Bauhaus-Universität Weimar

ARACHNIDES. 
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étaient prises pour que l’Araignée ne pût voir les mouvements). Presque à chaque 
coup, l’Atte réagissait, -soit en s’arrêtant dans sa marche, soit en effectuant un petit 
saut. Viennent ensuite les expériences de Boys, puis de G. et E. Peckham qui, tous 
trois, utilisèrent des diapasons. Remarquez que ces expériences ne donnèrent quelque 
chose qu’avec les araignées tissant des toiles et placées sur leur réseau. Boys constata : 
1° que dès qu’un diapason en vibration touche un des fils de la toile ou seulement l’un 
des rameaux auxquels celle-ci est fixée, l’Araignée trompée par lés trépidations ressem¬ 
blant à celles que produit un insecte qui se débat, suit le fil secoué et se précipite vers 
le diapason; 2° que, si le diapason vibrant est simplement approché sans toucher la 
toile, les grosses Épeires, averties évidemment par les mouvements de l’air analogues 
au souffle amené par les battements rapides des ailes d’une Guêpe ou d’une Abeille, 
mouvements qui font, encore une fois, vibrer la toile, prennent une attitude défensive, 
tandis que les petites Araignées, cherchant leur salut dans la fuite, se laissent immé¬ 
diatement tomber. 
Les essais de G. et E. Peckham, plus complets, donnèrent les mêmes résultats. 
Chose très importante à retenir, ces derniers expérimentateurs n’obtinrent rien chez 
les Araignées chasseuses, Lycoses, Dolomèdes, etc., qui ne tissent pas de toile; le dia¬ 
pason les laisse absolument indifférentes. La chute ou la descente le long d’un fil 
d’Araignées tisseuses dont le réseau est mis en vibration par le voisinage d’un instru¬ 
ment de musique quelconque explique très bien la plupart des anecdotes inutiles à 
répéter que l’on recopie dans tous les livres pour prouver la soi-disant audition des 
Aranéides. 
Des essais sur l’audition chez les Scorpions ont été tentés par Ant. Dugès, Ray 
Lankester et Pocock. Les deux derniers n’ont réussi à constater aucune perception audi¬ 
tive. Les anciennes expériences de Dugès (1838) sont encore plus décisives : ni le «ton 
d’une montre à répétition approchée très près d’un Scorpion d’Europe, ni le sifflement 
le plus aigu n’agitaient l’animal; mais le moindre frottement du doigt sur le sol le 
faisait tressaillir; de même une vive secousse de tous ses membres témoignait de sa 
sensibilité aux vibrations de l’air quand on tendait brusquement une feuille de papier à 
distance, et même derrière un écran. L’ouïe, dit Dügès, n’est chez eux « qu’une dépen¬ 
dance du tact ». 
Comme conclusion, citons cette appréciation de P. Bonnier qui résume tout : « Nous 
les croyons (les Araignées), pour notre part, absolument sourdes, presque aveugles, mais 
remarquablement douées au point de vue de ce qu’on peut appeler le sens de la trépi¬ 
dation, sens qui suffît aux besoins de la grande majorité des animaux... » 
F. Odorat. — La perception de la présence de matières volatiles affectant notre 
propre muqueuse olfactive est incontestable chez la plupart des Araignées, mais nous 
ne pouvons pas en conclure qu’il existe chez ces animaux un véritable sens de l’odorat. 
Dahl avait constaté cette perception chez une Epeire et une Erygone en observant 
les manifestations extérieures de l’animal lorsqu’on en approchait un pinceau imbibé 
d’un liquide odorant. Ses résultats, que confirment mes observations personnelles sur 
une Amaurobie, montrent que la sensibilité aux vapeurs odorantes est faible, que la per¬ 
ception est lente (exigeant toujours plusieurs secondes), enfin que la nature de cette 
perception n’est pas la même que chez l’homme, l’ammoniaque, par exemple, pro¬ 
duisant fort peu d’effet, parfois rien. 
Dahl ayant employé, outre l’essence de girofle, l’essence de térébenthine et une 
solution d’ammoniaque, substances que les Araignées, à l’état de nature, n’ont guère 
occasion de sentir, ses essais soulevèrent des objections multiples qu’essayèrent d’éviter 
G. et E. Peckham en n’employant que des matières odorantes végétales analogues à celles 
que produisent les fleurs. Ces habiles observateurs firent plus de deux cents expériences 
portant sur vingt-sept espèces d’Araignées. Leur procédé consiste à approcher de l’Arach¬ 
nide, tantôt ostensiblement, tantôt sans que l’animal puisse voir le mouvement, un chaume 
de graminée d’abord sec et propre, ensuite trempé dans l’un des liquides suivants : 
essence de menthe, de lavande, de cèdre, de girofle, eau de Cologne. Trois espèces 
seulement, une Argyrœpeira, une Dolomède et un Herpyllus, ne manifestèrent jamais 
rien; pour toutes les vingt-quatre autres espèces, il était évident que l’articulé percevait 
quelque chose. Suivant les individus et la nature de la substance, les Araignées mani-
        

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