Bauhaus-Universität Weimar

AMUSIE. 
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Il y a, par conséquent, échanges, durant la gestation, entre le liquide amniotique 
et les vaisseaux maternels. 
ÉD. RETTERER. 
AMUSIE. — Le terme général Amusie a été récemment introduit dans la no¬ 
menclature médicale pour servir à désigner certains troubles de la faculté musicale, qui 
paraissent correspondre à ceux de la faculté du langage, connus sous le nom d'aphasie, 
auxquels ils sont du reste associés le plus souvent. Au surplus, la musique semble recon¬ 
naître la même origine que la parole, car leur fond est évidemment tiré, pour l’une et 
pour l’autre, du langage émotionnel primitif. De même que, selon la doctrine de Charcot, 
le mot est un complexus à la formation duquel concourent quatre éléments : la mémoire 
auditive, la visuelle, la motrice d’articulation et la motrice graphique ; de même aussi la 
note de musique est-elle parallèlement un composé d’éléments analogues!à ceux du 
mot articulé. Il est aisé en effet de concevoir, que la note peut être entendue, lue, chantée 
et écrite mentalement, mais il existe ici de plus des représentations mémoratives du jeu 
des instruments. Si l’on poursuit ce parallèle au point de vue du mode de formation de 
ces diverses fonctions, on voit que, dans les deux cas, ce sont également les images audi¬ 
tives qui se sont formées en premier lieu : c’est sous leur influence que se sont différen¬ 
ciées ensuite, en ce qui concerne la musique, les images motrices articulatoires du chant. 
Ces deux variétés pourront du reste exister seules sur les sujets non éduqués. La lecture 
et l’écriture de la musique, le jeu des instruments s’acquerront, par des études par¬ 
ticulières, plus ou moins longtemps poursuivies, et ainsi serait déterminée à la longue 
l’existence de centres fonctionnels correspondants, dont les manifestations intérieures 
seront d’autant plus importantes, que l’éducation qui aura présidé à leur acquisition 
aura été plus complète. 
A cet égard, si, tout au début, et comme pour le langage verbal, il existe une dépen¬ 
dance incontestable entre les centres sensoriels et les centres moteurs, si même le jeu des 
instruments apparaît comme un dernier perfectionnement, il n’en est pas moins vrai, 
ainsi qu’on le verra, que chacun de ces centres ne tarde pas à acquérir une autonomie 
relative. La connaissance du symbole graphique ne précède pas non plus, en tous les 
cas, celle des mouvements nécessaires au jeu des instruments. Il est en effet, comme on 
sait,des musiciens qui sont aptes à jouer,plus ou moins brillamment,divers instruments, 
le violon, par exemple, sans avoir aucune connaissance des notes de musique; à mon 
avis on peut les comparer à ces calculateurs prodiges, qui néanmoins ne savent ni 
lire, ni écrire les chiffres. 
Quoi qu’il en soit, les images auditives jouent un rôle prédominant dans l’organisa¬ 
tion des centres de la musique : elles sont même à ce point spécifiques qu’il n’est guère de 
musiciens qui se servent de leurs autres souvenirs, sinon à titre complémentaire. Pour 
ce qui est du langage verbal, les images auditives ont également la prépondérance; 
aussi certains auteurs ont-ils pu se demander si les images des sons musicaux ne 
s’acquerraient pas avant celles des mots, faisant observer, à l’appui de leur conception, 
que bon nombre d’enfants chantent avant de savoir parler. Toutefois, à l’encontre de 
cette opinion on peut faire valoir que chez quelques-uns d’entre eux les centres auditifs 
relatifs à la musique ne fonctionnent que très tardivement, pour ne pas dire jamais. 
Cette question de l’époque d’acquisition des images auditives musicales et verbales 
aurait une certaine importance ; car, en se fondant sur la loi de régression d’après laquelle, 
dans l’amnésie, la désagrégation des souvenirs se fait successivement, des impressions 
les plus récemment acquises aux plus anciennes, et en admettant l’invariabilité de cette 
succession dans la formation des images, on en conclurait, les musicales étant plus 
anciennes que les verbales, que la surdité verbale précède, en tous cas, la surdité 
musicale, et que celle-ci dès lors ne serait plus susceptible d’exister isolément. Or 
certains faits pathologiques ont établi, contradictoirement, la réalité de la perte isolée 
de l’audition musicale, sans surdité verbale. 
Il nous paraît intéressant de remarquer, plus précisément en ce qui concerne la mu¬ 
sique, que .les images auditives ne sont jamais purement sensorielles, en ce sens qu’à leurs 
éléments composants, auditifs essentiels, s’agrègent toujours, et pour une part importante, 
parfois même prépondérante, des éléments de sensibilité musculaire, provenant du jeu,
        

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