Bauhaus-Universität Weimar

AUDITION. 
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En résumé, dans la parole, les voyelles sont les parties éclatantes et [évidentes du 
bruit perçu; tandis que les consonnes sont de faibles et légers bruits qui résultent de l’ar¬ 
ticulation, c’est-à-dire du travail d’appropriation des cavités bucco-pharyngées pour 
l’émission de la voyelle. 
Dans la voix chuchotée, la voyelle , son laryngé, disparaît; les petits bruits de l’arti¬ 
culation persistent seuls. . 
Les cavités nasales, buccales, pharyngées jouent le rôle de résonnateurs; avec un 
résonnateur et un son accordés, Helmholtz a reproduit la voyelle voulue. 
Dans l’émission de la parole, le courant sonore ne passe pas toujours uniquement 
par le canal bucco-pharyngé : les voies nasales s’ouvrent par l’abaissement du voile, 
pour la formation de certains sons vocaux, qui empruntent là un timbre spécial, par 
l’addition d’harmoniques particuliers, le timbre nasal. Celui-ci caractérise à nouveau la 
série des voyelles. 
Le résonnateur nasal accroît donc et double le nombre des sons vocaux, par une 
modification spéciale du timbre, très distincte. 
Ce timbre est plein, mais sourd ; et l’intensité aussi varie suivant les races et les 
individus. 
Les affections nasales, comme celles des cavités buccales et du pharynx, altèrent pro¬ 
fondément lessons émis,et peuvent même s’opposer à leur formation; les lésions du 
voile sont à ce point de vue très nuisibles; celles du cavum rétro-nasal ne le sont pas 
moins fbaba pour maman) ; tantôt le timbre nasal s’ajoute aux voyelles qui ne le doi¬ 
vent pas posséder; et tantôt celles qui [le possèdent d’ordinaire perdent ce caractère 
si particulier. 
On voit que, grâce à cette double voie prise par le courant sonore laryngé, les sons 
voyelles offrent une plus grande variété et un nombre plus élevé. 
Helmholtz a le premier signalé la sensibilité remarquable de l’oreille pour certains 
sons, ceux de l’indice 5, c’est-à-dire pour ceux qui se rapprochent le plus des harmo¬ 
niques de la parole (si h, pour lui ; et si pour Ivœnig). 
Le premier il a également noté une différence entre la facilité de perception des sons 
graves et des aigus : il a montré qu’un trille de dix notes par seconde donne une sen¬ 
sation confuse dans les notes graves, et très distincte au contraire dans les aiguës : il en 
a conclu que l’étouffement des notes graves, grâce à l’organisation de l’organe auditif, 
est incomplet, et plus difficile que pour les sons élevés ; la cause en est inconnue. La sen¬ 
sibilité évidemment plus étendue de l’oreille pour les sons élevés ne plaide pas en faveur 
de l’opinion que les sons graves causent une impression plus vive, et plus durable. 
De cette étude des sons, des harmoniques et du timbre, on conclut que l’organe 
sensitif de l’oreille doit contenir autant de filets sensitifs qu’il existe de sons élémen¬ 
taires, de vibrations simples, pendulaires, pour assurer cette perception indiscutable. 
Dès lors l’explication de la formation du timbre est claire; lé timbre naît de la mul¬ 
tiplicité des fibres nerveuses spécifiques auditives qui ont été frappées par les ondes 
sonores; et celles-ci contiennent, en puissance, la somme de toutes les vibrations 
simples émises par le corps sonore : c’est la conclusion des travaux de Helmholtz. 
« L’énergie spécifique du nerf auditif se compose des énergies de chacune des fibres 
nerveuses qui le constituent. La diversité de nos sensations acoustiques naît de la diver¬ 
sité et de la différence des éléments nerveux excités. » 
Nous devions commencer l’étude de la fonction de l’ouïe par cet exposé succinct des 
travaux et conquêtes de Helmholtz qui éclairent toute la physiologie du sens de l’ouïe. 
On a vu combien l’acoustique physiologique se confond avec l’acoustique physique; 
cela deviendra de plus en plus évident à mesure que nous pénétrerons plus loin dans 
cette étude de l’oreille et de sa fonction. 
Nous allons suivre la vibration sonore à travers l’appareil auditif, et nous montrerons 
le rôle de chaque partie, au point de vue de la récolte, de la transmission et de la per¬ 
ception des ondes. 
Nous conduirons alors l’impression au delà de l’oreille; nous étudierons son action 
sur les divers foyers nerveux, soit qu’elle cause la sensation auditive, soit qu’elle excite
        

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