Bauhaus-Universität Weimar

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ATROPHIE. 
au point qu’une atrophie réelle d’un tissu peut se traduire par l’augmentation de volume 
de l’appareil ou organe qu’il constitue essentiellement : c’est ce qu’on peut observer 
d’une façon très particulière dans la surcharge graisseuse des muscles ou pseudo-hyper¬ 
trophie musculaire. La question de savoir si la dénutrition de l’élément essentiel est 
d’origine primitive ou si elle est le résultat de l’exagération nutritive du tissu conjonctif 
interstitiel est le plus souvent délicate à trancher, même dans le cas de scléroses atro¬ 
phiques les plus ordinaires. 
Mécanisme. — Atrophie, avons-nous dit, signifie restriction de la nutrition avec ou 
sans modification notable de son type normal et régulier. Cette définition semblerait 
impliquer que nous savons ce qu’est la nutrition. Or, qu’est-ce donc exactement que la 
nutrition? Il est peu de mots qui reviennent plus souvent que celui-ci dans le langage 
physiologique et médical; il en est peu dont au premier abord le sens paraisse plus 
banal et plus simple; il en est peu dont en réalité la signification soit plus vague, plus 
équivoque, plus mal définie. Cette incertitude, ce défaut de sens précis se retrouvent 
naturellement dans l’étude des processus physiologiques ou pathologiques ayant pour 
base la nutrition : il faut convenir qu’il n’en peut guère être autrement, vu la com¬ 
plexité extrême de l’ensemble de phénomènes qu’on réunit sous ce nom; à cause de 
cette complexité même, il faut y distinguer un certain nombre de points de vue. 
L’animal use sa substance; il doit la remplacer par les aliments qu’il prend jour¬ 
nellement. Ces aliments digérés et absorbés forment une réserve qui s’épuise seulement 
peu à peu. Mais chaque cellule est individuellement dans le même cas que l’animal 
lui-même; pour remplir sa fonction propre, elle dépense une provision intérieure qu’elle 
s’était constituée : c’est, la création de cette réserve qui constitue l’acte nutritif propre¬ 
ment dit. Compris de la sorte, le terme nutrition indique un acte chimique d’une nature 
particulière opposé à l’acte du fonctionnement et dont il constitue comme le terme 
inverse : mais ce point de vue est beaucoup trop restreint, il n’envisage d’abord que 
l’individu ou la cellule complètement développés, et dans ceux-ci qu’un côté de la 
question. Cette cellule, avant d’avoir acquis sa forme spéciale et définitive, en a revêtu 
d’autres; elle a été d’abord une cellule embryonnaire, susceptible de s’accroître jus¬ 
qu’à un certain degré, à partir duquel elle se divise en cellules nouvelles qui s’accrois¬ 
sent et se divisent à leur tour. Ces phénomènes d’accroissement et de multiplication 
dans un certain ordre représentent eux aussi la nutrition, mais dans son plus haut 
degré de complexité, opposés à l’exemple précédent qui la montre sous son aspect le 
plus rudimentaire et le plus simple. Entre ces cas extrêmes il en est d’autres. Ainsi, 
par exemple, dans la vie embryonnaire, un moment vient pour ces cellules (pour cer¬ 
taines tout au moins) où elles cessent de se diviser et de se multiplier, le nombre en étant 
désormais compté; il leur reste alors seulement à s’organiser, à prendre la structure 
intérieure et l’aptitude particulière qu’elles garderont dans la suite. Au sein de leur 
protoplasme embryonnaire il s’en édifie un autre plus ou moins différencié et qui donne 
sa caractéristique à la cellule. Ainsi, à titre d’exemple particulier, la fibre musculaire, 
alors qu’elle commence à avoir ces disques caractéristiques qui sont l’instrument de sa 
contraction et qui lui permettent déjà de se contracter, continue d’en édifier d’autres 
dans son intérieur jusqu’à ce que sa croissance soit complète. Et cet acte d’accroisse¬ 
ment de la fibre musculaire ne peut être confondu ni avec la contraction même, ni 
avec la création des réserves qui lui fournissent l’énergie nécessaire à sa contraction. 
La mise en place de toutes ces fines particules, l’édification de ces organes intra-cellu¬ 
laires est encore un acte nutritif, acte moins complexe que le précédent, puisque la 
multiplication y est en moins, acte qui est au fond de nature chimique, mais d’une 
chimie extrêmement compliquée, et formé par l’association et l’évolution d’une série de 
phénomènes chimiques d’ordres plus simples, à l’ensemble desquels on donne commu¬ 
nément les noms divers de nutrition formative (Virchow), de synthèse morphologique 
' (Cl. Bernard), d’histopoièse (Chauveau). 
Tant que nous ne serons pas fixés sur le mécanisme intime de ces actes nutritifs, 
nous n’aurons point de base solide pour l’étude et l’explication des phénomènes atro¬ 
phiques et dégénératifs. Un premier pas vers cette connaissance sera néanmoins fait, si 
nous savons distinguer ces différents aspects de la nutrition. Ces deux points de vue, 
que nous aide à bien distinguer et à comprendre l’exemple plus haut cité d’une cellule
        

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