Bauhaus-Universität Weimar

ARSENIC. 
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da tube digestif trouvent déjà en partie leur explication : il faut sans doute y ajouter, 
avec Lesser et Doüiel, l’action exercée par le poison sur le myocarde et sur ses gan¬ 
glions intrinsèques. L’abaissement de pression n’est pas toujours le phénomène primitif; 
elle est précédée d’une augmentation préalable si le poison a été injecté à petite dose. 
Dans ce dernier cas aussi, la fréquence du cœur est d’abord accélérée (Pistorius, Dogiel, 
Lesser) ; pour des doses moyennes, le rythme se précipite d’abord, puis se ralentit; pour 
des doses fortes, le ralentissement est immédiat (Lesser). Si l’injection, au lieu d’être vei¬ 
neuse, est sous-cutanée, l’accélération primitive est la règle d’après ce dernier. 
Ni Vryens, ni Pistorius n’ont constaté la perte de l’excitabilité du pneumogastrique 
signalée par Lesser. 
Dogiel, qui a étudié au moyen du compteur de Ludwig la vitesse de la circulation chez 
les animaux empoisonnés, a trouvé qu’elle était d’abord augmentée, puis diminuée. 
On trouve peu de renseignements relatifs à l’action de l’arsenic sur les centres de 
la respiration. D’après Lesser, les modifications respiratoires sont indépendantes de 
celles de la circulation : c’est d’abord l’excitation, puis la dépression, qui se manifeste 
surtout si l’on injecte des doses progressives et si les nerfs vagues sont intacts. Lors¬ 
que l’injection a été faite dans une veine, la diminution d’excitabilité des centres amène 
le ralentissement et l’affaiblissement immédiats de la respiration : il en est de même 
si le poison est introduit dans une carotide. Les battements du cœur survivent en 
général à la respiration chez les animaux à sang chaud : c’est le contraire chez la gre¬ 
nouille. 
Action sur le sang. — L’arsenic ou pour mieux dire les acides arsénieux et arsé- 
nique ne sont pas des poisons du sang, et sous ce rapport la physiologie pathologique 
de ces composés doit être entièrement séparée de celle de l’hydrogène arsénié. D’après 
les documents, peu nombreux d’ailleurs, que l’on a sur ce sujet, il apparaît bien que 
leur action sur le liquide sanguin est peu prononcée. On dit que l’arsenic absorbé 
se trouve dans le caillot et non dans le sérum (ce qui prouverait l’affinité des élé¬ 
ments figurés pour le poison), et qu’il diminue le pouvoir absorbant du sang pour 
l’oxygène. 
D’après Dogiel, lorsqu’on ajoute à du sang défibriné de chien ou de grenouille de 
l’acide arsénieux en poudre, au bout de quelques jours, il n’y a de modification ni 
dans la forme des globules ni dans la couleur du sang, tandis que sous l’influence de 
l’acide arsénique la forme des globules s’altère : dans le sang de la grenouille, le noyau 
devient plus net en même temps que granuleux. On peut se demander si cet effet n’est 
pas dû uniquement à l’acidité du composé. 
Chez l’homme des recherches ont été faites par Cuttler et Bradford, qui ont soumis 
des anémiques au traitement par la liqueur de Fowler, et disent avoir observé d’abord 
une augmentation des globules rouges et blancs; puis une diminution de ces éléments. 
Hayem, en donnant pendant des semaines de l’arsenic à des chlorotiques, n’a rien constaté 
de particulier. En reprenant ces expériences dans le laboratoire de Hayem, Delpeuch 
(D. P., 1880) a trouvé que le sang ne présente pas de modifications tant que la dose 
d’arsenic n’a pas atteint 0gr,01. Quand on arrive à ce chiffre, le résultat est constant : 
le nombre des globules rouges a diminué : mais, au fur et à mesure que cette dimi¬ 
nution se produit, la quantité d’hémoglobine augmente dans les globules intacts, de 
sorle que la richesse du sang en matière colorante ne subit que peu de variations. 
D’autre part les globules blancs et les hématoblastes ne présentent que d’insignifiantes 
modifications. 
A. Vryens exagère donc l’action destructive des composés arsenicaux, en parlant, 
comme le font beaucoup d’autres auteurs, de la dissolution des globules sanguins par 
l’arsenic : il suffit de faire remarquer que les composés dont il est ici question ne pro¬ 
duisent qu’exceptionnellement l’hémoglobinurie. A. Vryens reconnaît du reste que la 
destruction des hématies est très peu importante en général, dans les cas où la quantité 
injectée ne dépasse pas 0gr,01 d’As203 pour 1 kilogramme, ce qui est une dose considé¬ 
rable. L’animal, dit-il, se porte encore assez bien immédiatement après l’intoxication, et 
ce n’esL-qu’au bout de quelques.heures que les symptômes graves se déclarent : celte 
sorte de période d’incubation, ajoute-t-il, prouve que ce n’est pas aux troubles de la com¬ 
position chimique du sang que l’on peut rattacher les symptômes graves qui ne sur- 
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DICT. DE PHYSIOLOGIE. — TOME I.
        

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