Bauhaus-Universität Weimar

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AUDITION. 
L’opinion de Charcot sur la théorie du vertige de Ménière se trouve ainsi appuyée par 
les vivisections. 
Le travail de Kreidl éclaire certains points de cette fonction labyrinthique, et con¬ 
firme l’influence du labyrinthe sur l’équilibration (Physiologie du labyrinthe, d’après des 
recherches sur les sourds-muets, 1892). On sait, d’après James, que les sourds-muets ne 
seraient point sujets au vertige de rotation. Kreidl a examiné à ce point de vue 109 enfants 
sourds-muets, en recherchant si, soumis à la rotation, ils présentent les mouvements 
compensateurs de l’œil. 
Dans la moitié des cas les mouvements ont fait défaut. Or, comme la surdité-mutité 
coïncide avec une lésion labyrinthique, dit-il, dans la même proportion (diagnostic des 
plus discutables), l’auteur en conclut que le labyrinthe est l’organe de perception pour 
les mouvements de la tête et du corps : 13 sur 62 de ces enfants n’ont pas non plus senti 
l’illusion causée parla rotation dans la verticale (chevaux de bois); et les mêmes enfants 
ne pouvaient marcher ou se tenir sur une jambe, les yeux fermés (signe de Romberg). 
Dans les travaux de Kraidl, M. Schiff, R. Ewald, Schrader, J. Loeb, M. Verworn, 
Y. Delage, Lange, Baginsky, Steiner, W. Preyer, etc., toutes les hypothèses ont été 
tour à tour émises sur la fonction des canaux semi-circulaires : tantôt on en a fait un 
organe d’excitation centrale, et donnant la notion du sens des mouvements (Schiff, Mach, 
Goltz, Brewer, Baginsky, etc.); tantôt on le regarde comme servant à juger de la direc¬ 
tion du son (Preyer); ailleurs, comme source d’excitation médullaire (Steiner); puis 
comme organe du sens de l’espace (Cyon). On a pu voir que le rôle de l’endolymphe et 
de l’otoconie a été également très diversement interprété par les auteurs, nié par ceux- 
ci (Cyon), très précisé par ceux-là (Mach, Baginsky, etc.). H. Girard, à son tour (A. P. 
5e série, t. îv, 1892 (p. 353), arrive aux conclusions suivantes sur les rapports du laby¬ 
rinthe et des fonctions d’équilibration. 
Au moyen d’excitations électriques unipolaires (méthode de Schiff) faciles à graduer, 
il a constaté sur les grenouilles auxquelles il avait fait la section unilatérale de l’acous¬ 
tique et la destruction du labyrinthe, que les muscles du côté opposé à la lésion offraient 
un grand accroissement d’excitabilité. Pour cet opérateur, l’équilibration des attitudes 
et la coordination des mouvements de translation sont probablement régies par des 
sensations qu’il propose d’appeler symétriques; l’animal pi’ivé d’un des labyrinthes se 
trouve désorienté; les deux appareils vestibulaires, apportant des sensations différentes, 
donnent l’impression de la perte de l’équilibre, d’où les attitudes défensives, et les ten¬ 
dances à se mouvoir du côté non opéré. Chez les mammifères, nous l’avons dit, Schiff a 
montré d’autre part que, grâce sans doute à certaines suppléances, la section des nerfs 
auditifs ne cause pas de trouble appréciable de la locomotion. 
Brown-Séquard fait la critique du travail de Girard, et conclut qu’il n’existe pas de 
centres nerveux affectés à telle ou telle fonction ; et que les effets observés à la suite des 
lésions des nerfs acoustiques et du labyrinthe s’expliquent par des troubles actifs, soit 
des pertes de fonctions (dynamogénies ou inhibitions), appartenant en réalité à des 
éléments nerveux disséminés dans l’encéphale; la lésion agit à distance (A. P. avril 
1892). Enfin, plus récemment, d’une série de recherches expérimentales et d’observa¬ 
tions cliniques comparées, C. Masini conclut que les canaux semi-circulaires ne sont 
pas seulement des organes présidant au sens de l’équilibre, mais qu’ils sont aussi des or¬ 
ganes complémentaires de l’appareil auditif (Sulle vertigine auditivi. Arch. ital. di Otu- 
logia, t. iv). 
D’autre part certains physiologistes n’admettent point le rôle des canaux semi-circu¬ 
laires sur l’équilibration et la station. 
En 1877, les expériences de Tomaszewics faites au laboratoire d’ÜERMANN démontrèrent 
que chez les poissons la destruction des ampoules et des canaux n’apportait aucun chan¬ 
gement à l’équilibre du corps de ces animaux. De même à Naples, J. Steiner ne constate 
en pareilles conditions aucun trouble de l’équilibre. 
La fonction statique des canaux est, on le voit, encore bien discutée et discutable 
Milne-Edwards) et l’on peut toujours rapporter à des excitations cérébelleuses, et non aux 
(lésions mêmes des canaux semi-circulaires, les troubles des mouvements observés. Pour 
être complet, j’ajouterai que Bruckner émet à propos des fonctions du labyrinthe une 
opinion nouvelle et originale. Pour lui, les canaux semi-circulaires servent à transmet-
        

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