Bauhaus-Universität Weimar

AUTOMATISME. 
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la pression, ce qui permet au cœur de battre plus vite. Si tel ou tel sel est en excès dans 
le sang, ^élimination augmente; s’il est en proportion inférieure à la normale, l’élimi¬ 
nation diminue, de sorte que finalement la teneur du sang en sel reste invariable. Si la 
température s’élève, la sudation ou la polypnée augmentent la déperdition de calorique ; 
si la température s’abaisse, la constriction des vaso-moteurs et le frisson la relèvent aus¬ 
sitôt. Les grandes inspirations provoquent l’excitation des fibres inhibitoires du nerf 
vague, et les grandes expirations provoquent l’action des fibres inspiratoires du même 
nerf. Par l’excitation de tel ou tel ordre de fibres, l’inspiration appelle l’expiration, et 
l’expiration appelle l’inspiration. Tous les réflexes protecteurs, pour l’iris, le larynx, le 
tympan, les sécrétions, sont des appareils de régulation automatique. 
Bref, on peut considérer l’organisme comme une machine, d’une complication 
extrême, et d’une perfection admirable, qui se règle toute seule, et par conséquent qui 
se règle automatiquement, de manière à rester à peu près identique à elle-même, mal¬ 
gré les variations incessantes du milieu extérieur. 
Automatisme en physiologie. — Mais ce n’est pas le vrai sens dans lequel il faut 
prendre le mot automatisme, et on doit, ce semble, lui attribuer une signification plus 
restreinte, c’est-à-dire considérer non plus la régulation du mouvement (qui est évidem¬ 
ment automatique), mais le mouvement lui-même, et chercher quels sont les mouve¬ 
ments vraiment automatiques. 
Nous dirons par définition que les mouvements automatiques sont ceux dans lesquels 
nulle excitation étrangère à l’appareil moteur n’intervient comme cause de mouvement. 
C’est à peu près la définition de J. Muller, qui a le premier nettement introduit la no¬ 
tion de l’automatisme en physiologie. 
Cela posé, étudions d’abord l’automatisme des cellules : nous étudierons ensuite 
celui des appareils. 
Automatisme cellulaire. — Existe-t-il des cellules qui se meuvent et sont activées 
indépendamment de toute excitation extérieure? Pour les cellules, cela n’est pas douteux. 
Les cils vibratiles,les spermatozoïdes, les amibes, les bactéries, paraissent être animés de 
mouvements automatiques; car il ne semble pas qu’une cause extérieure détermine 
leur mouvement. 
Il est vrai qu’on a invoqué les changements du milieu comme étant une cause d ex¬ 
citation; et, de fait, il est à peu près impossible de maintenir une stabilité telle dans le 
milieu ambiant, comme température, comme lumière, comme électricité, comme ten¬ 
sion en O ou en CO2, comme ébranlement mécanique, qu’on puisse parler rigoureuse¬ 
ment d’un milieu stable. Le radiomètre, entre autres, nous apprend combien certains 
changements du milieu ambiant, imperceptibles à nos sens, peuvent atteindre d ampli¬ 
tude, par la sensibilité de tel ou tel appareil. Ne serait-il pas possible que les cellules ne 
fussent sensibles à ces changements du milieu ambiant, inappréciables pour nous ? Cei- 
taines bactéries sont capables, d’après E.ngelmann, d’apprécier un cent millionième de 
gramme d’oxygène. 
Il me paraît cependant que cette discussion est un peu subtile. Quand nous voyons, 
dans un milieu qui nous paraît homogène et invariable, un mouvement régulier rythmi¬ 
que se produire, nous n’avons guère le droit d’admettre qu’il s’est produit des variations 
du milieu extérieur, inappréciables à nos instruments de mesure,, pour déterminer ces 
mouvements périodiques, admirablement réguliers. Par conséquent, la vibration des cils 
vibratiles, les mouvements oscillatoires des anthérozoïdes, des spermatozoïdes, des bac- 
tériacées, toutes ces manifestations [motrices de l’activité intra-cellulaire peuvent etre 
appelées automatiques, et il serait peu rationnel d’invoquer un stimulus extérieur. 
Il y a cependant un stimulus; car ce serait un non-sens que d’admettre un mouve¬ 
ment sans stimulation et sans dépense d’énergie. Mais ce stimulus est tout intérieur. Il se 
fait dans le protoplasme cellulaire des décompositions et des recompositions chimiques 
qui ont précisément pour effet ces alternatives de mouvement ou de repos. C’est un phé¬ 
nomène qu’on a le droit d’appeler automatique, puisque aucune cause n’intervient, étran¬ 
gère à la constitution même de la cellule. L’oxygène et les matières nutritives ambiantes 
n’ont ’pas d’autre effet que de maintenir la cellule dans le même état chimique, de 
réparer les pertes, et de compenser les combustions qui sans doute s’opèrent constam¬ 
ment, et sont la cause même du mouvement.
        

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