Bauhaus-Universität Weimar

AUDITION. 
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du manche du marteau en dehors, cet observateur a pu constater que l’extrémité de la 
branche de l’enclume s’écarte de la surface articulaire de la tête de l’étrier; cet écar¬ 
tement peut atteindre 1/4 de millimètre à i /2 millimètre : ce sont là, à mon sens, des 
observations de première importance. Quand le manche du marteau est refoulé en 
dehors, et que la jointure incudo-malléaire s’ouvre, ainsi que nous l’avons dit, l’ar¬ 
ticulation de l’étrier et de l’enclume peut cependant rester serrée, les deux surfaces 
articulaires au contact : nous avons expliqué plus haut le mécanisme de ces mouve¬ 
ments de dissociation du marteau et de l’enclume qui isolent l’étrier jusqu’à un certain 
point. Cela est d’autant plus important à connaître que la chaîne osseuse est un appareil 
chargé de la transmission des sons, bien que formée de segments. 
Ces sortes de disconnexions, si elles sont possibles physiologiquement, expliquent 
peut-être l’action tutc'laire du stapédius ou muscle de l’étrier. 
On se rappelle que le premier effet de la tension est d’appliquer toutes ces surfaces 
osseuses les unes aux autres, pour transformer la chaîne brisée en un corps rigide; or, 
si ces jointures peuvent être relâchées, s’il peut même y avoir disconnexion, la trans¬ 
mission est de ce fait seul interrompue ou rendue plus difficile, et l’antagonisme du 
muscle de l’étrier et du tenseur est clair et son utilité manifeste; le mécanisme de l’in¬ 
terruption du courant sonore consisterait dans le relâchement des contacts. 
La platine de l’étrier, d’après Helmholtz, ne se meut pas en volet ni en basculant comme 
l’ont admis Hcschke, Lugae, Politzer; son mouvement en dedans est total, et quand on 
l’observe du côté du vestibule, il se fait d’un seul bloc, c’est-à-dire que ses deux bords 
supérieur et inférieur sont à la fois poussés en dedans ou en dehors. Sur un appareil 
que j’ai construit pour étudier l’action des divers leviers articulés qui composent la 
chaîne des osselets, j’ai pu constater que le mouvement transmis à l’étrier est un glis¬ 
sement, dans le sens horizontal à peu près (Gelle, B. B., 1894); je me range donc à l’opi¬ 
nion d’HELMHOLTz; au reste aucun ligament ne permet de mouvements partiels. Cepen¬ 
dant par la contraction du stapédius, agissant seul, la base de l’étrier peut sans doute 
basculer dans de faibles limites; mais sa tête décrit un arc plus sensible; le déplace¬ 
ment est alors transmis à la branche verticale de l’enclume. J’ai constaté sur le cadavre, 
après Toynbee, que dans ce mouvement le labyrinthe est décomprimé et sa tension inté¬ 
rieure abaissée : là l’antagonisme des deux muscles tympaniques est visible. 
Dans les mouvements en dedans du tympan, et lors des contractions du muscle 
tenseur, l’étrier éprouve en définitive un mouvement en dedans égal et simultané ; et 
celui-ci ne dépasse pas 1 dixième de millimètre. A ce déplacement succède une oscilla¬ 
tion en retour par l’élasticité des parties, dès que la cause a cessé. Politzer a montré 
l’action dé ces tensions tympaniques sur la conduction, par l’abaissement de la courbe 
inscrite et l’affaiblissement des tracés des oscillations des osselets et du tympan quand 
le tenseur agit, dans ses expériences au moyen de tiges de verre adaptées aux osselets 
et que le courant sonore ébranle; le muscle est excité soit directement, soit par action 
réflexe sur la ve paire; et les modifications des vibrations s’inscrivent sur le cylindre 
enregistreur. 
Helmholtz calcule que la pression exercée par l’extrémité de la branche verticale de 
l’euclume sur l’étrier, dans les mouvements du manche et du tympan vers le dedans, 
est une fois et demie aussi grande que la force exercée sur le marteau même. 
11 est à remarquer que la longueur de la branche verticale de l’enclume est spéciale 
à l’homme : je l’ai nommée le levier de la détente; il semble qu’à ce point de vue 
l’homme soit mieux armé aussi pour la protection et la détente de l’organe auditif; c’est 
le stapédius ou muscle de l’étrier qui meut ce levier de la détente. L’étendue des mou¬ 
vements du tympan et du manche en dehors peut atteindre 5 millimètres, grâce à la 
laxité des jointures de l’étrier et de l’enclume et surtout de l’enclume et du marteau. 
J’ai fait, à ce sujet, des expériences au moyen de Yendotoscope, manomètre adapté 
au conduit et calibré de telle sorte que la colonne liquide de la branche ascendante 
graduée est trois fois plus étroite que l’autre : j’obtiens ainsi une amplification des 
déplacements du tympan provoqués soit par l’épreuve de Valsalva, soit par celle de Po¬ 
litzer, soit par la déglutition (Gellé, Précis d’Otologie, 1876). Or, dans la propulsion du 
tympan en dehors, par l’expérience de Politzer, l’ascension de la colonne liquide de l’en- 
dotoscope sur l’oreille saine atteint 1 et 1/2 à 2 centimètres, répondant à 4 ou 5 milli-
        

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