Bauhaus-Universität Weimar

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CERVEAU. 
aTcavTiwv tûv xa0’ ôpfjur)v xivi)<ï£wv (De Hipp. et PI. plac., I, Kühn, 186). C’est, on le voit, au 
11e siècle, une des expériences célèbres de La Peyronie. 
Que par ses expériences sur les animaux vivants et par ses observations de clinicien 
pénétrant et profond, Galien ait fait avancer la physiologie comme science de l’usage des 
organes; qu’il ait, dès cette époque, montré que les fondements véritables de la médecine 
sont l’expérimentation physiologique et l’observation clinique, c’est un mérite assez rare 
pour expliquer l’extraordinaire fortune des doctrines galéniques dans le monde entier. Le 
chapitre de Galien sur l’épilepsie (Des lieux affectés, III, îx), entre beaucoup d’autres 
consacrés à la pathologie mentale et nerveuse, est admirable, même après le traité De la 
maladie sacrée. On n’a jamais décrit avec plus de précision et de sûreté les lésions des 
sens et de l’intelligence de cette grande affection du cerveau (xav’auTov lyxéçaXov î) toutou 
tou rcâôouç loTt yéveatç) durant les paroxysmes convulsifs. 
Mais ce grand médecin, qui «jamais n’abandonne la pratique pour l’étude, ni l’étude 
pour la pratique », fut en somme un penseur assez médiocre. La recherche de l’utilité 
des parties des animaux constitue pour lui, comme il le proclame, le principe d’une 
« théologie parfaite » (XVII, 1). Confiné dans les vues étroites d’un utilitarisme qui rap¬ 
pelle celui de Socrate, la téléologie organique de Galien, presque toujours puérile, n’a 
que de très lointaines affinités avec celle d’ARisTOTE. Cause-finalier et esprit religieux, 
exaltant à tout propos la sagesse et la prévoyance des dieux, et découvrant dans le 
monde le gouvernement d’une providence, Galien, alors même qu’il les invoque, et 
croit vivre de leur pensée, n’a rien de la froide et solide raison de Platon, d’ARisTOTE ni 
de Théophraste. Ce médecin consommé, cet expérimentateur hors ligne, avec son goût 
intempérant de polémique, avec son intolérance doctrinale, ses déclamations de rhé¬ 
teur agité et bruyant, avait bien plus l’étoffe d’un professeur que celle d’un savant et 
d’un philosophe. Philosophe, Galien ne l’est pas, car sur toutes choses il possède des 
lumières particulières; il est, comme un prêtre, dans le secreL des dieux; il applique 
aux phénomènes de la nature entière une explication, toujours la même, de croyant 
enthousiaste. Savant, il le serait, s’il suffisait pour cela d’être un grand érudit, un esprit 
toujours en éveil, un travailleur infatigable. Mais le savant est moins celui qui sait que 
celui qui comprend. Le monde n’est pas pour lui un mystère, mais un problème éternel 
et infini. Pour Galien, le monde était un vaste théâtre dont un impresario divin se don¬ 
nait le spectacle après en avoir tout réglé avec un art admirable ; on l’eût dit constam¬ 
ment dans les coulisses de cet imprésario. 
Galien, qui « n’a jamais disséqué que des animaux » (Daremberg, Expos, des conn, de Ga¬ 
lien sur Vanat.,laphys.et lapathol. du syst.nerv.,Th. Paris, 1841),a peu fait pour l’avancement 
de la connaissance du cerveau de l’homme. Pierre Camper, après Raymond Vieussens, a 
démontré, contre Eustache, que Galien n’a jamais disséqué de cerveaux humains (P. Cam¬ 
per, De VOrang-Outang, Œuvres, I, 22 sq.,43. R. Vieussens, Nevrogr. univers., Lugd., 1684, 
141; cf. Ch. Richet, Phys, des muscles et des nerfs, 503), mais des cerveaux de singes, 
d’ours, de chiens, etc. Il n’avait même pas à Rome, comme il en aurait eu à Alexandrie, 
d’ossements humains, ainsi qu’il en témoigne en ses Préparations anatomiques. C’est donc 
presque uniquement sur ces mammifères, sur les singes en particulier, que Galien s’est 
exercé à l’anatomie. Il ne témoigne nulle part d’avoir disséqué un cadavre humain, 
mais il exhorte sans cesse ses auditeurs à faire sur les animaux, sur les singes, comme il 
l’a fait(ei8ov... h tivoç avaTotArj ntOrJxou, etc.), ces études pratiques de dissection qui peuvent 
seules permettre, au cas où ils trouveraient l’occasion d’autopsier un cadavre humain, 
de se reconnaître promptement sur ce cadavre. Faute de cette préparation, les médecins, 
en présence du corps d’un soldat ennemi, par exemple, tué sur le champ de bataille, ne 
savent rien voir ni reconnaître. Des observations fructueuses de ce genre ont souvent pu être 
faites,au témoignage exprès de Galien, sur «le corps de ceux qui étaient condamnés à mort 
ou exposés aux bêtes (tüjv te yàp im ôavaTio xaTaxpiôÉVTtov xa'i 07)p'ioi; 7tapaßX7)0£VTtov... iv toÏç 
awpiacji) » et sur les brigands gisant sans sépulture. Ceux, ajoute Galien, qui dissèquent 
fréquemment des cadavres d’enfants exposés « savent combien la structure de l’homme 
et celle du singe se ressemblent ».Enfin, une autre source d’enseignement de ce genre, 
pour le médecin, ce sont les cas de grands traumatismes, de vastes destructions des tégu¬ 
ments, etc., qu’on observe en clinique (De anatom, administr., III, v, ix. Kuhn, ii, 384, 
396). Ces indications assez brèves, mais topiques, n’affirment ni n’infirment la pratique
        

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