Bauhaus-Universität Weimar

465 
AMYLE (Nitrite cT). 
muscles. Leech (Lancet, t. i, 1893) admet qu’il suffit d’une solution au millième de 
nitrite d’amyle pour supprimer l’activité des muscles striés, et que les muscles à fibres 
lisses sont encore plus sensibles. 
Les expériences invoquées par L. Brunton et H. Wood sont sujettes à de graves criti¬ 
ques. Ces auteurs admettent en effet que les nerfs vaso-moteurs ont pour origine unique 
les centres de la moelle allongée. Or Vulpian, Goltz, et bien d’autres, ont montré 
1 action vaso-motrice de diverses parties de la moelle épinière. Gley, allant plus loin, 
a confirmé l’idée presque hypothétique encore de Vulpian sur les centres ganglionnaires 
extra-médullaires. 
D autre part, on ne saurait admettre la paralysie du système vaso-constricteur péri¬ 
phérique. Si, en effet, comme l’ont fait François-Franck, Sleketée, on excite, après inha¬ 
lation de nitrite d’amyle, soit le bout périphérique du sympathiqne, soit le bout central 
d un nerf sensitif quelconque, on observe la constriction ordinaire des vaisseaux et l’aug¬ 
mentation de tension du réseau périphérique. Les appareils terminaux ne sont donc 
pas paralysés. 
Il n existe donc ni paralysie des muscles, ni paralysie du système vaso-constricteur 
périphérique. Deux hypothèses restent encore : une action réflexe suspensive exercée 
sur les centres vaso-moteurs de la moelle épinière, ou une vaso-dilatation active dépen¬ 
dante ou non des centres médullaires. 
Sleketée soutient la première de ces hypothèses, mais en admettant toutefois une 
action directe sur les fibres nerveuses de la paroi vasculaire ; car il a vu qu’après avoir 
sectionné un des sympathiques, la vaso-dilatation s’accentue encore dans le côté sec¬ 
tionné sous l’influence des inhalations de nitrite d’amyle. 
Cette action directe sur les parois vasculaires est admise par Berger (D. Zeitsch. f. 
prakt. Med., 1874, p. 395), Schramm, S. Mayer et Fridrich (A. P. P., 1875, pp. 55-85), 
Huizinga (A. Pf., t. xi), Francois-Franck et Dugau. L’expérience citée par Dugau est des 
plus élégantes. Si l’on met à nu les deux glandes sous-maxillaires et qu’on coupe la 
corde du tympan d’un côté, l’action vaso-dilatatrice du nitrite d’amyle ne pourra se 
manifester que du côté où la corde du tympan est intacte, si cette substance agit exclu¬ 
sivement sur les centres nerveux. Elle devrait s’accuser au contraire dans les deux 
glandes, si l’influence périphérique suffisait. Or c’est ce dernier cas qui se produit. 
Les deux glandes présentent tous les caractères de la dilatation vasculaire active, sauf 
la rutilance du sang veineux, par suite des altérations colorimétriqués du sang, carac¬ 
téristiques de l’intoxication par le nitrite d’arnyle. 
Dugau ne veut cependant pas exclure complèlement l’action sur les centres médul¬ 
laires. Cette réserve est prudente; car Marinesco (Archives de Pharmacodynamie, t. i, 1894) 
a montré que si, après section du sympathique et du grand auriculaire, on observe 
encore, après inhalation de nitrite d’amyle, delà vaso-dilatation, celle-ci ne se produit pas 
identiquement dans l’oreille énervée et dans l’oreille intacte, qu’il existe des différences 
et de quantité et de synchronisme. La section du sympathique est insuffisante pour 
énerver l’oreille au point de vue vaso-moteur, et il est indispensable de faire, en même 
temps que la section de ce nerf, celle du nerf auriculaire (M. Schiff, A. Moreau). 
On le voit, la question aujourd’hui encore n’est pas absolument résolue. Toutefois 
il paraît bien établi qu’il s’agit d’une action vaso-dilatatrice active et non paralytique; 
l’influence des centres vaso-moteurs de la moelle et surtout de la protubérance, bien que 
non exclusive, paraît dominer les phénomènes. 
Action sur la respiration. —Le nitrite d’amyle est donné presque toujours en inhala¬ 
tion. Tous les auteurs ont observé des modifications respiratoires, mais ces modifications 
varient suivant la dose. Au début des inhalations, il y a toujours accélération (Richard¬ 
son, Wood, Filehne. Einfluss auf Gefässtonus und Herzschlag; A. Pf., 1874, t. ix, pp. 470- 
49f) et augmentation dans l’amplitude des respirations; en un mot, la ventilation pul¬ 
monaire est exagérée; mais, quand les inhalations sont poursuivies quelque temps, la 
respiration devient irrégulière, dyspnéique, se ralentit et reste superficielle. Wood 
attribue même la mort à l’arrêt de la respiration par suite de la paralysie des centres 
respiratoires (Therapeutics, 1894, p. 325). 
Amez-Droz signale chez l’homme de violents accès de toux qu’il attribue à une excita¬ 
tion de la muqueuse laryngée par la vapeur irritante du gaz. Crichton Browne (Practi- 
30 
DICT. DE PHYSIOLOGIE. — TOME I.
        

Nutzerhinweis

Sehr geehrte Benutzer,

aufgrund der aktuellen Entwicklungen in der Webtechnologie, die im Goobi viewer verwendet wird, unterstützt die Software den von Ihnen verwendeten Browser nicht mehr.

Bitte benutzen Sie einen der folgenden Browser, um diese Seite korrekt darstellen zu können.

Vielen Dank für Ihr Verständnis.