Bauhaus-Universität Weimar

BRUIT MUSCULAIRE, 
267 
du muscle, du nerf et des centres nerveux. Helmholtz constata qu’on entend encore 
mieux le bruit musculaire quand, dans les conditions citées plus haut, on se bouche les 
oreilles (par exemple avec de la cire) et qu’on contracte énergiquement les muscles mas- 
séters ou les autres muscles du visage ; il ausculta également le bruit musculaire chez 
d’autres personnes et chez des animaux (lapins, chiens) en appliquant l’oreille ou le 
stéthoscope sur le muscle en contraction ; il réussit enfin à entendre, quoique d’une 
manière très faible, le bruit musculaire du muscle de la grenouille en suspendant le 
muscle aune baguette en verre introduite dans le méat auditif et en faisant soulever un 
poids par le muscle. Ces différentes méthodes permettaient l’analyse subjective du bruit 
musculaire par le sens de l’ouïe : Helmholtz eut recours à la résonnance de ressorts et 
à la méthode graphique pour inscrire ainsi les qualités objectives de ce bruit. A ceteffet, 
il attacha ou appliqua au muscle différents ressorts (ressorts de montre, bandelettes de 
papier) élastiques, munis parfoisd’une pointe écrivante, qui inscrivait les vibrations sur 
une surface noircie en mouvement. Le nombre de vibrations qui est propre au ressort 
présentant le maximum de co-vibration, correspond ainsi à la vitesse des vibrations du son 
musculaire. Helmholtz trouva, d’une part, que la vitesse des vibrations perçues sur un 
muscle humain contracté volontairement était effectivement de 36 à 40 vibrations par 
seconde ; mais, d’autre part, que les vibrations du ressort présentant le maximum de 
résonance n’était que 18 à 20 par seconde; il en conclut que le ton fondamental du 
bruit musculaire était de 18 à 20, et qu’on n’entendait que le premier harmonique supé¬ 
rieur. Du Bois-Reymond avait déjà signalé depuis 1859 que l’excitation tétanique de la 
moelle épinière détermine un bruit musculaire analogue au bruit de la contraction mus¬ 
culaire volontaire ; Helmholtz prouva que ce bruit avait également la même fréquence. 
Par contre, si l’on tétanise artificiellement le muscle, directement ou par l’intermédiaire 
de son nerf moteur, le ton musculaire présenterait une hauteur qui correspondrait à la 
fréquence de l’excitation. Ces données, pour autant qu’elles sont absolument exactes, 
permettent de conclure que le tétanos musculaire constitue une superposition de con¬ 
tractions simples; que le nerf, ainsi que le muscle, répondent par un nombre d’excita¬ 
tions égal au nombre de stimulations (excitations électriques) ; que les centres moteurs 
de la moelle épinière et ceux du cerveau envoient aux nerfs et muscles une excitation 
périodique présentant 18 à 20 vibrations par seconde. 
Mais la certitude de ces généralisations doit être mise en doute par diverses données 
expérimentales plus récentes. Déjà Helmholtz lui-même avait signalé dans son premier 
mémoire (1864) que la relation entre la vitesse de l’excitation électrique et la hauteur 
du ton musculaire n’était pas constante pour toutes les fréquences; il avait remarqué, 
en outre, que la fréquence d’ospillation du bruit musculaire physiologique était relati¬ 
vement très irrégulière. Dans un travail ultérieur (1867), Helmholtz signale que le bruit 
musculaire perçu (36 à 46 vibrations par seconde) correspond au ton propre de l’oreille, 
et que, en conséquence, il est dû aux ébranlements irréguliers de la membrane du tym¬ 
pan, déterminés par les oscillations musculaires, mais que la hauteur de ce ton n’est 
pas proportionnelle à la fréquence des ondes musculaires. Dès lors, les conditions qui 
modifient le ton propre de l’oreille doivent également modifier le susdit bruit musculaire. 
Marey (1886) observa que la hauteur du bruit musculaire du masséter augmentait lors 
d’un effort de contraction plus énergique ; dans ces conditions, l’excitation se com¬ 
munique peut-être au tensor tympani, et le ton propre à la membrane du tympan 
devient ainsi plus élevé. Bernstein a constaté chez le lapin que l’excitation chimique 
du nerf provoque un bruit musculaire analogue au bruit qui accompagne la contrac¬ 
tion volontaire. Pour expliquer ce phénomène, cet auteur avait cru devoir attribuer 
à l’appareil neuro-musculaire la propriété de transformer une excitation continue 
ou irrégulière en une excitation périodique régulière ; mais il est plus probable que 
le bruit perçu dans ces circonstances n’est non plus que le ton de résonance propre à 
l’oreille et provoqué par la cause susdite. Cette interprétation est encore rendue plus 
probable par les expériences de Herroun et Yeo et de William. Herroun et Yeo ont ob¬ 
servé que l’excitation unique du muscle (courant d’ouverture ou de fermeture) est suivie 
seulement d’un bruit musculaire qu’ils considèrent comme le ton propre à la membrane 
tympanique. Une observation analogue a été faite chez l’homme par Mac William; la 
contraction musculaire provoquée par le phénomène du genou ou du pied s’accompagne
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.