Bauhaus-Universität Weimar

ABSORPTION. 
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de s’avouer vaincu devant l’attrait de deux poisons (l’absinthe et le tabac) également 
funestes, d’obéir servilement à une habitude qui est à la fois un attentat à la santé 
individuelle, à la santé publique, à l’ordre social, à l’intelligence, à la morale, à la 
virilité d’une nation ! » En présence de ce fléau, a-t-on pris quelques mesures énergiques? 
Loin de là. Les débits vont sans cesse en augmentant. Ils étaient, au 1er janvier 1886, au 
nombre de 422 303 en France, soit 1 par 90 habitants. L’ouvrier qui, sa journée finie, 
rentre dans sa famille, est invité à chaque pas à se laisser aller à son penchant. Il ne ren¬ 
contre sur sa route que débits ou bars. Quoi d’étonnant alors qu’il succombe à la tenta¬ 
tion! 
Les malades qui peuplent les asiles d’aliénés vont toujours en augmentant. On ne 
doit pas en être surpris, lorsque, connaissant les résultats de l’intoxication absinthique 
avec ses effets directs ou héréditaires, on jette les yeux sur la consommation démesu¬ 
rément croissante de cette liqueur. Un fait acquis, c’est que le nombre des aliénés para¬ 
lytiques suit fidèlement le mouvement de consommation de l’absinthe. 
Voici quelques chiffres d’une éloquence terrible, tirés du relevé du service des con¬ 
tributions indirectes. 
En 1884, les droits ont été appliqués à 1489000 hectolitres d’alcool, dont 30000 hec¬ 
tolitres d’absinthes et similaires. 
En 1892, c’est-à-dire huit ans après, les droits ont été appliqués à 1 735369 hectolitres 
d’alcool, dont 129670 hectolitres d’absinthes et similaires. 
C’est-à-dire que dans la période des huit années écoulées entre 1884 et 1890, la con¬ 
sommation de l’absinthe a augmenté de plus du double, et que, pour une augmentation 
d’alcool de 160000 hectolitres, on trouve une augmentation de 80000 hectolitres d’ab¬ 
sinthe. Quel est le résultat moral que l’on peut tirer de ces chiffres? C’est que, si les 
législateurs ne prennent une mesure radicale pour mettre un terme à cette cause de 
déchéance humaine, d’affaiblissement moral, physique et numérique de la nation, la 
seule préoccupation qu’ils puissent raisonnablement avoir, c’est de bâtir de vastes éta¬ 
blissements de dégénérés et d’aliénés. 
Bibliographie. — Legrand du Saulle. Les buveurs d’absinthe (Gazette des hôpi¬ 
taux, 1860). — Voisin. Absinthisme chronique (B. B. 1862). — Marcé. Accidents déterminés 
par l’abus de la liqueur d’absinthe (Union médicale, 1864). — Challand. Étude expérimen¬ 
tale et clinique sur l’absinthisme et l’alcoolisme. Paris, 1871. — Jolly. L’absinthe et le tabac 
(.Académie de médecine, 1871). — Dastre. L’alcoolisme et l’absinthisme (Revue des Beux 
Mondes, 1874). — Gourmet. Alcool et absinthisme. Thèse de Montpellier, n° 91, 1875. — Lan- 
cereaux. De l’absinthisme aigu (Académie de médecine, 2mo série, t. ix, 1881). — 
Lancereaux. Absinthisme chronique et absinthisme héréditaire (Académie de médecine, 
2me série, t. ix, 1881). — Gautier. Étude clinique sur l’absinthisme chronique (D. P., 1882). 
— Al. de Foville. La France économique, 1887. — Atlas de statistique financière 
Ministère des finances, 1889. — Magnan. Des principaux signes cliniques de l’absintl s me 
(Revue d’hygiène, 1890). — Legrain. Étude sur les poisons de l’intelligence (Annales mêi co¬ 
psychologiques, t. xiv, 1891). — Lancereaux. Alcoolisme et absinthisme héréditaires [Bulle Jn 
médical, 1891. Revue scientifique (2), 1892). — Villard. Leçons sur l’alcoolisme, 189$. 
— Magnan. Recherches sur les Centres nerveux (alcoolisme, folie des héréditaires dégénérés, 
paralysie générale; médecine légale), 2mc série. Paris, 1893. 
CH. LIV0N. 
ABSORPTION. — On entend par absorption la pénétration des substances 
solubles jusque dans le milieu intérieur, sang ou lymphe, des vaisseaux ou des tissus, 
sans qu’il y ait effraction des revêtements organiques. 
Peau. — Personne ne met en doute le fait que des gaz peuvent passer au travers de 
la peau, qui joue ainsi un certain rôle dans la respiration. Elle absorbe notamment 
une certaine quantité d’oxygène. Mais, où l’accord cesse d’exister, c’est lorsque l’on 
étudie l’influence de la peau au point de vue de l’absorption des liquides ou des sub¬ 
stances dissoutes. De nombreuses expériences ont été faites pour résoudre cette question, 
et les résultats obtenus ont très souvent été contradictoires; Cette contradiction s’ob¬ 
serve d’ailleurs pour beaucoup de points relatifs à l’absorption en général; ce qui 
est une preuve que les facteurs qui interviennent ne sont pas uniquement du domaine
        

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