Bauhaus-Universität Weimar

CASTRATION. 
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d’autant plus à craindre que les antécédents héréditaires du sujet le prédisposent 
davantage aux troubles mentaux. La forme d’aliénation qui paraît être la plus fréquente 
est la mélancolie, à des degrés divers ; mélancolie anxieuse, avec stupeur, refus des 
aliments, etc. On a observé aussi des accès d’agitation et de manie aiguë. Il est intéres¬ 
sant de constater que parfois ces troubles cérébraux" ont succédé aune ovariotomie 
unilatérale (Bryant, d’après Barwelle, 1885), ce qui pourrait faire supposer que chez la 
femme, comme chez l’homme, une grande Jpart doit être accordée aux regrets qu’é- 
pi’ouvent les malades et à l’obsession qui en est la conséquence. 
Influence de la castration sur les animaux. — Chez les animaux domestiques 
l’étude des modifications produites par la castration est des plus suggestives ; car, étant 
complètement à l’abri de toute influence psychique et morale, les sujets se présentent à 
l’observation dans des condititions naturelles, qui, vu l’abondance des cas, peuvent apporter 
un appoint sérieux à l’influence des organes génitaux sur les grandes fonctions. 
D’une façon générale, il faut retenir que, par suite de l’émasculation, le mâle est 
poussé vers leféminisme, tandis que réciproquement, bien qu' enqardant beaucoup mieux 
que lui les attributs de son sexe, la femelle a des prédispositions à prendre certains 
caractères du mâle. 
C’est toujours une tendance du sujet châtré vers une conformation intermédiaire 
qui fait de lui ce qu’il est réellement, c’est-à-dire un neutre. Mais là encore l’influence 
de l’âge est importante, et il faut bien s’attendre à ce que les modifications morpholo¬ 
giques et physiologiques soient moins accusées à la suite d’une castration tardive 
qu’après une castration précoce. 
Influence de la castration sur les animaux mâles. — Opérés jeunes, avant 
qu’ils aient acquis leurs formes définitives, les animaux semblent subir une sorte d’arrêt 
dans leur développement; les caractères décrits plus haut, comme distinctifs du sexe 
mâle, n’apparaissent pas, et le sujet prend, quant à sa conformation, des apparences 
qui le rapprochent de la femelle. 
Le train antérieur reste étroit pendant que les parties postérieures s’élargissent ; la 
tête s’allonge, reste fine et légère ; l’encolure s’amincit, les rayons osseux prennent 
plus de longueur, de telle sorte que, dane l’ensemble, les formes sont moins trapues, 
moins ramassées. 
Le système tégumentaire est aussi modifié chez l’animal châtré : la peau est fine, les 
crins et les poils sont moins fournis et moins rudes. Par exemple, le mouton qui a été 
châtré jeune fournit une laine dont le poids est intermédiaire entre celle du mâle et 
celle de la femelle ; par ses qualités, elle se rapproche plus de celle de la brebis que de 
celle du bélier (Cornevin, Ch, 1891, 217). Chez le chapon on sait que les plumes de la 
queue, au lieu de se relever et de se courber en faucille, restent horizontales. Les 
cornes, dans les espèces qui en sont pourvues, subissent aussi les effets de l’émas¬ 
culation. Chez le mouton, l’arrêt de développement est complet, et les cornes ne poussent 
pas, à moins que l’opération ait été pratiquée tardivement; dans ce cas, elle arrête la 
pousse au point où elle en était et s’oppose à tout accroissement ultérieur. Chez les 
bovins, qu’elle soit pratiquée dès le jeune âge ou plus tard, la castration n’entrave 
point l’accroissement de la corne, mais celui-ci ne se fait plus dans le même sens; 
l’élongation, chez le bœuf, l’emporte de beaucoup et devient le triple de ce qu’elle est 
chez le taureau. C’est ce dont on peut se rendre compte à l’examen du tableau suivant 
que nous empruntons à Cornevin (1891, 219). Dans ce tableau se trouvent consignées 
des observations faites sur deux taureaux de race schwitz, âgés l’un et l’autre de vingt- 
et-un mois. 
Chez les animaux, la castration modifie aussi les caractères et le timbre de la voix. 
Parfois elle a pour conséquence de rendre les sujets silencieux, non pas d’une façon 
absolue, mais au moins dans les circonstances où les mâles de leur espèce ont coutume 
de faire entendre leur cri di'slinctif; c’est ce qu’il arrive au cheval hongre et surtout au 
chapon. D’autre part,ily a des différencesfort appréciables entre lehennissementfaibledu 
cheval hongre et le timbre de voix, sonore et aigu, du cheval entier; entre le beugle¬ 
ment du bœuf et le mugissement du taureau. Dans tous les cas, il y a diminution 
de la force, de la sonorité, de l’ampleur et du vibrant de la voix chez les animaux 
émasculés.
        

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