Bauhaus-Universität Weimar

BILE. 
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rétrogradation : Faction irait plus loin, une partie des peptones formées dans l’estomac 
(particulièrement aux dépens du tissu conjonctif des aliments azotés) serait précipitée 
à l’état floconneux par le liquide biliaire. 
a. Digestion artificielle. — Ces opinions ne sont pas exactes (Dastre). Il faut d’abord 
distinguer les digestions artificielles et les digestions naturelles. 
Le fait réel, c’est l’arrêt de la digestion gastrique artificielle, in vitro, par l’addition 
d’une quantité suffisante de bile. 
L’addition à une digestion gastrique d’un poids de bile égal au dixième du poids de 
suc gastrique arrête la digestion de la fibrine (Cl. Bernard). Si l’on ajoute la bile au suc 
filtré, on voit se produire un précipité jaune floconneux ; mais ce précipité ne serait nul¬ 
lement produit par des peptones ramenées ainsi de l’état liquide à l’état solide (Schiff, 
Hammarsten,Maly, Emich). Il ne faut donc point parler de rétrogradation. Reste l’arrêt 
qui, lui, est réel. Celui-ci a été attribué : 1° au changement de réaction du milieu on 
admet que la bile neutraliserait l’acidité du suc gastrique. Mais la bile arrête la digestion 
gastrique artificielle même en milieu acide, deux fois plus acide que le suc normal 
(Hammarsten et Burkart); 2° l’arrêt a été attribué à l’entraînement et à la précipitation 
de la pepsine. Il se forme en effet un précipité (d’acide glycocholique déplacé par l’acide 
chlorhydrique, de mucus, d’albumine et de gélatine) et le précipité fixe et retient la 
pepsine, comme il arrive toutes les fois qu’il se forme un précipité dans une liqueur con¬ 
tenant un ferment soluble. Il est probable que toutes ces causes interviennent pour para¬ 
lyser la pepsine et produire l’arrêt de la digestion artificielle. 
b. Digestion naturelle. — C’est une opinion médicale généralement admise depuis 
Galien, que l’afflux de la bile dans l’estomac entrave la digestion gastrique et l’arrête : 
qu’il provoque l’indigestion et le vomissement. On l’a soumise à l’épreuve expérimentale. 
A des chiens bien portants, normaux ou à fistule gastrique, on fait ingérer, soitavant les 
repas, soit aux différents temps de la digestion, tantôt 100 grammes, tantôt 250 grammes 
de bile de bœuf. Ni la digestion, ni la santé générale de l’animal ne sont troublées. Les 
fortes doses produisent simplement des effets purgatifs. Le contenu stomacal examiné 
peu de temps après est redevenu acide, l’effet alcalinisant de la bile étant rapidement 
compensé par la sécrétion gastrique augmentée (Dastre). De même, si la bile est direc¬ 
tement amenée dans l’estomac (fistule cholécysto-stomacale), par abouchement de la 
vésicule avec ce viscère (R. Oddi). Enfin on a souvent retiré par la sonde, en cas de diges¬ 
tions normales, de la bile mêlée au chyme (cent sept fois sur cent quarante-deux 
(Herzen). Donc l’introduction de la bile dans l’estomac ne produit ni vomissements, ni 
troubles gastriques ; elle n’amène point la précipitation des peptones et n’entrave point 
la fonction digestive de l’organe. 
La digestion des matières albuminoïdes se fait à la façon ordinaire chez les animaux 
porteuis de fistule biliaire (Bidder et Schmidt, Voit, Rohmann, etc.). 
84. Action de la bile dans l’absorption digestive des graisses. — Le rôle de la bile 
dans la digestion des graisses résulte d’un certain nombre de faits observés soitm vitro 
soit in vivo. 
a. La bite émulsionne les graisses neutres. — 1° Si l’on mélange, en effet, la bile aux 
graisses neutres, on constate qu’elle en dissout réellement une petite portion, mais 
qu’elle en émulsionne la plus grande partie sous forme de globules microscopiques 
aptes à traverser le revêtement épithélial de l’intestin grêle. 
De même, les savons sont solubles dans la bile et augmentent sa faculté d’émulsion 
pour les graisses neutres. Il y en est encore ainsi pour les acides gras libres : Mais ici 
le phénomène de dissolution se complique d’une décomposition (Steiner), l’acide gras 
prenant une partie de la soude au sel biliaire et précipitant l’acide taurocholique ou 
glycocholique correspondant (Lenz). 
Cette action in vitro se produit certainement dans l’intestin. 
2° On a encore cité le fait que la filtration des graisses à travers les membranes ani¬ 
males, les diaphragmes poreux, les tubes capillaires, se produit sous une pression 
plus‘faible lorsque ces membranes, ces diaphragmes sont imbibés de bile, que lors¬ 
qu’ils sont imprégnés d’eau ou de solutions salines (Williams, Westinghausen). Cette 
condition est sans application en ce qui concerne le passage des graisses à travers les
        

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