Bauhaus-Universität Weimar

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ÈIÔLOGIÈ. 
Doint qu’une place —---------------------- - . , , 
la « supériorité » d’une branche de la science sur une autre est un de ces sujets qu on peut 
discuter fort longuement sans arriver à une conclusion satisfaisante, et le mieux est de 
se rappeler simplement que la grandeur de la science est moins dans le domaine meme 
de celle-ci que dans les qualités qu’y apporte le savant. L’instrument importe assez peu 
et c’est l’artiste qui compte seul. Sous les doigts de plusieurs milliers de mortels le piano 
paraît un outil méprisable, jusqu’au jour où un Rubinstein s’en empare, et fait oublier 
tous les virtuoses du second ordre enorgueillis d’instruments considérés comme plus 
nobles. Il en est de même dans les sciences, et les discussions trop fréquentes sur la ques¬ 
tion de savoir si telle science est plus élevée ou plus belle que telle autre sont aussi pue¬ 
riles qu’inutiles. Est-il besoin d’ajouter que ceci n’est point à l’adresse spéciale deFlourens. 
En réalité Flourens, loin de vouloir subordonner à la physiologie le domaine de la bio¬ 
logie voulut l’incorporer à celle-ci, augmentant l’extension du mot physiologie en y créant 
deux’départements, l’étude des organes et l’étude des êtres. Voyant dans celle-ci un 
suiet intéressant, il voulait se l’annexer simplement. « Faut-il que la physiologie reste 
étrangère à ce grand domaine d’études nouvelles que notre siècle a vu naître . Se bornera- 
t-elle toujours à étudier les organes et les fonctions sans s’occuper des êtres? » Cela est 
fort sagement pensé et clairement dit, mais, quand on voit ce que devient la physiologie, 
cà quel degré de spécialisation il faut parvenir, quelle variété de méthodes, quelle éten¬ 
due de culture sont requises dans les sciences dites accessoires, médicalement parlant, il 
est évident qu’il faut bien que la physiologie reste étrangère à ce domaine dont 1 exten¬ 
sion va croissant, et dont les limites sont si distinctes de celles de la première. 
Encore faut-il savoir gré à Flourens de n’avoir point méconnu la biologie. Sans doute 
il appelle biologie ce que nous appellerons sciences biologiques, et donne le nom d onto¬ 
logie à ce qui est proprement la biologie ; mais il aperçoit du moins l’existence de deux 
domaines distincts, et indépendants : distincts et indépendants dans la mesure ou peu¬ 
vent l’être des sciences traitant des mêmes objets à des points de vue differents, dans des 
relations différentes. , 
Avec Claude Bernard les choses changent. Dominé, dès qu il sort de 1 etude speciam 
d’une fonction ou d’un organe, d’un nerf ou d’un groupe de cellules, dominé par sa con¬ 
ception de la physiologie générale, il n’aperçoit point le domaine de la biologie, tel 
qu’il avait apparu à quelques-uns de ses devanciers. Il n’y a pas lieu de définir ici la 
physiologie générale : il en sera parlé ailleurs, et au reste, il n’y a entre elle et la biolo¬ 
gie que de rares points de contact. Pour la biologie même, Claude Bernard ne la voit 
point : il ne la juge pas distincte de la physiologie. 
« Chaque science à son problème spécial à résoudre, son but propre a poursuivre, en 
un mot son objet déterminé, et & ce titre la physiologie est le science qui étudie les 
phénomènes manifestés par les êtres vivants 1 c'est donc la science de la vie la biologie, 
comme on l’appelle souvent. » (Leçons sur les propriétés des tissus vivants, 4.) C est a lui 
surtout qu’est dû l’abus actuellement fait du mot biologie partout pris pour synonyme 
de physiologie. En de nombreux passages de son œuvre cette confusion de la biologie 
s’affirme (implicitement ou explicitement). «La physiologie est la science de la vie : elle 
décrit et explique les phénomènes propres aux êtres vivants. » (Phén. de la vie, 1, 3.) 
« La physiologie ou science de la vie fait connaître et explique les phénomènes propres 
aux êtres vivants {ibid. 11, 391). » La physiologie embrasse tous les phenomenes 
vitaux : voilà qui est très clair. En réalité Claude Bernard considère l’être vivant comme 
formant l’objet de deux sciences bien distinctes. D’un côté il relève du naturaliste; de 
l’autre du physiologiste. Comme il n’y a plus de naturalistes aujourd’hui, le zoologiste 
a pris sa place, et celui-là sera bientôt remplacé par un certain nombre de spécialistes, 
malacolôgiste, entomologiste, etc. 
L’être vivant est étudié au point de vue morphologique et anatomique par le zoolo¬ 
giste qui en fait connaître la forme et les caractères extérieurs, la structure intérieure, 
les organes, systèmes, tissus, la formation et le développement. La description la plus 
complète d’une espèce, son embryogénie, son développement; voila 1 œuvre quil 
doit mener à bien.
        

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