Bauhaus-Universität Weimar

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ANTITOXINES. 
thyroïde, des capsules surrénales, etc.-, par exemple, organes qui, eux aussi, atténuent 
les poisons fabriqués dans l’organisme. Ces corps agissent probablement par la produc¬ 
tion d antitoxines déversées dans le sang; à moins que la cellule glandulaire parvienne 
a détruire les poisons qui circulent dans le^sang, au fur et à mesure qu’elle est en rapport 
avec Je liquide sanguin (V. Chabrin et Langlois. Act. antitoxique du tissu des capsules sur¬ 
rénales. B. B., 1894, pp. 410-412). 
Influences des modifications antérieures de l’organisme sur l’action des anti¬ 
toxines. — On injecte à cinq cobayes neufs un demi-centimètre cube du mélange : toxine, 
900 parties; sérum, 1 partie; aucun ne contracte le tétanos. —A cinq autres cobayes 
de même poids, ayant les meilleures apparences de santé, mais immunisés quelque 
temps auparavant contre le vibrion de Masaouah, on donne le même liquide à Ja même 
dose; ils contracteront lé tétanos ; bien plus, de semblables cobayes pourront être rendus 
tétaniques avec 1 tiers de centimètre cube de ce mélange de 500 parties de toxine 
pour 1 de sérum. — Des cochons d’Inde, qui reçoivent d’abord 1 centimètre cube de 
sérum préventif, actif au trillionième, c’est-à-dire une quantité capable de les immu¬ 
niser des milliers de fois, puis, une dose mortelle de toxine tétanique, restent bien 
portants dans les conditions ordinaires. Plusieurs d’entre eux prendront le tétanos, si on 
leur injecte ensuite des produits microbiens, tels que ceux du bacille de Kiel, du Bacte¬ 
rium coli et d autres bactéries. La toxine n’est donc pas détruite puisqu’elle donne le 
tétanos, même après plusieurs jours, aux cobayes dont on modifie la résistance. 
De même une quantité de sérum antidiphtérique, amplement suffisante à préserver 
des cobayes neufs contre une dose mortelle de toxine, ne retarde pas la mort des 
cobayes de même poids qui ont subi des inoculations antérieures dont ils sont parfai¬ 
tement rétablis. Et cependant, si l’antitoxine détruisait la toxine, cette même quantité 
de sérum serait efficace chez tous ces cobayes du même poids. 
Ces faits montrent l’influence que peut avoir une maladie passée, qui ne laisse pas 
de traces apparentes, soit sur la réceptivité à l’égard des virus, soit sur la sensibilité vis- 
à-vis des substances toxiques. L’explication naturelle n’est-elle pas dans l’action 
du sérum sur les cellules plutôt que sur la toxine? Les cellules bien vivaces des cobayes 
neufs répondent à la stimulation du sérum; elles sont comme indifférentes à la toxine; 
au contraire celles des cobayes déjà impressionnés par les produits microbiens ne lui 
résistent pas. Des faits analogues s’observent, lorsqu’on inocule des virus actifs : 
c est là une observation d’une portée générale. 
Siège des antitoxines. — Cellules génératrices. —Ces subslances antitoxiques 
se trouvent répandues dans les divers tissus, dans les différentes humeurs de l’économie. 
Il semble cependant que la répartition ne se réalise [pas toujours d’une façon abso¬ 
lument uniforme; le foie, la rate, par exemple, paraissent, dans certains cas au moins, 
en contenir plus que les muscles, le sang, en particulier le sérum, plus que la salive, 
plus que l’urine. 
Tous les éléments anatomiques concourent-ils à la formation de ces antitoxines ou 
cette formation est-elle l’œuvre exclusive de quelques-uns d’entre eux? Dans le cas où 
ces principes dériveraient du fonctionnement de l’ensemble des tissus, certains de ces 
tissus n ont-ils pas dans cette création une part prépondérante? L’urée, le glycogène 
naissent un peu partout, mais plus spécialement dans le foie. Pour ces principes, les 
choses se passent-elles de cette façon? Un organe joue-t-il, dans leur genèse, un 
rôle plus important que celui des différents autres viscères? II est impossible, à 
l’heure présente, de formuler des réponses absolues à toutes ces questions pourtant capi¬ 
tales. 
Denys, Van der Velde, Havet (Congrès de Budapest, sept. 1894) estiment que les 
matières bactéricides, qui ont avec ces antitoxines tant d’affinités proviennent des 
leucocytes ; elles augmentent dans un exsudât en suivant la même progression que ces 
leucocytes ; peut-être ces leucocytes sécrètent-ils ces antitoxines, comme ils sécrètent 
les alexines, les substances nuisibles aux bactéries vivantes. 
Des raisons analogues tendent à faire admettre que les cellules éosinophiles pourraient 
bien intervenir dans les opérations génératrices de ces produits; Hankin, Kanthack, 
Hardy attribuent à ces cellules éosinophiles les propriétés accordées par d’autres aux 
globules blancs, aux globules lymphatiques.
        

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