Bauhaus-Universität Weimar

CERVEAU. 
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façon, pour Galien, partie de l’encéphale; elle n’est pas, dit-il, rattachée à l’intérieur du 
ventricule, mais seulement à l’extérieur, et ne se meut pas par elle-même : c’est une 
simple glande. Elle ne peut donc, en dépit de sa position favorable, ouvrir ou fermer tour 
à tour le canal. Ce sont là des suppositions d’un esprit ignorant, s’écrie Galien, qui nie 
l’art de la nature, laquelle ne fait rien sans but, et qui refuse de s’instruire (De l’util. des 
parties, VIII, xiv). 
L’air, venu des narines parles processus mamillaires (nerfs olfactifs) et par les trous 
de l’ethmoïde, se mêle, dans les ventricules latéraux, aux esprits vitaux remontant du 
cœur à ces ventricules par les artères. Là, dans ces ventricules supérieurs ou antérieurs, 
s'élaborent pour le cerveau les esprits animaux, et le pneuma psychique trouve son ori¬ 
gine dans le pneuma vital venu du cœur par les artères (Ibid., IX, iv). Les artères de l’en¬ 
céphale, dont la direction est ascendante, laissent échapper le pneuma parfaitement éla¬ 
boré dans ce que Galien appelle le plexus réticulé, le « rets admirable », lequel n’existe 
d’ailleurs pas chez l’homme. Le cerveau est animé d’un double mouvement, diastolique 
et systolique : le premier favorise l’arrivée de l’air et des esprits vitaux dans les ventri¬ 
cules; par l’effet du second les esprits animaux sont distribués aux nerfs. 
On a vu que le pneuma psychique est répandu dans tout l’encéphale et dans les 
nerfs qui en tirent leur principe (Util. desparties, VIII, xm), et non pas seulement dans les 
ventricules. Galien aurait-il varié relativement au siège de la fabrique des esprits ani¬ 
maux et, des ventricules, le domicile de ces esprits aurait-il été transféré par le médecin 
de Pergame dans ce que nous appellerions parenchyme du cerveau et du cervelet? Cela ne 
me paraît point exact. Aussi bien voici le texte du passage invoqué : « Il vaut mieux 
penser que l’âme habite dans le corps même du cerveau (lv aùvto piv xö swpaxi tou 
iyxsçàXou ttjv ^u'/rjv olxeîv),... mais que son premier organe, et pour toutes les sensations et 
pour tous les moments volontaires, est le pneuma. » Or ce pneuma est toujours engendré 
dans les ventricules du cerveau, et c’est même pourquoi une grande quantité d’artères 
et de veines s’y terminent, origine des plexus choroïdes. « Le pneuma des artères est 
appelé vital, celui du cerveau psychique, non parce qu’il serait la substance de l’âme, mais 
parce qu’il est le jtpwxov op-javov de l’âme qui habite dans le cerveau, quelle que soit d’ail¬ 
leurs la substance de celle-ci. » Selon la doctrine authentique de Galien, le pneuma psy¬ 
chique est donc toujours engendré dans les ventricules du cerveau (De Hippocr. et Plat, 
plac., VII, m). « J’appelle pneuma psychique, dit expressément Galien, le pneuma des ven¬ 
tricules du cerveau, qui est le premier organe servant à l’âme pour envoyer, dans toutes 
les parties du corps, la sensibilité et le mouvement. » (Des lieux aff., IV, m.) Des ventri¬ 
cules antérieurs, le pneuma psychique arrive, élaboré, par un canal, dans le ventricule 
du cervelet (4e ventricule), ventricule qui devait être, estimait Galien, nous le répétons, 
d’une grandeur considérable, et qui l’a trouvé tel en effet (Util. des parties, VIII, xi. 
Cf. de Hipp. et Plat, pi., VIII, ni), car tous les nerfs du corps dérivent ou du parencéphale 
(cervelet) ou de la moelle épinière. Hérophile avait, pour cette raison, considéré ce ven¬ 
tricule comme le plus important (xupicoxépav xotXîav) ; après Aristote, il nommait le cer¬ 
velet parencéphale; Erasistrate l’appelait encrane (ipcpavfc;). Le ventricule du cervelet est 
pourtant moins grand que les ventricules antérieurs (Util. des parties, VIII, xii). 
Quant à l’âme raisonnable, la troisième âme, r\ XoyigtixÎ] ^u'/rf, qui préside aux sensa¬ 
tions et aux actions volontaires, elle a toujours, chez Galien, habité le cerveau. A cette 
époque déjà, le siège de la partie directrice de l’âme (xô x^ç t}»u-/îjç fiyspiovouv) avait beau¬ 
coup varié dans les écrits des philosophes, des anatomistes, des physiologistes et des 
médecins. C’était surtout entre la tête et le cœur que les systèmes oscillaient. Alcméon. 
Pythagore, Démocrite, Platon, Straton, Hérophile, Erasistrate avaient localisé ce principe 
soit dans la tête ou dans le cerveau, soit dans les méninges, soit dans les ventricules. 
Mais Hippocrate et les Hippocratistes, Empédocle, Parménide, Diogène, Aristote, Chry- 
sippe, les Stoïciens, Epicure, étaient restés attachés à l’antique tradition du genre hu¬ 
main, qui situe dans le cœur et dans le sang, bref dans les organes thoraciques, depuis la 
tête jusqu’au diaphragme, le siège et le domicile de l’âme (Galien, Util. desparties, I, îx; 
De hist.phil., Kühn, xix, 315). Galien ne pouvait hésiter, non plus, à l’entendre, qu’aucun 
médecin instruit de son temps. Un point sur lequel physiologistes et philosophes devaient 
tomber d’accord, c’est que là où est l’origine des nerfs, là est le siège du pouvoir cen¬ 
tral de l’âme, oîtoutcov vsûpwv 7] apy/f, ivxaù'ôa xai xo xfjç ^uy.fjç (De Hippocr, et Plat.,
        

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