Bauhaus-Universität Weimar

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ATROPINE. 
La tropine et l’acide tropique additionnés d’acide chlorhydrique et chauffés au bain- 
marie peuvent régénérer l’atropine (synthèse partielle de l’atropine réalisée par 
Ladenbürg). 
L’atropine forme des sels. Elle est généralement employée sous forme de sulfate. 
Le sulfate d’atropine (C17H23Az03)2H2S04 forme des aiguilles cristallines blanches, 
solubles dans 1 partie d’eau ou d’alcool absolu et dans 3 parties d’alcool à 90° en don¬ 
nant une solution neutre, d’une saveur amère et âcre ; presque insoluble dans l’éther, 
le chloroforme et la benzine. Il fond à 187°. 
Le sulfate d’atropine pur doit se volatiliser sans laisser de résidu ; sa solution au 
centième ne doit pas précipiter par addition d’ammoniaque qui indiquerait la présence 
d’alcaloïdes étrangers. Il doit se dissoudre dans l’acide sulfurique en donnant un liquide 
incolore, même après addition de quelques gouttes d’acide nitrique. Il dégage une 
odeur agréable, lorsqu’on le traite par l’acide sulfurique et un peu d’eau. L’addition d’un 
petit fragment de permanganate de potassium dégage alors l’odeur d’amandes amères- 
Le valérianate et le salicylate d’atropine sont moins employés. 
L’atropine n’imprime pas de rotation au plan de la lumière polarisée. L’hyoscyamine 
le tourne à gauche. 
Absorption. — C’est ordinairement du sulfate, très soluble dans l’eau, .qu’on se 
sert. Ce sel est résorbé en somme par toutes les voies, par toutes les muqueuses, par la 
peau dénudée, par les plaies, par les séreuses, ou bien il est injecté dans les tissus 
(voie hypodermique). On l’administre par ces différentes voies. L’excrétion s’en fait assez 
rapidement par les urines. On l’y retrouve toutefois encore après trente-six heures. 
Doses. — Les différents animaux révèlent une sensibilité très différente à l’action 
de l’atropine. L’homme y est très sensible, le singe, le chat et le chien le sont déjà 
moins; le lapin, le cobaye, le rat, la chèvre, le pigeon sont encore moins sensibles. Les 
poissons ne réagissent guère. Le porc mange impunément la racine de belladone. Les 
lapins, chèvres, moutons en broutent impunément l’herbe. Les limaces peuvent être 
nourries sans inconvénient pendant des semaines de feuilles de belladone, alors que 
deux ou trois feuilles peuvent être mortelles pour l’homme. 
Chez l’homme on produit un effet sensible par des doses de 0,0003 à 0,001 gramme 
de sulfate pris par la bouche et surtbut en injection hypodermique. Les doses de 0,005 
à 0,008 gramme produisent des symptômes très prononcés, et il s’y joint des phéno¬ 
mènes cérébraux, plus difficiles à produire que les effets périphériques. 0,01 gramme 
produit des phénomènes très graves pouvant se terminer par la mort. Le pigeon, le 
rat, le cobaye, le lapin peuvent supporter jusqu’à 1 gramme de sulfate. 
Chez le chat et le chien (de 4, 5 kilogrammes) 0,002 à 0,003 gramme en injection 
sous-cutanée ou intra-veineuse produisent des effets sensibles. On a vu des chiens sur¬ 
vivre à un demi-gramme et même plus, c’est-à-dire à des doses absolument mortelles 
pour l’homme. Une, deux ou trois gouttes d’une solution de 3 p. 100 de sulfate d’atro¬ 
pine, injectées dans le sac lymphatique de la grenouille, suffisent pour faire apparaître 
les effets de l’atropine. 
Il paraîtrait que pour l’atropine aussi il se produirait à la longue une certaine 
accoutumance, c’est-à-dire que pour obtenir les mêmes effets il faudrait, après un 
usage prolongé, des doses plus élevées. Si celte accoutumance existe, elle n’est certai¬ 
nement pas aussi forte que pour d’autres narcotiques (morphine, nicotine, etc.). 
L’atropine est rangée dans la classe des narcotiques. La désignation de « narcotique » 
serait cependant foncièrement erronée si elle devait tendre à identifier plus ou moins 
son action avec celle de la morphine. A certains égards, l’action de l’atropine est anta¬ 
goniste de celle de la morphine, surtout en tant qu’elle agit sur le sysLème nerveux 
central. 
L’atropine agit puissamment et d’une manière élective sur diverses parties du sys¬ 
tème nerveux. Elle sert donc dans bien des circonstances à dissocier physiologiquement 
certaines fonctions nerveuses. Les éléments nerveux particulièrement influencés sont 
les uns périphériques, les autres centraux. Les premiers, les périphériques, sont les 
extrémités de certains nerfs centrifuges, les uns franchement moteurs, ceux qui inner¬ 
vent des fibres musculaires lisses dans les organes les plus divers; les autres sont sécré¬ 
teurs. D’autres enfin exercent des actions d’arrêt, d’inhibition périphérique.
        

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