Bauhaus-Universität Weimar

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AZOTE. 
I/air contient 79,2 p. 100 d’azote et d’argon, soit environ 75 p. 100 d’azote. 
L’azote est soluble dans cinquante fois son volume d’eau. 
Il se liquéfie par le froid et la pression et bout à — 213°. L’évaporation de l’azote 
liquide amène la congélation en cristaux neigeux, volumineux, d’une partie de la masse 
liquide. 
L’azote à la température ordinaire ne se combine directement a'vec aucun corps. 
Par l’étincelle électrique on peut le combiner à l’oxygène et à l’eau ; et on obtient 
ainsi, suivant les conditions de l’expérience du bioxyde d’azote, de l’anhydride bypo- 
azotique, de l’ammoniaque, de l’acide azotique, de l’azotate d’ammoniaque. 
Le boi’e, le magnésium, le potassium, chauffés dans un courant d’azote, forment des 
azotures. Le carbone forme avec l’azote du cyanogène, en présence des alcalis. 
On prépare l’azote soit en absorbant l’oxygène de l’air (par le phosphore, par le 
cuivre au rouge, par le cuivre ammoniacal), soit en dissociant l’azotite d’ammoniaque 
par la chaleur, soit en décomposant l’ammoniaque ou un sel ammoniacal par le chlore 
ou le brome. 
On peut évaluer la quantité d’azote contemie dans l’atmosphère à environ 300 mil¬ 
lions de milliards de tonnes (en kilogrammes). Cette quantité de l’azote atmosphérique 
est si considérable que l’azote contenu dans le corps des êtres vivants et dans les diffé¬ 
rents minerais peut être regardé comme une quantité négligeable. Cependant, d’après 
Schlœsing, l’eau de mer contient 0millisr-,4 d'ammoniaque par litre; ce qui ferait par 
conséquent une énorme provision d’azote dans la mer : 15 000 millards de tonnes. 
L azote, malgré ses faibles affinités, est un élément essentiel de la vie des êtres, 
puisqu il entre dans la composition des matières albuminoïdes qui font partie intégrante 
de la constitution des végétaux et des animaux. On peut évaluer à environ 3 p. 100 en 
moyenne la proportion d’azote contenu dans le corps des êtres vivants (la proportion 
d’eau étant d’environ 75 p. 100). 
Cet azote n est pas introduit dans l’organisme par la respiration. Il n’y a pas de 
fixation d azote libre par les êtres supérieurs. On verra plus loin (voir Azote, fixation par 
le sol et les végétaux) que l’azote atmosphérique est directement assimilé par les 
organismes végétaux inférieurs. Les produits de cette assimilation sont des matières 
azotées, des nitrates, des sels ammoniacaux qui servent à la nutrition des êtres supé¬ 
rieurs. 
L azote assimilé est ensuite désassimilé et excrété sous forme de combinaisons azotées 
multiples, variant avec la nature de l’espèce animale ou végétale. Mais il est probable 
qu une partie de cet azote excrété est rendu sous forme gazeuse; de sorte que, d’une 
manière générale, on peut concevoir les êtres supérieurs comme chargés de détruire les 
combinaisons azotées formées par les micro-organismes du sol et de certaines plantes 
(légumineuses). 
Si l’on admet que 1 kilogramme de tissu vivant contienne 30 grammes d’azote dans 
ses tissus; la dénutrition azotée est pour cet animal de 1 kilogramme (à sang chaud), 
environ 0er,3 d’azote par vingt-quatre heures. Autrement dit la destruction, et par 
conséquent, la rénovation de l’azote des tissus porte sur la centième partie de ses tissus 
par vingt-quatre heures. 
L azote gazeux existe en dissolution dans le sang et aussi dans toutes les humeurs. Le 
sang contient environ lcc,5 de gaz azote pour 100 centimètres cubes (Voyez Sang, Respi¬ 
ration). Les autres liquides organiques en contiennent des proportions analogues. 
Quant à l’élimination d’azote gazeux par la respiration, c’est un problème très diffi¬ 
cile, non résolu encore. On tend à admettre que nous exhalons par les poumons une 
minuscule quantité d’azote libre. 
Si les pressions élevées sont mortelles, c’est par l’action toxique de l’oxygène, 
comme l’a montré P. Bert. L’action chimique de l’azote est tout à fait nulle, même si 
la pression est élevée. 
De fait il semble que la fonction de l’azote par rapport à la nature vivante soit 
d’abord de faire des combinaisons qui, par leur instabilité, se prêtent aux combinaisons 
et aux dissociations protoplasmiques, et ensuite de diminuer l’intensité des oxydations, 
en diluant des 4/5 l’oxygène atmosphérique. 
Voir Albuminoïdes, Aliments, Air, Respiration, Nutrition, Urée.
        

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