Bauhaus-Universität Weimar

BIOLOGIE. 
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ou se rendent service — comme dans la fertilisation des plantes par l’intermédiaire des 
insectes, — les moyens de protection divers — anatomiques, physiologiques, psycholo¬ 
giques — par lesquels les espèces se défendent contre les ennemis variés qui les 
entourent, et enfin la sélection naturelle par laquelle, à l'intérieur de l’espèce, des 
individus se trouvent être mieux pourvus que d’autres pour la lutte. J’indique seulement 
les grandes têtes de chapitre : mais sous chacune de celles-ci se groupent de nombreuses 
subdivisions. 
Relations mutuelles des organismes. — Ceci dit sur les rapports de l’orga¬ 
nisme et du milieu, passons au second terme de la définition donnée plus haut, et con¬ 
sidérons ce que peuvent être les rapports avec les organismes présents. A vrai dire, 
on pourrait placer ici tout ce qui se rattache à l’interaction des organismes, en y joi¬ 
gnant quelques sujets d’étude tels que les associations, les antipathies, le principal 
sujet étant celui du parasitisme, du commensalisme et de la symbiose. Mais il vaudrait 
mieux encore rattacher ces.dernières matières à l’interaction, pour ne conserver qu’un 
groupe de problèmes homogène. 
Ce groupe est celui qui fait surgir le problème de la variation. Considérant les organis¬ 
mes contemporains — et il importe peu qu’ils soient présents ou passés, du moment où 
ils ont vécu en un même temps, — nous voyons qu’à l’intérieur de l’espèce les individus 
ne sont point strictement identiques; il y a des divergences, des variations. Le problème 
de la variation se pose, et, avec lui, celui de l’espèce. Il y a donc à considérer les varia¬ 
tions, à les mesurer et jauger, à les expliquer dans la mesure du possible, et c’est à 
quoi s’appliquent depuis peu certains biologistes anglais de la façon la plus intéressante. 
La question de l’espèce entraîne forcément celles de la race et de la variété, et on recon¬ 
naîtra qu’avec la question formidable de l’espèce et de la variation, il y a là un domaine 
des plus étendus. On y entre volontiers, mais jusqu’ici on n’en est guère sorti, de façon 
satisfaisante tout au moins. Le polymorphisme est encore une des questions qui se ratta-' 
chent aux précédentes, ou plutôt à la question centi'ale de la variation, et il conduit à 
son tour à une autre étude encore bien vaguement ébauchée, mais dont l’intérêt est con¬ 
sidérable. Je veux parler de la variabilité physiologique. 
Les zoologistes ont jusqu’ici dressé le catalogue des espèces en fonctions de morpho¬ 
logie : pour eux l’espèce est une succession d’individus oscillant dans d’étroites limites 
autour d’un même type anatomique moyen, et on distingue l’espèce a de l’espèce b, dans 
le même genre, au moyen de caractères morphologiques souvent insignifiants. Quelques 
poils de plus ou moins, un peu moins de longueur à tels appendices, une petite diffé¬ 
rence de forme ou de dimensions relatives, et c’en est assez pour créer une espèce nouvelle. 
Il n’y a là que des variations du plus ou moins, et les zoologistes en ont à tel point abusé 
que les plus fervents partisans de la fixité des espèces se sont trouvés, par une plaisante 
ironie, être ceux qui ont fait le plus de tort à cette notion. Ils ont tant fait d’espèces que 
leurs adversaires ont pu leur dire, non sans apparence de raison, que le résultat de leurs 
travaux est simplement de démontrer qu’il n’y a pas d’espèces. Rien ne ruine mieux 
un argument que de le pousser jusqu’au bout, et de l’appliquer avec la plus sévère 
logique. 
En insistant de façon exagérée sur la notion d’espèce, les zoologistes ont méconnu un 
élément important de la question. Ils n’ont considéré que la morphologie, ils l’ont con¬ 
sidérée avec exagération, ignorant un élément au moins aussi important que la mor¬ 
phologie : je veux parler de la physiologie. La notion morphologique de l’espèce a 
primé le reste, et la notion physiologique ne leur est point apparue. 
Cette notion est de haute importance. Deux espèces de même genre diffèrent exté¬ 
rieurement par quelques traits morphologiques : mais elles diffèrent encore, et parfois 
elles diffèrent beaucoup plus, par leur physiologie. Cela nous est souvent indiqué par la 
différence d’alimentation : l’une s’accommodant de ce qui ne convient pas à l’autre ; 
par des différences de réaction à l’égard des mêmes substances toxiques, etc. Cette 
question ne peut être traitée ici à fond ; mais il convient d’indiquer, pourtant, le fait 
très évident, mais jusqu’ici trop méconnu, de la différence physiologique, ou physiolo- 
gico-chimique, des espèces du même genre. Désormais l’espèce devra se définir non seu¬ 
lement en termes morphologiques souvent grossiers et très apparents, mais encore en 
termes physiologiques, plus difficiles à reconnaître, et non moins certains, et, au
        

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