Bauhaus-Universität Weimar

ASTIGMATISM E. 
Il y a de cela quelques années seulement, on n avait à cet effet que la méthode 
laborieuse consistant à essayer d’augmenter l’acuité visuelle à l’aide de verres cylin¬ 
driques combinés au besoin avec des verres sphériques. On commençait d abord par 
déterminer les directions des méridiens de la plus forte et de la plus faible courbure, 
à rechercher l’axe de l’astigmatisme, détermination par laquelle aujourd’hui encore 
doivent commencer toutes les mensurations de ce genre. A cet effet, on peut se servir 
soit de points lumineux, soit de systèmes de lignes différemment orientées, disposées, 
par exemple, en. étoile. Pour ce qui est des points lumineux (percés dans un écran por¬ 
tant la graduation d’un cercle), on n’a qu’à faire en sorte (voir plus haut) qu ils se pré¬ 
sentent sous forme de lignes. La direction de celles-ci donne celle soit du méridien 
maximal, soit du méridien minimal. Si on se sert de systèmes de lignes différem¬ 
ment orientées, celles qui apparaissent le plus nettement sont dans le méridien maximal 
ou dans le minimal. . , , , , 4 ,.. 
La direction des méridiens principaux étant connue, on élimine préalablement, s il y 
a lieu, toute trace de myopie ou d’hypermétropie, en augmentant le plus, possible 
l’acuité visuelle à l’aide de verres sphériques. Si maintenant il reste encore de l’astigma¬ 
tisme ou le corrige en essayant, avec des verres cylindriques de diverses forces, places 
avec leur axe dans l’un ou l’autre méridien principal, d’obtenir le maximum possible de 
l’acuité visuelle. La valeur du cylindre correcteur donne la valeur de l’asymétrie asth¬ 
matique de l’œil. , 
Le côté faible de cette détermination subjective de l’astigmatisme total est qu on est 
réduit à interpréter les réponses du sujet examiné, qui se fatigue, donne des réponses 
erronées et ainsi déroute l’examinateur. Enfin, cette méthode n’est guère applicable 
aux enfants. Telle quelle est, cependant, elle rend encore de grands services; et surtout 
il faut toujours finir par contrôler,"à l’aide d’elle, les résultats fournis par les méthodes 
qui servent à déterminer objectivement l’astigmatisme total. 
Pour déterminer objectivement l’astigmatisme total de l’œil, nous possédons aujourd’hui, 
dans la « skiascopie » imaginée par Cuignet (et développée par Landolt, Parent, 
Chibret, etc., etc.), une méthode absolument rigoureuse. En voici les principes expéri¬ 
mentaux (pour la théorie et les règles plus pratiques, voir l’article Skiaskopie) : 
Si on éclaire le fond d’un œil à l’aide d’un ophtalmoscope (le mieux tenu à un peu 
plus d’un mètre de l’œil examiné), la pupille paraît rouge dans toute son étendue. Qu’ar¬ 
rive-t-il si on éclaire le disque pupillaire peu à peu, en déplaçant le reflet ophtalmosco- 
pique vers le centre pupillaire, ce qu’on obtient en inclinant de plus en plus le miroir 
ophtalmoscopique? Lorsque ce reflet s’avance sur la pupille, celle-ci ne paraît d’emblée 
rouge dans toute son étendue que dans un seul cas, celui d’une réfraction emmétropique 
de l’œil. Si l’œil est myope, et si le miroir employé est plan, la pupille de l’œil myope 
s’éclaire partiellement d’abord, puis tout à fait, en commençant par le bord opposé à 
celui d’où vient (sur la face du sujet examiné) l’éclairage, le reflet ophtalmoscopique. 
Si l’œil est hypermétrope, l’éclat pupillaire marche dans le même sens que le reflet 
ophtalmoscopique. Avec un miroir concave, la marche du reflet pupillaire est inverse. Le 
verre sphérique, placé devant l’œil examiné, qui fait que la pupille s’éclaire d’emblée 
dans toute son étendue, donne le degré de l’amétropie. 
Rien n’est changé aux phénomènes si on avance le reflet lumineux vers la pupille, sui¬ 
vant ses méridiens les plus divers. Mais, s’il y a astigmatisme, le verre correcteur d’un 
méridien ne l’est plus pour un autre. Et la différence, d’une part entre le verre qui cor¬ 
rige le méridien le moins amétrope, et d’autre part entre celui qui corrige le méridien le 
plus amétrope, donne le degré, la valeur de l’astigmatisme total avec une rigueur assez 
grande. . , . 
Dans la skiascopie aussi, il faut commencer par déterminer 1 axe de 1 astigmatisme, 
c’est-à-dire la direction des méridiens principaux, ce qui se fait facilement et d’emblée. 
En réalité on voit se mouvoir sur la rétine une image plus ou moins diffuse de la source 
lumineuse, ovale dans l’œil astigmate. Cette image, et partant sa ligne de démarcation 
avec la partie obscure de la pupille, ne sera perpendiculaire au sens du mouvement de 
l’ophtalmoscope, que si ce dernier a lieu dans un des méridiens principaux. Si le reflet 
lumineux s’avance dans un méridien intermédiaire, la ligne de démarcation est oblique 
par rapport au sens du mouvement, et placée toujours dans un des méridiens principaux.
        

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