Bauhaus-Universität Weimar

ATTENTION. 
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Cependant cet accroissement de l’intensité des phénomènes sous l’influence de l’atten¬ 
tion a été discuté et mis en doute par la plupart des observateurs contemporains. (Voir 
a ce propos les discussions de Fechner, Revision der Psychophysik, xix. — G. E. Muller. 
Zur Theorie d. sinnlichen Aufmerksamkeit. §1. — Stumpf, Tonpsychologie, I, 71. — VV. James 
Principles of psychology, i, 423. — H. Munsterberg et Kozhin, L’augmentation d'intensité 
produite par I attention. Psychol. Review, t. r, p. 39.-J. G. Hibben, Sensory stimulation by 
attention. Psycholog. Review, New-York, t. it, 1895, p. 369-376.; Nous ferons remar- 
quer que cette discussion avait déjà été commencée par un psychologue français qui 
mériterait d être plus connu. Gerdy, dans sa Psychologie physiologique des sensations, 
écrivait déjà en 1846 : « Cette difference d’intensité n’est qu’une pure illusion... l’atten¬ 
tion ne rend pas la main et les yeux plus sensibles, mais l’intelligence plus puissante 
e,fc plus Juste- ” Une des ^marques les plus intéressantes faite â ce propos par Stumpf 
cest que nous ne pourrions plus apprécier les différences d’intensité ni reconnaître une 
intensité faible, si 1 attention avait pour effet de transformer la force, le degré de la sen¬ 
sation. Peut-être faut-il simplement conclure que cet accroissement apparent de Finten 
site n est qu un accroissement de la clarté, de l’intelligence des phénomènes. C’est là 
psychologiques Pr°P°S de laquelle Peuvent être faites un grand nombre d’expériences 
2° Un autre effet apparent de l’attention qu’il est nécessaire d’interpréter, c’est uu’elle 
parait augmenter la durée pendant laquelle un phénomène psychologique reste présent 
à notre conscience ; 1 attention semble être un processus de fixation, de détention des 
laits dans la conscience. Des observations précises n’ont pas complètement vérifié cette 
remarque populaire. Sauf des cas fort rares où le phénomène change de nature comme 
dans la catalepsie 1 attention ne peut rester fixée longtemps sur le même objet. Quand on 
essaye de fixer ainsi l’attention d’une manière continue sur un même fait, par exemole 
sur une impression sensible uniforme, on constate qu’au bout de quelques instants la 
conscience des faits diminue, puis augmente de nouveau; en un mot, l’attention subit 
des oscillations. 
Ce phénomène des oscillations dans l’attention, signalé pour la première fois par 
undt' (Psych, physiol., u, o3),a été l’objet d’un très grand nombre d’études expérimen¬ 
tales. Munsterberg (,Beitrage z. exper. Psychol., ii, p. 69) rattache ces oscillations à des 
phenomenes de fatigue dans les muscles qui contribuent à l’accommodation des 
organes sensoriels Lrbantschitsch [A. Pf., t. xxiv, p. 574; t. xxvm, p. 440; C. W. 1875 
P' air , BE JDie Schwankungen der Gesichtsempfindungen., Phil. Studien t vu/ 
F' S e, 6JPllqUent aussi par des modifications de l’organe externe. Lange au con¬ 
traire (Phil. Stud., t. iv p. 390) et surtout H. Eckener (Untersuch. über die Schwankungen 
der Auffassung minimaler Sinnesreizen. Phil. Stud. t. vm, p. 343-387) les rattachent à des 
phenomenes qui ont lieu dans les centres nerveux. Le dernier croit qu’un autre phé¬ 
nomène psychologique, la persistance des images très vives, joue le rôle le plus impor¬ 
tant dans les oscillations de l’attention. P P 
Quoi qu’il en soit, comme le montre bien W. James (Principl. of Psych t i p 493) i>at 
tention ne peut se prolonger que si son objet change. Notre étude d’un même objet se 
prolonge, £arce que nous voyons sans cesse de nouveaux détails, parce que nous renou¬ 
velons sans cesse les questions. C’est ainsi que l’attention prolongée enrichit l’esprit de 
connaissances nombreuses. ^espmue 
30 Un fait dont la constatation est plus facile, c’est la rapidité que l’attention commu¬ 
nique aux phenomenes psychologiques. On sait l’importance que l’étude du temps de 
reaction a prise dans la psychologie expérimentale. Wundt a été l’un des prefers à 
nh^Ha r?!*16 f iemPS dG réaCti0n’ 16 teraps qui s’écoule entre une impression péri¬ 
phérique et le petit mouvement par lequel le sujet manifeste qu’il a éprouvé une sensa 
obtni;n^uaUeiCOnS aWement ,qUand 16 SUj6t 6St attenÜf- Le temps de réaction que Fou 
obtient quand on impressionne le sujet qui n’a pas été prévenu est beaucoup plus Ion« 
avanTde Toi ^ °" ^ Rar un siSnal quelques instants 
avant de lui faire subir une impression. Citons comme exemple les chiffres suivants 
donnés par Wundt : 1 impression est auditive et assez forte, le temps de réaction pour le 
suje non prévenu est en moyenne 0"253; il devient chez un sujet prévenu 0"076 Si le 
bruit est faible, le temps de réaction est pour le sujet non prévenu 0"266, pour le sujet. 
DÎCt. DE PHYSIOLOGIE. — TOME I.
        

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