Bauhaus-Universität Weimar

ASPHYXIE. 
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et en particnlier par les anesthésiques. Quand on a empoisonné un chien ou un lapin par 
une forte dose de chloral, on voit souvent le cœur continuer à battre, alors que la respi¬ 
ration a cessé. Si l’on ne fait pas la respiration artificielle, l’asphyxie finira par survenir, 
sans que les mouvements respiratoires spontanés aient reparu. C’est ce qu’on a souvent, 
assez mal à propos, appelé la syncope respiratoire ; mais cette syncope respiratoire n’est 
pas dangereuse, si l’attention du médecin ou du physiologiste est en éveil; car elle ne 
persiste jamais très longtemps, et, tant que le cœur bat, il n’y a pas de danger réel 
pour la vie de l’animal. 
Aussi, dans les cas de mort par le chloroforme, ne doit-on pas incriminer l’asphyxie. 
Sauf le cas de faute lourde du chirurgien, il ne peut y avoir de mort que par la syncope. 
La syncope tue immédiatement, sans retour possible à la vie, tandis que la mort par 
asphyxie est toujours longue, et plus longue encore chez les individus chloroformés que 
chez les autres, de sorte qu’il est difficile d’admettre qu’un chirurgien laisse pendant 
huit à dix minutes son malade asphyxier, sans songer à regarder comment se font les 
inspirations. 
D. —La respiration est suspendue par suite de la paralysie ou de la contracture des mus¬ 
cles respirateurs. — C’est le cas du curare qui paralyse les terminaisons motrices des nerfs 
dans les muscles, ou de la strychnine qui détermine la contraction tétanique de tousles 
muscles; dans un cas comme dans l’autre, la respiration artificielle empêche la mort. Le 
tétanos traumatique peut tuer aussi par la contracture des muscles inspirateurs. 
E. — Le sang est empoisonné de manière à ne plus pouvoir fixer l’oxygène. — C’est le 
cas de l’empoisonnement par l’oxyde de carbone qui a été si merveilleusement analysé par 
Claude Bernard. La circulation est intacte; les voies aériennes sont libres; les mouve¬ 
ments respiratoires continuent à se faire, et le milieu extérieur n’a pas changé; mais le 
sang ne peut plus absorber de l’oxygène et le porter aux tissus. Aussi la mort par l’oxyde 
de carbone et par quelques autres gaz, dont l’étude toxicologique est moins bien faite, 
est-elle en somme une vraie asphyxie (asphyxie toxique). 
Evidemment ces diverses formes d’asphyxie ne peuvent s’observer que chez les ani¬ 
maux supérieurs, possédant un appareil respiratoire compliqué. Chez les animaux ou 
végétaux qui ne respirent que par diffusion et qui sont dépourvus d’organes respira¬ 
toires proprement dits, l’asphyxie ne peut être produite que par la suppression de l’oxy¬ 
gène ambiant; et, même chez les animaux pourvus de poumons, ou de branchies, quand 
la peau est nue, une respiration cutanée, encore assez active, intervient, qui permet la 
continuation de la vie, malgré la suppression complète des organes respiratoires. 
Durée de l’asphyxie chez l’homme. — La durée de l’asphyxie, c’est le temps qui 
s’écoule entre 'le moment où commence la privation d’oxygène et le moment même de 
la mort. Rien de plus important que la détermination exacte de cette durée pour le 
médecin comme pour le physiologiste. Mais une pareille précision est impossible à 
obtenir, par cette simple raison que le moment même de la mort ne peut être défini. 
La physiologie générale nous apprend que les divers tissus, dont l’être est composé, 
possèdent chacun leur autonomie, et que, lorsque la même cause de mort ou de destruc¬ 
tion, par exemple la privation d’oxygène, vient à agir sur eux, ils restent encore vivants 
pendant un temps variable pour chaque tissu. Le cerveau mourra avant le bulbe, et la 
moelle avant le cœur. Alors quand dira-t-on que l’individu est mort? 
On pourrait difficilement adopter pour 1a. mort de l’individu le moment de la mort 
de la conscience; car la conscience se dissout très vite, et, dès que le cerveau n’est plus 
traversé par du sang bien artérialisé, la conscience disparaît, cependant que l’individu 
continue à respirer, à se mouvoir, et garde les apparences de la vie. Quelques bouffées 
d’air pur vont faire reparaître la conscience; c’était l’anéantissement passager, et non 
définitif, de l’intelligence, et le sommeil plutôt que la mort. 
Dirons-nous alors que la mort survient quand tout mouvement a cessé, et qu’il n’y a 
plus ni réflexe, ni respiration? Ce serait, à ce qu’il me semble, une conclusion assez 
téméraire ; car, si le cœur est animé encore de quelques battements, la vie peut repa¬ 
raître, dès qu’on pratique la respiration artificielle. Certes, si l’individu est abandonné 
à lui-même, la mort survient fatalement; mais ce n’est pas une raison pour dire qu’il 
est mort. Il va mourir, si on ne le secourt pas, mais il n’est pas mort, puisque, si on le
        

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