Bauhaus-Universität Weimar

ANTITOXINES. 
611 
sérum de cet animal rendu résistant, on constate que ces produits ont perdu en partie 
ou même en totalité leurs attributs nocifs : ce sérum est devenu antitoxique. 
Il existe donc un rapport étroit entre l’apparition de l’élément ou des éléments qui 
confèrent aux liquides ou tissus de l’organisme la puissance de neutraliser les effets 
des substances bactériennes et la réalisation de l’état réfractaire.— Étudier la genèse de 
cet état réfractaire, comme les faits l’établissent pleinement, c’est rechercher le pour¬ 
quoi et le comment de la naissance des antitoxines. 
Les doctrines relatives à ces questions, du moins celles qui, revêtues de quelque préci¬ 
sion, ont commencé à s’appuyer sur des données positives, ne sont pas de date ancienne. 
Théories de l’immunité. — Théorie de la soustraction. — Le 9 février 1880, 
dans une communication à l’Académie des sciences, Pasteur, parlant de l’immunité qui 
succède à la lésion provoquée par l’inoculation de la culture atténuée du choléra des 
poules, s’exprimait en ces termes : « Le muscle qui a été très malade est devenu, même 
après guérison et réparation, en quelque sorte impuissant à cultiver le microbe, comme 
si ce dernier, par une culture antérieure, avait supprimé dans le muscle quelque prin¬ 
cipe que la vie n’y ramène pas et dont l’absence empêche le développement du petit 
organisme. Nul doute que cette explication, à laquelle les faits les plus palpables nous 
conduisent en ce moment, ne devienne générale, applicable à toutes les- maladies viru¬ 
lentes. » 
Le 26 avril 1880, Pasteur formule une autre hypothèse, celle qui invoque la matière 
empêchante, mais pour la combattre : « A la rigueur on peut se rendre compte des faits 
de non-récidive en admettant que la vie du microbe, au lieu d’enlever ou de détruire 
certaines matières dans le corps des animaux, en ajoute au contraire, qui seraient pour 
ce microbe un obstacle à un développement ultérieur. 
« Dans les cultures de notre microbe, il pourrait y avoir formation de produits dont 
la présence expliquerait, à la rigueur, la non-récidive et la vaccination. Nos cultures 
artificielles du parasite vont encore nous permettre de contrôler cette hypothèse. » 
Il indique alors l’expérience suivante. 11 évapore à siccité une culture de choléra 
des poules devenue stérile, dilue l’extrait avec du bouillon neuf jusqu’à concurrence du 
volume primitif, puis ensemence avec succès; il en conclut qu’il n’y avait pas de matière 
empêchante. — Il ajoute : « On ne peut donc croire que pendant la vie du parasite 
apparaissent des substances capables de s’opposer à son développement ultérieur. Cette 
observation corrobore l’opinion à laquelle nous avons été conduit tout à l’heure. » 
(Pasteur. Sur les maladies virulentes et en particulier sur la maladie appelée vulgairement 
choléra des poules. C. R., 1880, t. xc, pp. 239, 952, 1030).^ 
Ainsi l’expérimentation semblait démontrer que, si une première invasion bactérienne 
rend impossible une nouvelle tentative, c’est parce que les agents pathogènes, au mo¬ 
ment de cette première invasion, ont, en quelque sorte, épuisé le terrain, et fait dis¬ 
paraître des éléments indispensables à leur évolution. 
Toutefois, il est permis de remarquer que l’économie, à certains égards, est bien 
différente d’un ballon, d’un tube de culture, d’un vase clos. Lorsqu’une substance a été 
supprimée, la vie des cellules, l’alimentation, la respiration, des apports variés, etc., 
peuvent la remplacer. 
D’autre part, les recherches de divers auteurs, plus spécialement celles de Bou¬ 
chard (Leçons sur la Thérap. des Mal. inf., pp. 111 à 115. Paris, 1889), ont prouvé que, 
même in vitro, dans quelques cas au moins, l’évolution des germes prenait fin, soit 
parce que ces germes avaient consommé les principes nutritifs, soit aussi parce qu’ils 
avaient introduit, dans le milieu, des matières nuisibles pour eux-mêmes. 
Du reste, ceux qui pensaient que l’immunité relevait de l’introduction de corps 
nouveaux ne se tinrent pas pour battus. 
Théorie de l’addition. — Chauveau crut démontrer la réalité de cette doctrine, 
dite doctrine de l’addition. — Il fit remarquer que les agneaux nés de brebis charbon¬ 
neuses offraient, vis-à-vis de cette maladie, une certaine résistance. Considérant le pla¬ 
centa comme un filtre infranchissable pour les éléments figurés, pour les agents patho¬ 
gènes vivants, pour la bactéridie, il pensa que cette vaccination était la conséquence du 
passage des produits solubles, créés par cette bactéridie, de la mère au fœtus [Renforce¬ 
ment de l’immunité des moutons algériens à l’égard du sang de rate par des inoculations
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.