Bauhaus-Universität Weimar

478 
CASTRATION. 
et leur réveil physiologique, les differences entre les jeunes individus des deux sexes ne 
sont pas ou sont à peine appréciables. 
D’après ces quelques faits, on saisit loule l'importance du retentissement des appa¬ 
reils sexuels sur l’organisation générale et la physiologie des êtres; mais il ne faut pas 
oublier que les modifications organiques concomitantes du réveil de l’activité des glandes 
génitales ne font qu’accuser la différenciation des sexes, et, comme nous le disions 
plus haut, ne doivent que contribuer à forcer les rapprochements en exagérant les 
contrastes. 
On peut donc prévoir que ces modifications et ces différenciations, qui n’ont leur 
raison d’être qu’autant que les sujets sont pourvus de testicules ou d’ovaires, subiront 
des déviations profondes, dans leur évolution et leurs caractères, quand les glandes 
feront défaut ou seront supprimées. 
Chez tous les animaux, la privation des organes reproducteurs entraîne des chan¬ 
gements variés et nombreux sur les éléments constitutifs divers, sur le caractère, la 
conformation extérieure et le tempérament général de l’individu; ceci provient de ce 
que les forces nutritives et vitales, principalement dirigées, dans les conditions nor¬ 
males, vers la fonction à laquelle est confiée la conservation de l’espèce, prennent, après 
la castration, une direction différente et se concentrent tout entières sur les fonctions 
d’essence exclusivement individuelle. 
Naturellement, à ce point de vue, la castration a une influence plus ou moins 
marquée suivant qu’elle est pratiquée chez de très jeunes sujets, avant le réveil de 
l’activité des glandes sexuelles, ou bien suivant qu’elle est pratiquée tardivement, 
lorsque les organes sont complètement développés et ont même fonctionné. 
Dans le premier cas, les sujets châtrés sont vraiment des neutres, en ce sens qu’au¬ 
cune des modifications organiques, caractéristiques de la sexualité, n’a pu seulement être 
ébauchée, tandis que dans le second, il y a forcément conservation de quelques carac¬ 
tères sexuels qui, bien qu’atténués, sont encore persistants. 
Une autre cause pouvant permettre d’expliquer en partie les conséquences de la 
castration se trouve dans les faits relatifs aux sécrétions internes. 
En effet, lorsque Buown-Séquard (1869) eut établi que toutes les glandes, pourvues 
ou non de conduits excréteurs, donnent au sang des principes utiles dont l’absence se 
fait sentir après leur extirpation ou leur destruction; lorsque, dans la série de travaux 
qu’il a publiés, de 1889 à 1893, cet auteur eut en quelque sorte apporté une preuve de 
la valeur de la sécrétion interne du testicule, en exposant les résultats thérapeutiques 
de la médication orchitique, on crut avoir trouvé la clef des multiples effets produits 
par la castration. 
Il est vrai que, bien avant ces travaux, on avait déjà pensé à une résorption partielle 
des sucs testiculaires et à leur influence favorable sur la nutrition, mais on ne parait 
pas y avoir ajouté autant d’importance que dans ces dernières années. 
Etablissant une comparaison entre l’invigoration produite par les injections de suc 
testiculaire et la débilité physique et morale des castrats et des eunuques, on a cru 
voir dans les suites de l’émasculation une conséquence d’un arrêt de développement et 
d’un ralentissement des fonctions nutritives, par défaut de stimulant interne (Éloy, 
Th. 1893). Dans une certaine mesure, la chose est admissible; mais, si une' bonne part 
doit être accordée à cette explication, s’il est prouvé que le produit de la sécrétion interne 
testiculaire exerce sur la nutrition générale une action stimulante qui imprime à tous 
les systèmes une puissante impulsion vitale,, il ne faut pas en exagérer la valeur. 
On ne doit pas oublier que les glandes génitales ne sont pas des organes essentiel¬ 
lement destinés à avoir des rapports étroits avec les fonctions de nutrition. Bien au 
contraire, toute leur influence doit s’exercer en vue de concourir à la seule fonction de 
repröduction; les caractères organiques et physiologiques différentiels que l’on voit se 
développer chez les êtres vivants, par le fait de leur activité, ne font que compléter la 
sexualisation.. 
En tant que glandes jouissant de la fonction, commune à tous les tissus, de fournir 
au sang des principes utiles, le testicule et l’ovaire doivent trouver des suppléances, 
mais comme organes essentiels et distinctifs de la sexualité , il n’en est pas de même. 
L’influence qu’ils exercent de par leqr sécrétion interne, variable suivant les espèces,
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.