cerveau et des méninges. Or, et c’est ici que Fernel perpétue la doctrine 
d’ERAsisTRATE, les nerfs moteurs proviennent du cerveau » dont la partie postérieure est 
le principe et le siège du mouvement », comme l’antérieure l’est du sentiment, et les 
nerfs sensibles proviennent en grande partie des méninges. Fernel s’élève aussi contre 
1’ « opinion absurde », venue, dit-il, des Arabes, qui situe la mémoire dans le quatrième
        

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