Bauhaus-Universität Weimar

ANILI NE. 
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une extension de plus en plus considérable. Les ouvriers employés à cette industrie 
peuvent être exposés à de graves accidents, qu’il est du devoir du médecin de connaître. 
A ce titre déjà, cette substance mérite d’être l’objet d’une étude particulière. A un point 
de vue plus général, les troubles variés qu’elle détermine sur le sang, sur la tem¬ 
pérature du corps, sur le système nerveux, prêtent à des considérations théoriques in¬ 
téressantes pour la physiologie pathologique. 
L’aniline a été signalée pour la première fois en 1826 par le chimiste suédois Unver¬ 
dorben, parmi les produits de la distillation sèche de l’indigo. Son nom, qui lui a été 
donné par Fritsche, vient d’anil, nom portugais de l’indigo. Zinin a indiqué un remar¬ 
quable procédé de production de ce corps, qui consiste à traiter la nitro-benzine par les 
agents réducteurs. Hofmann lui a donné le nom de phénylamine. On peut, en effet, la 
ranger dans la classe des amines aromatiques. 
/H 
Az —H 
\C<5H5 
Le radical positif monovalent substitué à un atome d’H d’AzH3 est emprunté au phé¬ 
nol C6HsOH, de sorte que, traitée par l’acide azoteux, l’aniline produit le phénol : 
C6H5AzH2 + Az02H = C6HS0H + Az* + H20. 
Cependant les corps qu’on a appelés amines aromatiques se distinguent par un certain 
nombre de caractères importants des amines grasses. Leurs propriétés basiques sont 
bien plus faibles que celles de ces dernières, de sorte que leurs sels sont instables, et se 
dissocient avec la plus grande facilité. Aussi Griess a-t-il proposé pour l’aniline le nom 
d’amido-benzol. 
L’aniline se prépare industriellement en soumettant la nitrobenzine à l’action ré¬ 
ductrice d’un mélange d’acide acétique et de limaille de fer (procédé de Béchamp) : à 
l’acide acétique trop coûteux, on substitue souvent maintenant l’acide chlorlydrique. 
Elle se présente sous la forme d’une huile incolore, d’odeur particulière, très réfrin¬ 
gente, d’une densité de 1,036 à 0° et de 1,024 à 17°. Elle bout à 183°7, se prend à basse 
température en masse cristalline; impure, elle reste encore liquide à — 20°. Elle est 
soluble à 12° dans 31 parties d’eau; elle est fort soluble dans l’alcool, l’éther, les car¬ 
bures d’hydrogène. Elle dissout le souffre, le phosphore, l’indigo, les résines, le cam¬ 
phre. Sa réaction est très faiblement alcaline : elle ne bleuit pas le papier de tournesol, 
ne brunit pas la teinture de curcuma, mais fait passer au vert la teinture de dahlia. Avec 
le chlorure de chaux et les hypochlorites, elle se colore en violet pourpre ;cette réac¬ 
tion est très sensible. Si l’on agite la solution pourpre avec de l’éther, celui-ci s’empare 
d’une belle matière colorante rouge, tandis que la liqueur reste bleue. Lorsqu’à une 
solution aqueuse d’aniline, on ajoute une trace de chlorure de chaux, jusqu’à ce que la 
teinte violette commence à être à peine visible, puis quelques gouttes de sulfhydrate 
d’ammoniaque, la liqueur prend une teinte rose, sensible même avec 1250000 d’aniline 
(Gautier). Avec le bichromate de potassium et l’acide sulfurique, l’aniline donne une 
coloration bleue. Elle coagule l’albumine. 
L’aniline dite pour rouge est un mélange d’aniline et des deux toluidines, ortho et 
para, avec très peu de xylidine. Elle renferme 10 à 20 p. 100 d’aniline, 25 p. 100 de para- 
toluidine, 30 à 40 p. 100 d’orthotoluidine. 
Les sels d’aniline sont presque tous cristallisables et solubles dans l’eau et l’alcool; 
ils sont incolores à l’état de pureté, mais ils rougissent un peu à l’air. Us donnent avec 
une solution aqueuse d’acide chromique une coloration verte, bleue ou noire suivant la 
concentration de la solution; avec le chlorure de chaux ils se colorent en bleu, comme 
l’aniline, mais la réaction n’est pas durable; additionnés d’acide chlorhydrique, ils co¬ 
lorent en jaune intense les copeaux de bois de sapin et la moelle de sureau. Nous ne citons 
ici que les réactions les plus usuelles. 
Les sels les plus usités sont le chlorhydrate (C6H7Az, HG1), le sulfate (C6H7Az, S04H2) 
neutre, le nitrate, l’oxalate neutre. 
Physiologie pathologique. — 1° Historique. — Les premières recherches relatives à 
l’influence de l’aniline sur l’économie animale ont été faites par Woehler et Frerichs, 
qui, d’après des expériences pratiquées sur des chiens, ont trouvé que cette substance n’est
        

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