Bauhaus-Universität Weimar

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CERVEAU. 
la diversité et le siège dislinet correspondent à l’hétérogénéité et à l’indépendance des 
fonctions psychiques proprement dites, c’est-à-dire des fonctions de l’écorce du cerveau 
antérieur. Dès 1861, « le principe des localisations cérébrales » paraît à Paul Broca 
fondé et à jamais établi sur « l’anatomie, la physiologie et la pathologie cérébrales ». 
Quant à la théorie actuelle des localisations cérébrales, telle qu’elle a été constituée par 
les travaux de Fritsch et Hitzig, David Ferrier, Hermann Munk, Luciani, Charcot, Exner, 
elle est née de la découverte de l’excitabilité de la substance cérébrale au moyen de 
l’électricité ; elle date de 1870, et relève surtout de l’expérimentation physiologique et 
de la méthode anatomo-clinique. 
II. Premiers philosophes grecs. — Alcméon (vers 500), médecin de Crotone, qui le 
premier aurait fait des dissections et des vivisections,'fut aussi sans doute l’un des pre¬ 
miers qui, chez les Grecs, ait localisé dans le cerveau les sensations et la pensée L Ce jeune 
contemporain de Pythagore était célèbre dans sa patrie par ses études d’anatomie et de 
physiologie, par la découverte de la structure et des fonctions des nerfs optiques et du 
canal qu’on devait désigner du nom de trompe d’EusTACHE, non moins que par ses recher¬ 
ches sur la formation et la nutrition du fœtus dans l’utérus ; il croyait, comme Anaxagore, 
que la tête se forme la première dans l’embryon, sans doute parce que, dans la tête^est le 
cerveau, principe du sentiment et du mouvement, siège de l’âme (èv xw ÈYxsçâXw etvai xo 
fjyepvixov), auquel arrivent toutes les sensations par l’intermédiaire des canaux (rcdpot) 
qui partent des organes des sens (Théophr., De sensu, iv, § 26). Alcméon est probablement 
l’auteur de la plus ancienne physiologie des sensations; on connaissait d’ALCMÉON une 
théorie de l’audition, du goût, de l’odorat; il aperçut clairement les rapports, l’étroite 
liaison des sensations avec le cerveau. La condition anatomique de ces rapports, les 
canaux ou conduits (rcopoi), ce sont les nerfs, dont la nature propre devait être, pendant 
plusieurs siècles encore, profondément ignorée. Hérophile et Érasistrate, aussi bien que 
Galien, Rufus d’Éphèse, Celse, Arétée, nommaient habituellement les nerfs de sensi¬ 
bilité îîdpoi; ils les confondaient avec les tendons et les ligaments (veupa) ; Némésius, le 
premier, établit plus nettement la distinction entre tendons et nerfs. Mais, pendant 
toute l’antiquité, les nerfs conserveront le nom que leur donne Alcméon. Pour Démocrite 
aussi, comme pour Heraclite et Empédocle, les sens sont essentiellement des canaux 
ouverts entre le monde extérieur et le cerveau; pour DioGÈNE d’Apollonie, ce sont des 
veines (?Xe6(a) : c’est par ces conduits, comme s’exprimait Alcméon, que se produisent 
les sensations (8i’  
Il paraît bien que c’est à ce physiologiste que pensait Platon lorsque, dans le Phédon 
(96 B), Socrate, faisant un retour vers ses anciennes études sur la nature, qui avaient 
dû être bien superficielles, demande, avec une ironie non moins superficielle, « si c’est 
le sang qui fait la pensée, ou l’air, ou le feu, ou aucune de ces choses, mais le cerveau, 
qui nous procure les sensations de l’ouïe, de la vue, de 1 odorat ; si, de ces sensations 
(aîaôrjaeiç) naissent la mémoire et l’opinion (gv^ xaï 86Ça), et, de la mémoire et de 
l’opinion, arrivées au repos, la science (Èr:iox7Î[jLri) ». Les anciens qui ont considéré le 
cerveau comme l’organe central des perceptions des sens sont, en dépit de toute vrai¬ 
semblance, extrêmement peu nombreux. Aristote qui, ainsi que Platon, semble avoir 
tiré des écrits d’ALCMÉON beaucoup plus de faits et de doctrines qu’on ne l’avait cru, ne 
1. Fragmenta philosoph. græc. (Mullach), ii, lv, p. 114, et p. 233, le texte de Chalcidius, 
Comment, in Timæum, ccxliv. Alcmaeus Crotoniensis, in physicis exercitatus, quique primus 
exsectionem aggredi est ausus. Galien. De hist, philos., Kühn, xix, 222 sq.
        

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