Bauhaus-Universität Weimar

CATALEPSIE. 
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L’état cataleptique du muscle nous apparaît donc, en dernière analyse, comme un 
phénomène de suggestion. Chaque mouvement qu’on imprime au muscle détermine une 
vraie petite suggestion qui dure tant qu’une nouvelle suggestion ne viendra pas / 
l’effacer. Or, ici, la nouvelle suggestion, c’est un nouveau déplacement musculaire. La 
volonté est impuissante à faire mouvoir ce muscle faiblement contracturé, et il faut une 
nouvelle excitation extérieure, qui est une sorte de suggestion névro-musculaire, pour 
amener un changement d’état. 
Ainsi l’hypnotisme réalise expérimentalement le fait de l’aboulie partielle, ou rétré¬ 
cissement du champ de la conscience, et par conséquent il a créé une sorte de diathèse 
cataleptique. 
Catalepsie chez les animaux* — La catalepsie chez les animaux se confond avec 
ce que Preyer a décrit sous le nom de Cataplexie. Nous n’avons pas à rappeler ces expé¬ 
riences, qui seront décrites avec les détails nécessaires à l’article Hypnotisme. Disons seu¬ 
lement en quoi consistent les principaux phénomènes. On verra que l’état cataleptique 
domine. 
Si on fixe sur une planche en face d’une raie brillante, une [poule, ou un lapin, [ou 
un cobaye, l’animal semble comme frappé de stupeur (A. Kircher, 1685). Il ne peut plus 
se mouvoir, et conserve sans résistance les positions les plus étranges [qu’on lui inflige. 
On peut donc dire que ses muscles sont cataleptiques ; mais cet état ne persiste que 
tant que l’animal reste ainsi abruti par la terreur. S’il revient à lui, s’il reprend sa spon¬ 
tanéité, la catalepsie disparaît. 
Les paupières sont ouvertes ou demi-closes, et cependant le clignement n’est pas 
totalement aboli, comme si le clignement relevait de la vie végétative plus que de la 
vie animale. Les mouvements de déglutition et de respiration sont intacts. Il y a paralysie 
du mouvement volontaire des muscles de la vie animale, ou plutôt, si l’on peut se servir 
de cette expression, paralysie du pouvoir de relâchement des muscles. 
Il suffît même, pour obtenir des effets analogues, de placer sous l’aile la tête d’un 
canard (ou d’une poule), après l’avoir quelque temps balancé. Une sorte de demi-sommeil 
lufTera clore à moitié les paupières, et on pourra pendant quelques secondes, voire même 
pendant quelques minutes, le garder ainsi immobile, sans qu’il puisse, ou, ce qui revient 
au même, sans qu’il veuille se déplacer de la position qu’on a donnée à ses membres. 
On voit très bien, par cette simple expérience, la relation qui réunit la catalepsie avec les 
phénomènes de l’innervation cérébrale. A mesure que le cerveau paralysé pour une 
cause ou une autre, — et dans l’espèce, il est paralysé par une excitation périphérique 
assez forte, —ne peut plus exercer soninfluence sur les muscles, le.muscle devient cata¬ 
leptique. Reste toujours, à la vérité, pour expliquer l’état de contraction, une influence 
cérébrale qui agit encore, mais c’est une influence cérébrale provoquée, non spontanée, 
déterminée par une incitation réflexe musculaire locale; ce n’est plus cette action d’en¬ 
semble, contraction et relâchement dus à l’action du cerveau vibrant dans sa totalité et 
la plénitude de sa puissance, que nous appelons spontanéité ou volonté. 
En résumé, de cette discussion nous pouvons conclure que l’état cataleptique est 
provoqué par l’impuissance du cerveau à résister aux excitations réflexes transmises 
mécaniquement aux muscles. Le mouvement et le relâchement volontaires sont égale¬ 
ment paralysés. 
Catalepsie dans les intoxications. — Puisque la catalepsie dépend d’un trouble 
de l’innervation cérébrale, il devait y avoir dans certaines intoxications par des poisons 
psychiques apparition de ce phénomène. Cependant, il est fort rare (si tant est même 
qu’il existe, sauf un cas douteux d’ALFONSKi, 1885), après le chloroforme chez l’homme, peut- 
être parce qu’on ne l’a guère cherché. Mais Tarchanoff (1895), dans ses ingénieuses expé¬ 
riences sur les grenouilles chloroformées, a parfaitement noté de curieux phénomènes, 
qui ressemblent tout à fait à la catalepsie. Au moment où commencent à se dissiper les 
effets du chloroforme, les grenouilles ont des attitudes bizarres, et, pendant un temps 
assez court, elles présentent un état cataleptique très net. On sait qu’alors elles ont aussi 
des hallucinations. 
Rapport de la catalepsie avec la rigidité cadavérique. — Dans certains cas 
extrêmement rares, la rigidité cadavérique survient au moment même de la mort. Par 
exemple, sur les champs de bataille, on a noté quelquefois que les cadayres avaient l’atti-
        

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