Bauhaus-Universität Weimar

38 
BAROMÉTRIQUE (Pression). 
froid. C’est pourquoi ces individus tombent vite dans une espèce de léthargie avec perte 
de la connaissance et un manque absolu de sensibilité générale. Lorsque l’expérience 
de l’ascension aérienne a été réalisée en très peu de temps, les accidents sont encore 
plus graves. C’est assez exactement ce qu’on observe chez les animaux soumis à une 
brusque diminution de pression dans les cloches du laboratoire. 
Mais en somme les ascensions en ballons n’ont pas fait avancer grandement l’inter¬ 
prétation des phénomènes barométriques et personne n’a pu se livrer, dans la nacelle 
d’un ballon, à l’expérimentation nécessaire pour arriver à bien comprendre le méca¬ 
nisme de ces accidents. Sitôt qu’on dépasse les limites de la région respirable, l’homme 
est incapable de toute initiative, et plus encore d’une recherche scientifique, si insigni¬ 
fiante qu’elle soit. 
Mal de montagnes. — On désigne sous le nom de mal de montagnes l’ensemble 
des modifications présentées par les excursionnistes lorsqu’ils gravissent des hauteurs 
considérables. Depuis le seizième siècle, époque à laquelle le célèbre jésuite espagnol 
Acosta fit observer l’actioirnuisible que l’air des lieux élevés exerce sur l’organisme, 
d’innombrables explorateurs se sont donnés à l’étude de cette intéressante question. 
C’est à partir de ce moment qu’on a commencé à comprendre le rôle immense que la 
pression joue dans les diverses fonctions de la vie des êtres. Le livre de P. Bert 
contient un recueil presque complet de toutes les ascensions faites dans un but scien¬ 
tifique jusqu’au jour de sa publication. Nous tâcherons de parler ici surtout de celles 
qui ont été réalisées plus tard. 
Les symptômes du mal de montagnes se rapprochent beaucoup de ceux du mal aéro¬ 
nautique et des phénomènes constatés chez les animaux soumis à la dépression expéri¬ 
mentale. Les petites différences qu’on observe tiennent d’une part à l’influence de la 
fatigue et d’autre part à la relative lenteur avec laquelle s’effectue l’ascension. 
Le premier indice de l’apparition du mal est la sensation d’une fatigue extrême, fati¬ 
gue qui, comme le disait P. Bert, n’est pas en rapport avec les efforts accomplis. Les 
voyageurs appellent cette étrange faiblesse du nom classique de « coup aux genoux ». 
Presque en même temps, la respiration devient courte et anhélante, le nombre des mou¬ 
vements respiratoires augmente considérablement, le cœur bat vite ; et le pouls, tout en 
étant plus fréquent, diminue en force et en ampleur, se faisant dicrote et dépressible. Ces 
phénomènes ont été constatés par l’immense majorité des ascensionnistes, mais ils ont 
été mis en relief plus spécialement par les tracés graphiques de Lortet et de Chauveau. 
Lorsqu’à ce moment l’individu suspend sa course, s’asseoit, ou se couche parterre, tous 
les symptômes disparaissent comme par enchantement: le cœur reprend son rythme 
habituel, la respiration se régularise, le sentiment de la force revient, et, au bout de 
quelques minutes le voyageur inexpérimenté, se croyant guéri de tous ces malaises, 
reprend avec confiance sa marche ascensionnelle. C’est alors que les accidents acquièrent 
réellement un caractère de gravité considérable. 
On peut dire que toutes les fonctions de l’organisme sont plus ou moins atteintes. 
Dans le domaine de la digestion ce sont la soif exagérée, le dégoût pour les aliments, 
les nausées, les vomissements et la diarrhée qui tourmentent le plus l’individu. Dans la 
respiration, c’est l’oppression tenace et le besoin insatiable d’air qui troublent profon¬ 
dément le jeu normal des organes pulmonaires. Quelquefois, à la phase d’accélération 
respiratoire, tenant à l’excitation des centres bulbaires, succède un arrêt momentané des 
actes de la respiration, lequel provoque à son tour un essoufflement complet. « On étouffe » 
disent souvent dans leurs récits les nombreux explorateurs. En attendant, le cœur, qui 
bat 138 ou 140 fois par minute, commence à devenir irrégulier, perd peu à peu sa force 
contractile et tombe bientôt dans la syncope. La pression sanguine baisse, et la circu¬ 
lation est gravement entravée. La peau et les muqueuses sont en effet d’une pâleur 
remarquable. Il n’est pas rare de voir se produire des hémorrhagies du nez, du pou¬ 
mon, des yeux, des lèvres, des oreilles et de l’intestin, qui résultent de la paralysie 
vaso-motrice. C’est, ainsi qu’on peut le supposer, dans la sphère de l’innervation que se 
passent les troubles les plus importants. Les maux de tête sont dès le début violents et 
insupportables; mais bientôt ils sont suivis de toutes sortes d’altérations sensorielles 
qui jettent dans le désespoir l’individu qui les endure. En effet, le bourdonnement 
d’oreilles, la diminution du goût et de l’odorat, l’affaiblissement de l’ouïe et les
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.