Bauhaus-Universität Weimar

ANÉMIE. 
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électrique appliquée au nerf sciatique, et que ces conditions sont probablement diffé¬ 
rentes de celles où l’excitant physiologique (volonté) intervient. Vulpian avait déjà noté 
cette différence entre les excitations électriques et les excitations volontaires dans 
1 intoxication par le curare. Or, comme je l’ai vu en étudiant les effets de l’anémie 
par application de la bande de caoutchouc, au bout de 7 à 8 minutes déjà les mouve¬ 
ments volontaires sont modifiés, et on ne peut faire intervenir une action médullaire, 
puisque la moelle est hors de cause. On doit donc admettre que la fonction des plaques 
terminales n est abolie totalement qu’au bout de trois quarts d’heure; mais qu’au bout 
de 10 minutes elle est déjà fortement atteinte. 
Quant aux nerfs eux-mêmes, et aux muscles, leur excitabilité ne disparaît qu’au 
bout de plusieurs heures d’anémie. 
Pour de plus amples détails sur la mort des centres nerveux dans l’anémie, nous 
renverrons au mémoire de Colson et à l’article Moelle de Vulpian (D. D.). 
Assurément la température même de l’organisme exerce une influence prépondérante ; 
car, si l’on refroidit un animal à sang chaud, la survie de la moelle est plus prolongée! 
On retrouve pour la moelle anémiée ce que j’ai vu pour le cœur asphyxié, c’est-à-dire 
que la température, en s’abaissant, fait croître avec une régularité parfaite la durée 
de la persistance des mouvements du cœur (La mort du cœur dans l’asphuxie A P 
1894, p. 653). y ’ ’’ 
Chez les animaux à sang froid, la durée de la survie médullaire est bien plus grande. 
Ringer et Murrell (Action of potash salts, J. P., t. i, p. 72); Anrep (.Aortenunterbindung 
beim Frosch, C. W., 1879, p. 915); Ch. Richet (Durée desphénomènes réflexes dans l'anémie 
Trav. duLab., 1893, t. i, p. 139) ; Oertmann (Stoffwechsel entbluteter Frosche, A. Pf., t. x\[ 
p. 381). 
Deux conditions la déterminent : la température organique d’une part, et, d’autre 
part, les propriétés particulières du système nerveux de tel ou tel animal. 
Il est inutile d’insister, sur l’influence thermique; car elle est évidente. Une grenouille 
qu’on laisse dans de l’eau glacée conserve pendant plusieurs heures l’activité réflexe, 
après que le cœur a été lié ou enlevé; inversement, si on fait vivre l’animal dans de 
l’eau à 25°, les réflexes disparaîtront 20 minutes à peine après qu’on aura fait la section 
ou l’ablation du cœur. 
Mais la question de la température ne suffit pas pour expliquer la persistance plus 
ou moins grande des réflexes. Il y a encore un autre élément, tout aussi important, 
c’est l’espèce animale. 
Si l’on enlève le cœur à divers poissons, d’espèce différente, et qu’on étudie la survie 
des réflexes à l’ablation du cœur, on sera frappé des différences considérables entre la 
survie des fonctions de la moelle pour les différentes espèces. Ainsi, par exemple, cer¬ 
tains poissons, comme les sardines, les maquereaux, les bogues, ne résisteront à l’ané¬ 
mie que quelques minutes à peine, tandis que d’autres, comme les squales, les anguilles, 
les tanches, pourront résister plusieurs heures, et, à de basses températures, presque' 
une journée entière. Il est remarquable de voir que l’asphyxie et l’anémie se confondent 
à ce point de vue, et que les animaux qui gardent le plus longtemps leurs réflexes par 
l’anémie sont précisément les mêmes qui les gardent le plus longtemps par le fait de 
l’asphyxie, ce qui prouve bien que les deux processus sont essentiellement identiques 
quant à leur nature intime; résistance variable du tissu aux altérations chimiques dues 
aux combustions intra-organiques, et simultanément, sans doute, combustions intra-orga¬ 
niques d’activité différente (Voir Asphyxie). 
Il y a donc chez les divers animaux une hiérarchie physiologique, bien distincte de 
la hiérarchie zoologique; et à la hiérarchie des tissus il faut juxtaposer la hiérarchie des 
espèces, puisque le même tissu à la même température chez des animaux différents ne 
se comporte pas de même. 
Anémie des autres cellules nerveuses. — On a vu dans les expériences citées 
plus haut que, parmi les groupes cellulaires de la moelle, le bulbe fait exception. En 
effet, alors que, sur un animal dont le cœur a été arrêté, il y a silence complet de 
toutes les fonctions médullaires, au bout d’une minute environ de ce silence, on voit 
soudain une grande respiration se produire, qui est due à une forte contraction du dia¬ 
phragme et de tous les muscles inspiratoires (dernier soupir). Donc alors le centre ner-
        

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