Bauhaus-Universität Weimar

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AZOTE. 
naires? H résulte, en effet, de nombreuses recherches que la destruction spontanée de 
la matière azotée laisse dégager, à l’état d’azote libre, 1 septième environ de l’azote 
total que contient cette matière. Adoptant les idées émises par Boussingault à ce 
sujet, Schlœsing estime qu’on peut trouver la cause réparatrice cherchée dans la pro¬ 
duction d’acide nitrique dans l’atmosphère par combinaison directe de l’azote et de 
l’oxygène sous l’influence des décharges électriques. Les calculs de ce dernier savant 
sont basés sur plusieurs observations dues à divers expérimentateurs concernant la 
quantité d’acide nitrique contenue annuellement dans l’eau de pluie sous diverses lati¬ 
tudes. Or cette production d’acide nitrique suffirait, et au delà, à couvrir les pertes en 
azote faites incessamment par les phénomènes de décomposition. Telles sont, succincte¬ 
ment résumées, les idées ingénieuses émises par Schlœsing (voir aussi Berthe^lot et 
André. Rech. sur la décomposition du bicarbonate d’ammonium par l’eau et par la diffu¬ 
sion de ses composants à travers l'atmosphère, Ann. Chim., (6), t. xi, p. 341). Schlœsing, a 
de plus constaté directement (C. R., t. lxxviii, p. 1700), que les feuilles absorbent les 
vapeurs ammoniacales très diluées. Il s’est servi, à cet effet, d’une grande caisse con¬ 
tenant 73 kilogrammes de terre végétale. Un bassin circulaire placé sur la caisse 
laissait passer seulement la tige de la plante de façon que la partie aérienne de celle-ci 
n’eût aucune communication avec le sol. Cette partie était recouverte d’une grande 
cloche de 230 litres. Le fond du bassin contenait une dissolution très faible de ses- 
quicarbonate d’ammonium de titre connu qu’on renouvelait-tous les jours; la cloche 
était traversée par un courant d’air (1200 litres par jour) contenant 1 p. 100 d’acide 
carbonique. Le tabac,' sur lequel a porté l’expérience, renferme dans ces conditions 
plus d’azote qu’un tabac témoin élevé en l’absence du sel ammoniacal. On avait offert 
à la plante lsr,093 d’azote à l’état ammoniacal pendant toute la durée de l’expérience 
et on a trouvé que le végétal avait assimilé 0&r,800, soit les trois quarts environ. Les 
composés azotés dérivés de l’ammoniaque assimilée ne sont pas restés en totalité dans 
les feuilles, ils se sont répandus dans le végétal entier. 
Vers la même époque, A. Mayer (Landw. Vers. Stat., t. xvn, pp. 129, 329) fit connaître 
ses expériences exécutées dans des conditions semblables (séparation absolue des racines 
et de la partie supérieure de la plante). Il opérait, soit en badigeonnant les plantes avec 
une solution faible de carbonate d’ammonium, soit en faisant passer un courant d’air 
dans une solution de ce sel. Cet auteur conclut que les végétaux supérieurs s’emparent, 
dans ces conditions, par leurs parties vertes, du carbonate d’ammonium gazeux. Nous ne 
pouvons, sans sortir de notre sujet, nous étendre sur ce travail fort intéressant (Voir 
aussi Br Etschneider. Jahresb. Agrik. Chemie, t.xui, p. 85). Bevenous, pour un instant, à la 
théorie de la circulation de l’ammoniaque de Schlœsing; on doit se demander s’il n’existe 
pas d’autres sources naturelles de cet alcali. La chose n’est pas douteuse actuellement et 
nous ne pouvons nous empêcher de faire ici quelques remarques relatives à la formation, 
dans le sol même, d’ammoniaque et son émission dans l’atmosphère. Les expériences 
faites à ce sujet sont très concluantes et les conséquences qui en découlent naturellement 
permettent de concevoir une circulation inverse de celle que Schlœsing a admise à la 
suite de ses expériences1. D’ailleurs, et avant d’exposer ces idées nouvelles, rappelons 
qu’au moment même où Schlœsing publiait ses théories, Audoynaud faisait connaître des 
expériences qui l’obligeaient à conclure dans un sens tout différent. Dans un mémoire 
intitulé Recherches sur l’ammoniaque contenue dans les eaux marines. [Ann. agron, t. i, 
p. 397), cet agronome, voulant soumettre au contrôle de l’expérience la théorie de l’émis¬ 
sion de l’ammoniaque par l’eau de mer, cherche à savoir: 1° si la mer intervient dans la 
restitution de l’azote assimilable ; 2° dans quelles limites elle contribue à cette restitution. 
A cet effet Aüdoynaud dose l’ammoniaque libre et combinée contenue dans les eaux 
marines de Palavas (près Montpellier), en se servant de l’appareil de Bousswgault. Il fait 
1. Schlœsing est revenu récemment sur cette question de l’absorption de l’ammoniaque atDfio- 
sphérique par la terre végétale (C. R., t. ex, pp. 429, 499, 612;. Pour ce savant, la fixation de 
l’azote libre, ne pouvant avoir lieu par un sol nu (nous verrons tout à l’heure ce qu’il faut pen¬ 
ser do cette assertion), tout gain d’azote réalisé par les terres mises en expérience par lui doit être 
exclusivement attribué aux composés azotés de l’atmosphère (Voir pour la critique de ces expé¬ 
riences Berthelet. C. R., t. ex, p. 558, ainsi que ce qui va suivre).
        

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