Bauhaus-Universität Weimar

APNÉE. 
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H. Aronson (Ueber Apnoe bei Kaltblütern und neugeborenen Säugethiere. A. Db. 1885, 
p. 266) a constaté qu’il est impossible de provoquer Yapnée par ventilation pulmonaire 
chez les animaux à sang froid (grenouille, tortue) et chez les mammifères nouveau- 
nés (chats âgés d’un jour). Cela tient sans doute à ce fait que le sang artérialisé dans 
le poumon par la respiration artificielle, se mélange ultérieurement avec du sang vei¬ 
neux avant d’être distribué aux centres respiratoires, d’où impossibilité de placer 
ceux-ci dans les conditions d’oxygénation pour amener Yapnée. L’impossibilité de pro¬ 
voquer l’apnée chez les mammifères nouveau-nés avait déjà été signalée par Max Runge 
(Zeitschrift f. Geburtshülfe und Gynäkologie, t. ii, p. 399), et par Preyer (Specielle Physiologie 
des Embryo). 
Ch. Richet a constaté que la polypnée thermique ne peut s’établir que si le chien est 
en état d’apnée, ou plus exactement si le besoin chimique de la respiration est sus¬ 
pendu. Le chien respire sans avoir besoin de respirer; il respire pour se refroidir. Si 
on oblitère brusquement la trachée d’un chien rendu polypnéique, le rythme accéléré 
restera le même pendant une ou deux minutes, quoiqu’il y ait absence complète de 
renouvellement de l’air. L’animal vit sur la provision d’oxygène accumulée dans son 
sang jusqu’à ce que, cette provision venant à s’épuiser, les premiers signes de la dyspnée 
se manifestent par un rythme respiratoire plus lent et plus profond. On sait que chez 
les chiens qui ne sont pas atteints de polypnée, l’oblitération de la trachée provoque 
immédiatement les signes de la dyspnée (Ch. Richet. Nouvelle fonction du bulbe rachi¬ 
dien. Régulation de la température par la respiration. A. P., 1888, t. i, (4), p. 292). 
Cette théorie chimique de Yapnée et du fonctionnement des centres respiiatoires, 
telle que Rosenthal l’avait formulée, a été vivement attaquée à différents points de vue 
par un assez grand nombre de physiologistes. Nous allons passer en revue les objections 
qu’on lui a faites. 
Paul Hering trouva que le sang artériel du chat ne contient, pendant l’apnée, pas 
plus d’oxygène (même moins) que chez les animaux respirant normalement (Einige 
Untersuchungen über die Zusammensetzung der Blutgase während der Apnoë. Dissertation, 
Dorpat, 1867). Pflüger (A. Pf., 1.1, 1868, p. 100) mit en doute les résultats de Paul Hering 
et y signala une cause d’erreur; il fit reprendre la question dans son laboratoire. Aug. 
Ewald démontra sous sa direction que le sang artériel du chien est, pendant l’apnée, 
toujours un peu plus riche en oxygène (0,1 à 0,9 p. 100 d’oxygène en plus) et notable¬ 
ment plus pauvre en CO2, qu’immédiatement avant ou après l’apnée. Le sang apnoïque 
est à peu près saturé d’oxygène (August Ewald. Zur Kenntniss der Apnoe'. A. Pf., t. vu, 
1873, p. 575). 
Hoppe-Seyler, s’appuyant sur les déterminations de tension de l’oxygène dans le 
sang artériel faites dans son laboratoire par Herter (Ueber die Spannung des Sauerstoffs im 
arteriellen Blute. Zeits. f.physiol. Chemie, 1879, t. m, p. 98) avait admis que le sang artériel 
est déjà à l’état normal souvent saturé d'Qxygène, au moins en ce qui concerne l’oxygène 
fixé sur l’hémoglobine et que, par conséquent, la ventilation pulmonaire la plus éner¬ 
gique ne pouvait guère augmenter cette saturation. Tout au plus la tension de ce gaz 
dans le sang pourra-t-elle s’élever de quelques centièmes d’atmosphère par le fait de 
la respiration artificielle. Mais s’il suffit d’augmenter de quelques pour cent la tension 
de l’oxygène dans le sang pour provoquer l’apnée, Hoppe-Seyler trouve inexplicable 
que l’apnée ne s’établisse pas d’emblée lorsqu’on respire de l’oxygène pur ou de l’air 
comprimé (F. Hoppe-Seyler. Ueber die Ursache der Athembewegungen. Z. P. C., 1879, t. m, 
p. 104). Il fait aussi remarquer que la teneur du sang artériel en oxygène varie dans 
des limites extrêmement larges, sans que l’on observe des variations correspondantes 
dans le rythme respiratoire. Hoppe-Seyler conclut en attribuant l’apnée à l’épuisement 
des muscles respiratoires maltraités par la respiration artificielle. 
Filehne répondit (Ein Beitrag zur Physiologie der Athmung und der Vasomotion; 
Nachtrag. Arch. f. Physiol., 1879, p. 240) à Hoppe-Seyler en lui opposant les chiffres des 
analyses d’EwALD et les résultats des recherches de Hüfner sur la détermination photo¬ 
métrique de l’hémoglobine et de l’oxygène du sang (Ueber die Bestimmung des Hämo- 
globin-Und Sauerstoffgehaltes im Blute. Zeits. f. physiol. Chemie, t. m, 1879, p. 1). D’après 
Hüfner, le sang artériel du chien n’est nullement saturé d’oxygène et contient encore 
de l’hémoglobine réduite. Rosenthal lui-même fit observer que Yapnée chez un animal
        

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