Bauhaus-Universität Weimar

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AUDITION. 
ce sont des notions classiques. Un son est à une octave d un autre quand il est fourni par 
un nombre de vibrations double; pour la quinte, le rapport est de 2 à 3 ; pour la quarte, 
de 3 à 4 ; pour la tierce majeure, de 4 à 5. 
Certains sons aigus sont particulièrement insupportables à 1 oreille, celui du liège que 
l’on coupe, du grattoir sur la pierre, etc. Ils semblent exciter les dents, comme un 
acide. L’alliance du nerf auditif avec le nerf trijumeau se trahit ainsi. D’autres causent 
dans la profondeur de l’organe la sensation d’une pointe blessante, davantage chez les per¬ 
sonnes névropathiques ou affaiblies. 
Les affections de l’appareil auditif modifient souvent cette faculté de distinguer les 
sons plus ou moins différents de tonalité : il en résulte ce qu’on nomme une oreille 
fausse. D’ailleurs, des individus même sans aucune maladie des organes auditifs n’ont 
pas cette faculté de distinguer nettement les sons de tonalité différente. On naît avec une 
oreille juste ou fausse. L’éducation peut développer énormément la faculté de distinguer 
les plus faibles variations de la tonalité. 
Le nerf sensible ne perçoit bien que les sons que l’oreille moyenne lui apporte. Mais 
le nerf lui-même peut être incapable de discerner ces nuances, et sans doute aussi il 
faut un certain degré d’éducation pour différencier les sons à ce point de vue. Souvent 
les individus n’ont qu’une sensation atone; ainsi il est imprudent en sémiotique auricu¬ 
laire de se contenter du mot : j’entends, dit au bruit du diapason la 3, par exemple. Le 
son est-il aigu ou grave? le sujet peut l’ignorer; ou bien ce qu’il perçoit est loin de ce 
qui est. 
Il ne faut au reste point oublier que ces analyses des qualités du son montrent en 
même temps celles de l’orgahe auditif. Le son donné, l’oreille est le réactif. 
Depuis Pythagore, on sait que les rapports des intervalles des sons consonnants, d’une 
octave « sont des nombres entiers et les plus petits de ces nombres (1, 2, 3, 4, 5,) ». 
Harmonie préétablie, dit Bernstein. 
Ainsi l’organisation de l’organe de l’ouïe est telle qu’elle s’adapte d’emblée à ces rap¬ 
ports simples; c’est là un phénomène à coup sur remarquable et mystérieux. Inexpli¬ 
cable aussi ce fait absolument certain : les sons dont les nombres sont dans ces rap¬ 
ports simples donnent lieu aux sensations les plus agréables à l’oreille. La capacité de 
l’oreille pour reconnaître la hauteur des sons se développe, avons-nous dit, par l’étude 
et l’exercice. Il est curieux de constater, à ce propos, que 2 sons à l’octave qui forment 
la consonnance la plus parfaite, sont facilement confondus par les plus habiles, car c’est 
le rapport le plus simple, 1 : 2. _ ... 
Cette faculté de percevoir les tonalités diverses a une limite; à un certain point, les 
sons graves ou aigus ne donnent plus que la sensation peu nette, vague, d un bruit. Tous 
les physiciens s’accordent pour reconnaître que le son rendu par un tuyau d’orgue de 
32 pieds ouvert est le son musical le plus grave que l’oreille puisse apprécier : ce son 
a 16“,«25 de longueur d’onde. 
On observe que tous les sons graves au-dessous de 32 vibrations (16 allemandes), ut 2 
des grandes orgues, ut du piano (35 vibr.), le mi 1, de la contrebasse qui a 40 vibrations 
sont très désagréables, et n’offrent rien de musical. 
En effet ces sons donnent plutôt une sensation tactile, celle d’une suite de chocs. Pour 
obtenir une sensation continue,41 faut donc au moins 32 excitations du nerf acoustique 
par seconde. Nous sommes ici à la limite de la fonctien; et l’excitation de l’organe cesse 
d’être régulière; l’instrument chargé de la récolte et de la fusion des excitations ne peut 
plus associer ces ondes trop lentes et qui font des secousses isolées dénuées de tonalité. 
Helmholtz remarque avec intérêt que l’éducation est impuissante à modifier ce résul¬ 
tat • c’est donc, dit-il, un phénomène dû à la conformation de l’organe. 
Par contre, la faculté d’entendre les sons de tonalité élevée (vibrations de durée courte 
et de rapidité extrême par seconde), est très développée. 
Ainsi on peut percevoir le son du ré 6 de la petite flûte d’orchestre, qui donne 9504 
vibrationspar seconde (4750 allemandes). Despretz a pu atteindre, avec ses petits diapa¬ 
sons jusqu’aux? 9, auquel correspondent 76032 vibrations (38019 allemandes) ; la lon¬ 
gueur d’onde ici est de quatre millimètres. Cependant on remarque également que 
ces sons si hauts deviennent peu distincts, peu nets, et désagréables à l'oreille ; nous 
avons fait tout à l’heure la même réflexion à propos des sons placés à la limite des graves.
        

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