Bauhaus-Universität Weimar

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BILE. 
la lymphe après avoir lié le canal cholédoque, on trouve aussitôt et abondamment dans 
cette lymphe le pigment et les sels biliaires que l’on ne peut déceler dans le sang 
(Flejschl, 1874. — Kunkel, 1873). 
La résorption biliaire dans le foie ictérique se fait donc, en partie au moins, par le 
système lymphatique du foie. On a même été plus loin, et l’on a soutenu qu’elle se fai¬ 
sait exclusivement par le système lymphatique, d’où la bile était ensuite déversée dans 
le sang (Kufferath, V. Harley). 
Lorsque, chez le chien, on lie (avec excision) le canal cholédoque, les symptômes 
ictériques se manifestent dans l’espace de 48 heures au maximum. On voit apparaître 
dans les urines le pigment biliaire et les acides biliaires. Chez l’homme l’ictère est appa¬ 
rent au bout de 24 heures. 
Il y a une circonstance remarquable où l’ictère se trouve considérablement retardé. 
C’est lorsque l’on pratique en même temps la ligature du canal thoracique, c’est-à-dire 
que l’on entrave le cours de la lymphe (Kufferath, 1880). Les chiens supportent assez bien 
la ligature du canal thoracique, sans œdème ni extravasats et peuvent être conservés 
plus ou moins longtemps à la condition d’exclure les graisses de leur alimentation 
(Schmidt-Muhlheim) ; le cours de la lymphe se rétablit d’ailleurs au bout d’un certain temps 
par développement d’un système de lymphatiques accessoires, qui entrent en connexion 
avec la veine cave. 
Si l’on pratique la ligature du canal thoracique en même temps que celle du cholé¬ 
doque, on constate deux faits intéressants : c’est d’abord que l’ictère fait défaut, que les 
pigments et sels biliaires n’apparaissent pas dans l’urine en 24 heures ni même en 
48 heures, mais seulement 3, 4, 6, 7, 11 et 17 jours après (Kufferath, Y. Harley); le 
second fait, c’est que le cholédoque est très souvent rompu, accident qui entraîne la 
mort, et qui n’arrive presque jamais dans le cas ordinaire. 
Cette rupture est précédée d’une dilatation considérable des voies biliaires, et géné- 
lement elle se produit au niveau de la ligature qui n’a pu encore être consolidée et 
constitue un point de moindre résistance. 
On se met à l’abri de ce dernier accident en pratiquant l’opération en deux temps; 
en liant d’abord le canal cholédoque et en exécutant la ligature du canal thoracique plus 
tard, après 2 à 13 jours, lorsque les phénomènes ictériques ont commencé à se produire. 
Dans un certain nombre de cas on voit alors les phénomènes ictériques rétrograder et 
disparaître pour un temps. L’urine qui contenait les pigments et sels biliaires cesse d’en 
contenir pendant quelque temps. L’inconstance du phénomène ne permet cependant 
pas une conclusion rigoureuse. 
On doit admettre que 1 e système lymphatique est une des principales voies pour l’absorp¬ 
tion de la bile et son transport dans la circulation générale. L’obstruction de cette canalisa¬ 
tion supprime ce passage de la bile, et elle ralentit assez la sécrétion pour rendis insignifiante, 
dans beaucoup de cas, la quantité qui passe, en fin de compte, dans le système sanguin. 
Il est évident en effet, d’après ces expériences mêmes, que la production de la bile est 
singulièrement entravée par la ligature des deux canaux. La quantité produite doit être 
très diminuée. La rétention des quantités normales pendant des périodes de 7 à 17 jours 
serait incompatible avec la survie et la santé de l’animal. 
Y. Harley outrepasse la signification de l’expérience en considérant comme dé¬ 
montré que le système lymphatique seul, à l’exclusion des capillaires sanguins, possède 
le pouvoir d’absorber la bile dans le foie et de la transporter dans la circulation géné¬ 
rale. On a constaté, en effet, que le ferro-cyanure de sodium, la strychnine, l’atropine 
introduites dans la vésicule biliaire après ligature du cholédoque étaient absorbées par 
les vaisseaux sanguins (C. Tobias, 1895). 
On a étudié chez le chien à jeun l’influence exercée sur les échanges matériels de 
l’organisme par la ligature du cholédoque (N. P. Kratkow). L’animal perd rapidement 
de son poids et meurt avec une perte de 30 p. 100 à 40 p. 100. — L’excrétion urinaire 
d’azote est augmentée : l’acide urique augmentant plus vite que l’urée. Les sulfates pré¬ 
formés augmentent : les acides sulfo-conjugués ne varient pas. L’eau excrétée par le rein 
et le poumon augmente. Les échanges gazeux ne diminuent qu’après quelques jours 
(N. P. Kratkow). Ces résultats (en admettant qu’ils soient certains) pourraient s’expli¬ 
quer par l’hypothèse suivante. Le foie absorberait les produits azotés de la destruction
        

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