Bauhaus-Universität Weimar

ASTIGMATISME. 
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aussi la chromasie des points devient très manifeste. Seulement, c’est maintenant le bleu 
qui est vers le centre du disque, le bord périphérique est rouge. En somme, les différents 
secteurs du cercle sont de véritables spectres. 
Lorsqu’on place une parcelle lumineuse très petite en deçà du terrain de la vision 
distincte, les taches allongées du cercle de diffusion prennent l’apparence de rayons très 
fins; l’apparence ressemble à une étoile rayonnée si le point lumineux est au delà du 
punctum remotum. S’il se trouve en deçà du punctum proximum, les rayons en question 
ne se dégradent pas vers la périphérie; et lorsque le point arrive dans le foyer antérieur 
de l’œil*(à 13 millimètres environ au-devant de la cornée), ils constituent les lignes 
rayonnées intenses de la figure 70 (Donders). Cette figure représente l’apparence entop- 
tique du cristallin (voyez Vision entop- 
tique); les rayons du disque sont donc 
l’expression entoptique de la composi¬ 
tion en secteurs du cristallin. Dès lors, 
comme le dit Donders, la polyopie mo¬ 
noculaire, l’apparence rayonnée du cer¬ 
cle de diffusion, le fait, notamment, 
qu'en dehors des limites de la vision 
distincte, un point peut se présenter 
sous forme d’une étoile (rayonnée), en¬ 
fin l’apparence entoptique de la figure 70, 
tout cela repose sur une seule et même 
particularité structurale de l’œil. Ainsi 
que cela est démontré à l’article Vision 
entoptique, la cause en réside dans la 
structure particulière du cristallin, len¬ 
tille composée de secteurs, dont chacun 
a une structure fibrillaire qui se traduit 
dans la striation rayonnée plus fine de 
la figure 70. Rien de tout cela ne s’ob¬ 
serve dans les yeux privés de cristallin 
(opérés de cataracte). Les points lumineux principaux, centraux, de la figure 68 sem¬ 
blent correspondre aux parties centrales des grands secteurs du cristallin. Les points 
périphériques plus pâles, nombreux surtout avec la pupille dilatée, semblent être pro¬ 
duits par la réfraction dans les subdivisions (périphériques) de chaque secteur prin¬ 
cipal. 
Les images multiples sous lesquelles peut se présenter un point ont déjà été étudiées 
par de iA Hire (1694) et Th. Young (1801). C’est Donders (1846) qui en a localisé la cause 
dans le cristallin. Les choses se passent, dit Donders, comme si les différents secteurs 
cristalliniens avaient des distances focales différentes. Toutefois il avoue ne pouvoir don¬ 
ner une explication satisfaisante des détails du phénomène. 
Stellwag et C a di at ont invoqué la polarisation de la lumière pour expliquer les phé¬ 
nomènes, mais à tort, puisque l’œil muni d’un prisme de Nikol voit parfaitement ces 
apparences, même si on tourne Je prisme. 
S. Exner a essayé de serrer de plus près l’explication, dans l’hypothèse d’une simple 
inégalité de réfringence entre les différents segments du cristallin, que cette inégalité 
soit produite par des courbures inégales ou par des différences dans l’indice de réfrac¬ 
tion. Il donne la figure 71, qui est donc explicative de l’opinion de Donders. C’est une 
surface réfringente dont un segment a possède un applatissement relatif* et un segment 
b une courbure plus forte que le restant de la surface. En f, il se forme un foyer des 
rayons qui tombent sur la surface, foyer qui approche plus ou moins de la forme d’un 
point. Le faisceau partiel qui traverse a forme un foyer en f, en arrière de f, et le fais¬ 
ceau qui traverse 6 forme foyer en f1. Un écran blanc placé successivement en f, puis en 
arrière et au delà, montre des cercles de diffusion qui reproduisent plus ou moins les 
apparences perçues par l’œil humain. Exner rappelle à ce propos l’effet que les petites 
bosselures d’un verre à vitre produisent sur la lumière solaire directe. Une surface 
éclairée par la lumière, qui a passé à travers une glace non polie, montre un éclairage
        

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