Bauhaus-Universität Weimar

BULBE. 
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ment à provoquer, par des excitations mécaniques ou électriques des nerfs sensibles, des 
mouvements respiratoires réflexes chez des animaux, de préférence très jeunes, auxquels 
on n’a pas administré de strychnine. Dans ces mêmes conditions il a observé également 
des séries de mouvements respiratoires spontanés, quand après la section du bulbe il 
suspendait par intervalles l’insufflation pulmonaire.il recommande, pour réussir dans ce 
cas, de ne s’adresser autant que possible qu’à des animaux nouveau-nés ou âgés d’un jour 
ou deux seulement : la respiration qu’on observe chez ces derniers est lente, tout à fait 
régulière et rappelle celle qui s’établit après la section des pneumogastriques. 
Aux physiologistes qui ont observé le retour de la respiration chez les animaux nou¬ 
veau-nés, il faut ajouter encore Landois (T. P.), Rouget (A. de P. 1889, 336). Les faits 
négatifs tels que ceux qui ont été rapportés par Heinricius (Z. B., xxvi) ne prouvent 
qu’une chose, c’est que le phénomène n’est pas constant. 
On peut en dire autant d’une observation de Kehrer (Z. B., 1891, 450, x). Un enfant 
nouveau-né auquel on avait été obligé de perforer le crâne et de broyer la masse céré- 
trale, pour permettre son expulsion, s'était remis néanmoins à respirer régulièrement : 
la moelle allongée était restée intacte avec des débris des pédoncules cérébelleux et 
de la protubérance. De plus l’excitation de la région palmaire ou plantaire provoquait 
des mouvements réflexes dans les extrémités correspondantes. Une [section transversale 
faite avec des ciseaux au milieu du calamus scriptorius n’eut aucune influence ni sur la res¬ 
piration ni sur les réflexes. Mais une deuxième section faite à un centimètre en arrière, 
à l’extrémité postérieure du calamus, amena la disparition complète des mouvements 
respiratoires, ainsi que celle des réflexes des membres. Cette observation me paraît particu¬ 
lièrement intéressante, parce qu’elle vient à l’appui de ce que dit Brown-Séquard du pou¬ 
voir inhibitoire de ce point spécial du bulbe. 
Remarquons en effet que ce ne sont pas seulement les mouvements respiratoires qui 
s’arrêtent complètement, mais aussi les mouvements réflexes des membres. Kehrer pré¬ 
sente, à propos de ce cas, les raisons qui doivent faire rejeter la théorie de l’inhi¬ 
bition : il oublie toutefois ou plutôt il méconnaît ce dernier détail, si significatif. Son 
observation l’amène à conclure que, chez l’homme comme chez les animaux, le centre 
respiratoire a son siège immédiatement au-dessous de la pointe du calamus scriptorius : 
mais il faut aller plus loin et dire alors que les centres réflexes des membres supérieurs 
et inférieurs ont leur siège au même niveau. C’est en effet ce que semble admettre 
Kehrer. On peut bien discuter, il est vrai, sur l’existence à ce niveau d’un centre coordina¬ 
teur des réflexes; mais ce n’est pas de cela qu’il est ici question. Si les mouvements pro¬ 
voqués dans le membre postérieur par l’excitation de la région plantaire sont arrêtés 
par la section du calamus, c’est qu’incontestablement l’opération a retenti jusque sur 
la moelle lombaire elle-même pour inhiber ses fonctions. Si j’ai insisté sur cette obser¬ 
vation, c’est que, loin de contredire l’opinion de Brown-Séquard, elle me paraît des plus 
propres à la confirmer. 
Cependant, contre les résultats obtenus par Langendorff chez l’animal nouveau-né, on 
a fait valoir qu’ils ne pouvaient s’appliquer à l’animal adulte, parce que, chez le premier, 
les centres médullaires possèdent un certain degré d’autonomie qui ne se retrouve pas 
chez le second. 
Ce qui semblait donner quelque poids à cette opinion, c’est que Langendorff lui- 
même n’avait pas été heureux dans ses expériences sur les animaux déjà éloignés du 
moment de la naissance. Après avoir parlé des mouvements spontanés observés chez 
les nouveau-nés, il ajoute : chez les animaux un peu plus âgés leur nombre n’est jamais 
grand, insuffisant par conséquent pour entretenir la vie; chez les lapins plus développés 
on ne voit souvent se produire, après l’arrêt de l’insufflation pulmonaire, qu’un ou deux 
mouvements respiratoires spontanés; très souvent ils font complètement défaut. 
Et Knoll, chez des lapins jeunes, mais non encore arrivés à leur complet développe¬ 
ment, avait trouvé que la section complète de la moelle au-dessous du calamus amène 
l’arrêt définitif de la respiration qui ne peut plus être rappelée par l’insufflation pulmo¬ 
naire (Ak. Wien., juillet 1885, xcr, 328). 
En effet le lapin est l’animal le moins propre à ce genre d’expériences, à cause du 
peu de résistance de ses centres médullaires au traumatisme. C’est ce qui explique aussi 
pourquoi, dans ses expériences récentes, Porter (J. P., xvii, n° 6, 1895) n’a observé 
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DICT. DE PHYSIOLOGIE. — TOME II.
        

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