Bauhaus-Universität Weimar

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ANTISEPTIQUES. 
cherche à se rendre compte du rôle de l’intervention antiseptique dans les maladies, 
c’est que le médicament antiseptique répond à une indication toute spéciale et très 
différente de celle des autres médicaments. Ceux-ci doivent agir sur 1 organisme lui- 
même, soit en modifiant ses fonctions dans un sens favorable à la guérison (médicaments 
eusthéniques), soit en calmant simplement la souffrance (hypnotiques), et ne peuvent agir 
utilement que sur les cellules saines de nos organes. 
Tout autre est le rôle du médicament antiseptique. Évitant, autant que possible, 
d’agir sur les cellules saines, son action est au contraire dirigée contre les agents de 
maladie venus du dehors, ou contre ces cellules mortes, véritables déchets de l’organisme 
qui offrent une proie facile aux microbes. En outre, la médication antiseptique s’adresse 
directement à la cause même de l’affection, et c’est par là seulement qu’elle peut être 
considérée comme ayant le pas sur les autres médications. Mais, si elle ne prévient pas 
toujours cette cause (ce qui est le but de l’antisepsie prophylactique),.elle l’empêche tout 
au moins de prolonger et d’accroître ses effets. 
Procédés employés pour fixer la valeur des divers antiseptiques. Les 
antiseptiques actuellement en usage sont, ou des médicaments anciennement connus et 
employés empiriquement comme spécifiques ou désinfectants, ou des produits nouveaux 
introduits dans la matière médicale par les progrès de la chimie moderne. D ordinaire 
la composition de ces produits permet de les considérer, a priori, comme doués de pro¬ 
priétés antiseptiques. Dans tous les cas, il convient de se rendre compte, d’une façon 
précise, de la double action de ces substances sur les microbes pathogènes et sur l’or¬ 
ganisme de l’homme. Il importe, en effet, de donner l’antiseptique à la plus faible dose 
que comporte son action utile, en vertu du principe thérapeutique: a primo non nocere », 
la plupart des antiseptiques étant des poisons à haute dose. 
On expérimente donc ces produits chimiques dans les laboratoires, et les expériences 
sont de trois ordres. 
1° Pour connaître l’action du produit examiné sur un microbe pathogène donné, on 
prend une culture in vitro de ce microbe, ensemencée dans un milieu nutritif analogue 
à celui des liquides que le microbe trouve dans l’organisme, et, lorsque cette culture 
est en plein développement, on y ajouté une solution plus ou moins concentrée de l’anti¬ 
septique en expérience. Au moyen de tâtonnements successifs on arrive à déterminer 
d’une façon précise quelle est la quantité minimum de l’antiseptique qui arrête complè¬ 
tement le développement du microbe. Dans une autre série d’expériences l’antiseptique 
est ajouté préalablement au milieu nutritif que l’on ensemence ensuite à l’aide du même 
microbe: on détermine ainsi quelle est la quantité minimum de l’antiseptique qui 
neutralise le milieu nutritif, c’est-à-dire qui empêche tout développement du microbe 
dans ce milieu : c’est Y équivalent antiseptique. 
2° Pour connaître l’action toxique du même produit sur des animaux d’une organi¬ 
sation plus ou moins semblable à celle de l’homme (chiens, lapins, cobayes, etc.), on 
administre à ces animaux par l’estomac, en injection sous-cutanée, mais de préférence 
en injection intra-veineuse, des doses progressivement croissantes, afin de fixer la dose 
maxima qui peut être administrée sans danger, à ces animaux d’abord, puis à l’homme 
lui-même: cette dose est ce qu’on appelle Y équivalent toxique. 
3° Dans une troisième série d’expériences, on cherche à apprécier le rôle thérapeutique 
de l’antiseptique examiné. Pour cela, on inocule à un animal le microbe qu’il s’agit de 
combattre, et, lorsque ce microbe a produit la maladie dont il est l’agent pathogène, on 
administre à l’animal l’antiseptique dont on veut apprécier la valeur, à la dose que les 
expériences précédentes ont indiquée. 
Un second animal, inoculé de la même manière, ne reçoit pas d’antiseptique, et sert 
de témoin. On arrive ainsi à fixer Yéquivalent thérapeutique du produit en question. 
On peut encore suivre la marche inverse, c’est-à-dire donner l’antiseptique avant d’ino¬ 
culer la maladie, ce qui permet d’apprécier Yéquivalent prophylactique du produit expé¬ 
rimenté. 
Si les expériences ainsi faites donnent un résultat favorable, on en fait l’application 
à la thérapeutique humaine. Comme nous l’avons déjà dit(vov. Antisepsie), les injections 
intra-veineuses jusqu’ici ne sont pas praticables, ou à peine praticables, sur l’homme. 
Équivalent antiseptique. — Dans les recherches relatives aux antiseptiques on
        

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